Skip to content

BLOCAGE ET ARRIERES DE SALAIRE, UNE NEGATION DU TRAVAIL ET UN MEPRIS POUR LES TRAVAILLEURS

janvier 21, 2016

Le blocage des salaires est aussi vieux que les crises militaro-politiques. Les travailleurs Centrafricains en ont vu de toutes les couleurs, depuis le régime RDC à celui du MLPC. En plus des salaires bloqués, les arriérés de salaires s’additionnaient. A la fin du régime de feu président Patassé, les fonctionnaires et agents de l’Etat totalisaient plus de quarante (40) mois d’arriérés de salaires. Et pourtant, le président Patassé a bien été majoritairement élu en 2011, au point qu’il venait en seconde position. Aujourd’hui, ce sont ses anciens premiers ministres qui reviennent au galop, parce que le Centrafricain oublie très vite son calvaire, sa misère, son humiliation. Epouses et enfants n’avaient plus d’égard pour le père de famille qui a du mal à se différencier d’un clochard. Il fallait se plier à quatre (4), supplier un taximan pour atteindre la ville et le lieu de travail. Pk 12, Pk 9, Boeing, Combattant, Boy-Rabé, certains fonctionnaires et agents de l’Etat venaient et repartaient à pied. Le travail est devenu une malédiction, une corvée, une punition. Les travailleurs n’étaient que l’ombre d’eux-mêmes, dans un pays où coulent le lait et le miel. Beaucoup de travailleurs sont allés à la retraite dans des circonstances horribles, inhumaines, dévalorisantes. Des esclaves avaient tout de même une ration alimentaires journalière. La survie des travailleurs centrafricains était liée à l’économie de cueillette encore prédominante en RCA : les mangues, les goyaves, les chenilles, les champignons, le koko, les ngbin (herbes sauvages mais comestibles).

Un (1) an de grève générale, les travailleurs centrafricains ont battu tous les records sous le régime du RDC avec le feu président André Kolingba, paix à son âme. Le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) est tombé en laissant des arriérés de salaires. Les deux Premiers ministres de feu président Patassé ont été les plus grands industriels producteurs d’arriérés de salaires. Les travailleurs centrafricains n’ayant aucune valeur humaine, les cinquante cinq mille (55.000) tonnes de pétrole, octroyées par le grand Guide Libyen pour permettre à son ami et frère feu président Patassé, d’éponger les arriérés de salaires servaient aussi de dénominateur aux mutineries à répétition. Cinquante mille (50.000) tonnes de ce pétrole n’ont jamais foulé le sol centrafricain. Et personne n’a toussé un seul mot à ce jour, alors que les acteurs de cette époque-là, sont encore vivants. Ils n’ont jamais été inquiétés. L’Affaire du pétrole libyen a refait surface avec les nouvelles autorités de Tripoli. Le travailleur centrafricain est bizarre car il aime souffrir. Les bourreaux sont revenus comme de rien n’était pour se décerner un certificat de virginité, pour nous étaler les jeux de l’esprit, alors qu’ils restent un loup sous la peau d’un agneau.

A moins que le peuple centrafricain ait signé un pacte avec le diable pour vénérer la misère. Le silence des rescapés de l’endurance est ahurissant. Jusqu’à quand le peuple centrafricain doit servir de monture aux irresponsables, aux inconscients, aux cadres véreux, de manger sur son dos, de s’enrichir par sa sueur et son sang ? En quoi sommes-nous différents du peuple burkinabé, sénégalais, congolais ? Et pourtant la RCA est vachement riche, disposant de toutes les potentialités pour son développement. Comment la jeunesse centrafricaine doit vieillir sous le toit paternel, pris en charge par leurs parents, même leurs  épouses et leurs enfants ? Comment le travailleur centrafricain ne peut pas se construire un toit avec son salaire après 55 ans d’indépendance, comme au Congo-Brazzaville, au Gabon, au Cameroun ? Circonstance plus criminelle, le salaire est bloqué, le Salaire Insuffisant Difficilement Acquis (SIDA) a plongé le pays dans la sous alimentation au niveau des campagnes, la malnutrition gagne les villages et les villes, c’est la ruine de l’âme centrafricaine. Des pères de familles tendent la main d’un air malheureux aux humanitaires pour avoir la pénitence journalière. Malgré les bombes, les affrontements, les tueries, les bandes armées qui écument les coins et recoins, un phénomène singulier, le manioc n’a jamais fait défaut dans la ville de Bangui, ni connu une flambée des prix. C’est autant dire que même en temps de guerre, les cultivateurs ne laissent pas tomber leur aliments de base. Pendant que les Libanais rivalisent dans la flambée des prix des produits de première nécessité, le prix du manioc est en baisse.

Le second tour des élections donne l’opportunité aux Centrafricains de reconquérir leur dignité, leur honneur, leur trône de père de famille, respecté et respectable. Il suffit de bien gérer le peu que nous avons et nous irons loin. Redonnons à l’agriculture et à l’élevage toute leur place dans le macrocosme économique de la RCA et l’autosuffisance sera totale. La sous-alimentation, la malnutrition sont les conséquences logiques de la gouvernance apocalyptique du pays par des cadres véreux, des aventuriers politiques, des égarés. Le Centrafricain doit être désormais seul maître de son destin et veiller à éloigner les vautours, les loups, les hyènes et les mercenaires politiques déguisés en agneaux.

 

Julien BELA

 

 

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :