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Dologuélé, incarnation de Bozizé et le KNK, peut-il rassembler les Anti-Balaka et les Séléka et leurs revendications ?

janvier 29, 2016

 

Tous les moyens sont bons pour parvenir au pouvoir. Anicet Georges Dologuélé a-t-il pris le temps de définir tous les contours de cet accord avec Bozizé et le KNK, avant d’accepter ? Tout porte à croire que les combattants Séléka n’existent plus. Et pourtant ils sont là, tant à Bangui que dans l’arrière-pays. Pourront-ils croire aux déclarations d’un président qui incarne Bozizé et le KNK ? Peuvent-ils dialoguer sincèrement avec lui sans suspicion ? Déjà son silence vis-à-vis des Séléka en dit long. En acceptant un accord politique avec Bozizé et le KNK, il faut rassurer les combattants Séléka qui doivent être iniquités quant à leur devenir. Que ce soit Anti-Balaka, que ce soit Séléka, ils sont tous armés et attendent un son de cloche rassembleur. Ils ne doivent pas se douter de la sincérité d’un dirigeant. En incarnant Bozizé, Dologuélé entre dans le camp adverse face à l’ex-Séléka, autrement dit le FPRC notamment les autres démembrements de cette coalition. Dologuélé n’étant pas un politicien, le KNK et Bozizé vont le noyer, car il a les mains liées par un accord politique. Bozizé et les siens vont s’imposer sur toute la ligne. En cas de résistance, ce sera une autre crise en perspective. Bozizé étant plus fin, plus expérimenté, plus roublard. Bozizé n’admet jamais la contradiction, il symbolise le triomphe de la pensée unique. Dans ce cas de figure, Dologuélé peut-il être un rassembleur ? Nous avions déjà dit dans nos précédentes éditions que « Bozizé reprend de la main droite, ce qu’il a perdu de la main gauche, par Anicet Georges Dologuélé ». Comment peut-il gouverner avec un certain Bozizé sur les bras ? Que se profile derrière cet accord ? C’est un saut dans l’inconnu dont on ne maîtrise pas les conditions et le lieu d’atterrissage.

Tous les anciens premiers ministres sont candidats à la présidentielle. Faustin Archange Touadéra est du nombre. Mais il s’est engagé en candidat indépendant. Cette posture fait de lui le véritable rassembleur, car il a les mains libres ; il peut tendre la main aussi bien aux Anti-Balaka qu’aux Séléka. De même, ses frères candidats qui l’ont suivi, il sera à l’aise pour les accueillir. C’est notre pays, nous voulons la sécurité et la paix, il est condamné à tendre la main à tout le monde. C’est l’intérêt supérieur de la nation qui prime sur toutes les autres considérations. De même que les candidats qui le suivent doivent être souples et surtout contribuer au succès de leur camp. Touadéra a été chassé de l’Assemblée Générale du KNK et par la suite, le parti a investi François Bozizé comme candidat à la présidentielle. Bozizé et Béa Bertin (le Secrétaire Général) savaient bien que cette candidature n’avait aucune chance d’aboutir. Néanmoins, ils ont osé se fracasser contre le mur.

Le rejet de la candidature de Bozizé n’avait plus de marche arrière. Bozizé tribaliste, a jeté son dévolu sur son neveu, peut-être facile à croquer, afin qu’il transmette ses ordres dans les faits. Après Bozizé, c’est le mur au sein du KNK et cela se confirme dans la gestion de ce parti. Et pourtant, feu président Patassé étant en exil au Togo, le MLPC a pris ses responsabilités pour mettre Martin Ziguélé à la tête du MLPC. Nous avons vu Martin Ziguélé et Ange Félix Patassé dans la course à l’élection présidentielle. Ce n’était pas la fin du monde. Pourquoi Bea Bertin n’a-t-il pu être propulsé par le KNK ? Pourquoi Bozizé ne l’a pas pré positionné, alors qu’il est bien conscient que sa candidature n’aboutira pas ?

Les Centrafricains semblent oublier les Séléka, alors qu’ils sont là. C’est un paramètre ultra sensible qu’il ne faut pas perdre de vue. Bozizé est un véritable cauchemar que les Centrafricains ne veulent pas revivre. Faire feu de tout bois pour être élu, sans en mesurer les conséquences, c’est un péril. Ces élections sont destinées à sortir la RCA de la crise, malheureusement, Dologuélé et le KNK nous tirent vers le bas. Est-ce un bon mariage pour le peuple centrafricain ? C’est le catin contre le peuple. Bozizé a un mandat d’arrêt international qui pèse sur lui, faut-il composer avec un tel personnage ? C’est faire apparaître le spectre de la crise. Les Centrafricains ont tellement souffert que même l’ombre de Bozizé n’est pas acceptable.

Les chefs d’Etat de la CEMAC ont été roulés dans la farine par Bozizé, ou la métamorphose de la ligne rouge en ligne verte. La page Bozizé ne peut plus être ouverte, car horrible, sinistre, cruelle et destructrice depuis 2003 à ce jour. Le tribalisme ne peut faire irruption dans la nouvelle République Centrafricaine qui se pointe à l’horizon, un Centrafrique de bonne gouvernance , de bonne gestion, d’intégrité, de transparence et qui tient ses engagements. Les arrangements tribalistes ont miné le pays depuis 25 ans. Les Centrafricains aspirent à la paix, à la sécurité, au développement. Quand un pays est bien géré dans ses menues recettes, tout le monde y trouve son compte et les initiatives peuvent éclore. Les paysans, les commerçants, les « chercher à manger », les gargotiers, les vendeuses de légumes, bref tout le monde devient actif car l’argent circule, certains vendent et d’autres achètent. Le climat des affaires est attrayant, sécurisant, attirant les investisseurs dans le pays. Les jeunes peuvent retrousser les manches et mettre la main à la pâte. Les Centrafricains ont des capacités, des idées, des initiatives, mais leur dynamisme est souvent et toujours étouffé par une gouvernance tribale, une gestion scabreuse, sans aucune vision. Des aventuriers se font passer pour des hommes d’affaires, alors qu’il n’y a pas d’hommes depuis l’indépendance. Des aventuriers endettés jusqu’au cou dont le mode de vie est très peu recommandé. Il n’y a aucun leadership politique, économique, pour ne citer que ces deux domaines. Ce sont des pirates qui veulent prendre le peuple en otage. Où sont les entreprises, les projets, si ceux-ci ne sont roulés sans phare dans le sillage du pouvoir. Beaucoup ont volé et veulent que le peuple les couronne. Un homme d’affaires ne devient pas le cache-sexe des hommes politiques, encore moins être à une table politique. Il n’en a pas le temps, mais détient le pouvoir financier, le nerf de la guerre. Il est puissant et peut soumettre le pouvoir politique à sa volonté, à ses caprices, à ses intérêts. Le profil des gens qui se permettent de se dire hommes d’affaires, est ridicule, honteux et s’apparente à la malhonnêteté intellectuelle, usurpation de qualité…

Julien BELA

 

 

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