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L’annulation totale des resultats des legislatives a surpris l’ANE et les candidats : que faire ? Comment organiser les scrutins ?

janvier 28, 2016

La Cour Constitutionnelle de Transition (CCT), dans son verdict final du lundi 25 janvier 2016, a annoncé l’annulation totale des résultats du 1er tour des scrutins législatifs. Cette décision inattendue a surpris l’Autorité Nationale des Elections (ANE). Alors qu’elle s’attendait à l’invalidation des résultats dans plus de quarante (40) circonscriptions électorales où les élections législatives ne se sont pas bien déroulées, la CCT a coupé l’herbe sous ses pieds. Il en est de même pour certains candidats.

Dans cette situation qui ne dit pas son nom, comment l’ANE organisera-t-elle le 1er tour des législatives et le second tour de la présidentielle ? C’est toute la question qui se pose avec plus  d’acuité aujourd’hui. Le 1er tour des législatives et le second tour de la présidentielle seront-ils couplés comme ce fut le cas pour les scrutins du 30 décembre 2015 ? Il ne fera aucun doute. Mais l’ANE sera probablement confrontée à des difficultés financières. Comme nous le savons tous, cet organe en charge de la préparation et l’organisation des élections présidentielle et législatives avait éprouvé d’énormes difficultés financières. Et cette situation était l’une des causes des reports incessants de l’organisation des scrutins censés mettre fin à la longue transition de Catherine Samba-Panza. Et c’était grâce à l’appui financier de certains pays amis que l’ANE a pu combler son déficit budgétaire. Au jour d’aujourd’hui, le PACEC qui appuie financièrement l’ANE ne dispose pratiquement de rien. Son panier est vide.

La rédaction de Centrafric Matin s’interroge de la manière suivante : les bailleurs de fonds, les partenaires au développement et les pays amis de la RCA, mettront-ils encore la main à la poche pour financer les scrutins ? A notre humble avis, ils doivent continuer à accompagner la RCA. Comment peut-on commencer à soutenir quelque chose et l’abandonner par après ? Cela ne fera pas du bien. Et si la communauté internationale, surtout le G-8 qui soutient et accompagne la RCA n’agit pas, sa crédibilité sera mise en cause par le peuple centrafricain. L’engouement des électeurs à ces scrutins ne peut rester indifférent, insensible à la communauté internationale.

Le peuple centrafricain veut tourner la page sombre de l’histoire de leur pays par ces élections présidentielle et législatives. Il ne veut pas passer outre. Et pour ce faire, il a besoin du soutien de ces bailleurs traditionnels de la RCA pour réussir les élections en vue. Et il a raison. La Communauté internationale a le devoir d’aider financièrement ce processus électoral jusqu’à son terme pour que les ennemis de la paix et de la République ne profitent pas pour le remettre à plat. Ce temps creux doit permettre au gouvernement de transition de trouver des voies et moyens pour la bonne marche du processus électoral. Mais à entendre le premier ministre, chef du gouvernement, Mahamat Kamoun sur les ondes de la Radio France Internationale (RFI), le mercredi 27 janvier 2015 à 6 heures 45, le 1er tour des législatives et le second tour de la présidentielle aura lieu le même jour, sans pour autant donner la date. Les Centrafricains doivent prendre leur mal en patience car un adage dit « quelque soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra ».

Mais que feront les candidats aux législatives ? Ils n’ont pas d’option que de repartir à zéro dans la course. Mais à notre humble connaissance, beaucoup de candidats s’y désisteront, faute de moyens financiers. Leurs partis politiques, n’ayant pas prévu des enveloppes supplémentaires, ces candidats seront contraints de battre campagne avec leurs propres moyens. Ceux qui ne seront pas en mesure de se lancer encore dans la course se verront obliger de battre en retraite. Et l’adage populaire « gouverner, c’est prévoir », se concrétisera. Car avant de prétendre gouverner une nation, un peuple, il faut prévoir. Mais c’est ce qui manque cruellement à ceux qui veulent nous gouverner. C’est à travers cette nouvelle organisation des scrutins législatifs que le peuple centrafricain aura une idée nette sur tel ou tel parti, tel ou tel candidat. Les assoiffés de pouvoir seront démasqués et disparaîtront définitivement sur la scène politique centrafricaine. Car on ne peut se lever un matin pour dire que « je veux être député de la nation ». Pour y parvenir, il faut se préparer en amont et en aval. Mais tel ne semble pas être le cas pour nos probables gouvernants.

Une chose que nous tenons à signaler est la formation de ceux qui sont mandatés pour représenter les candidats dans les bureaux de vote. Au moment où l’ANE formera les présidents des bureaux de vote et les membres de démembrement dans l’optique de bien remplir les procès-verbaux, les partis politiques qui se sont engagés dans les législatives doivent en faire autant pour leurs représentants. Presque tous ces derniers méconnaissent le Code Electoral et ne savent quoi faire concrètement. Et pourtant dans toutes les instances dirigeantes d’un parti politique, il y a un bureau exécutif qui s’occupe de la formation. Où est-il passé ? Faute de formation, de connaissance, les partis politiques périssent.

L’annulation des résultats des législatives par la CCT ne doit pas être considéré comme une fin en soi. Elle est utile. L’ANE tout comme les candidats aux législatives doivent en profiter pour corriger les imperfections et rectifier leurs tirs.

 

Denis Lougoussou-Ngouvenda

 

 

 

 

 

 

 

 

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