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Campagne electorale morose des legislatives : ou sont passes les candidats a la deputation ?

février 2, 2016

La campagne électorale pour les législatives du 14 février 2016, a officiellement démarré le samedi 30 janvier dernier, par un décret signé conjointement par la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, son premier ministre, Mahamat Kamoun et son ministre de l’Administration du Territoire, Modibo Bachir Walidou. Trois (3) jours se sont écoulés, les électeurs centrafricains sont demeurés sur leur soif et leur faim.

A Bangui, la capitale centrafricaine, c’est le silence de cimetière. La campagne électorale est morose. Tout se passe comme si ceux qui veulent nous gouverner (les députés de la nation) battent campagne sur d’autres planètes telles : Neptune, Platon, Mars, Lune… pour ne citer que celles-ci. Et les Centrafricains ont raison de s’interroger de la sorte : « où sont passés les candidats à la députation ? ».

Nous leur disons qu’ils sont là à Bangui, dans nos villes de provinces, dans les communes, les quartiers, les villages, et que savons-nous encore ? Si l’Autorité Nationale des Elections (ANE) a procédé à la diffusion de leurs noms  sur les ondes de la Radio Centrafrique, il ne fait aucun doute, qu’ils sont présents. Ces candidats ne peuvent battre campagne que dans leurs circonscriptions respectives. Ils ne peuvent aller dans les camps de réfugiés centrafricains au Tchad, au Congo-Brazzaville, au RD-Congo, au Cameroun pour faire leur campagne. S’ils sont invisibles après trois jours d’ouverture de campagne électorale, c’est pour autant dire qu’ils n’ont pratiquement rien. La source des pagnes, des tee-shirts, des morceaux de savon, du sucre, du sel a tari. Et pourtant un adage dit : « gouverner c’est prévoir ». Est-ce que nos futurs gouvernants ont-ils prévu quelques enveloppes pour la suite des évènements ?

Il nous est très difficile de répondre à cette question. Mais à vue d’œil, après seulement trois jours de campagne électorale, nous pouvons valablement dire que ces candidats aux législatives sont dépourvus de tout. Le constat est palpable. Sur le terrain, les Centrafricains ne voient même pas les véhicules de campagne. Dans les quartiers, les effigies des candidats aux législatives ne sont pas encore affichées sur les murs des maisons, les manguiers et autres. Les QG des candidats ont pratiquement disparu. Or pendant la campagne électorale du 1er tour des législatives dont les résultats ont été tous annulés par la Cour Constitutionnelle de Transition le 25 janvier dernier, les bébés, même ceux qui sont encore  fœtus, n’arrivaient même pas à fermer l’œil la nuit, à cause des tintamarres des instruments musicaux. Aujourd’hui, ils peuvent avoir droit au sommeil. Les élèves, de leur côté, peuvent aussi apprendre leurs leçons à la tombée de la nuit. Les filles qui passaient tout leur temps à préparer des pas de danse pour accueillir nos futurs honorables durant leur meeting peuvent désormais laver les assiettes le soir, préparer le repas du soir ou laver leurs cadets et cadettes.

Et au cas où ils ne seront pas élus, que diront-ils ? Ils ne peuvent que s’en prendre à leurs leaders politiques. Pour ceux qui sont des indépendants, ils doivent s’accuser eux-mêmes et non le peuple centrafricain qui les attend aujourd’hui pour connaître davantage leur projet de société. Mais à quelque chose, malheur est bon. Nous osons croire que certains de ces candidats désisteront et les autres en profiteront. Mais ce que nous condamnons est le fait que certains candidats aux législatives ont clairement fait savoir que la date de la campagne électorale fixée par décret ne leur permet pas de rassembler des moyens nécessaires pour battre campagne. Et si les résultats du 1er tour n’étaient pas invalidés par la CCT, quels propos allaient-ils tenir ? Ces candidats aux législatives, tout comme le peuple centrafricain ont réclamé à cor et à cri la tenue des élections pour tourner la page sombre de l’histoire de notre pays sous les régimes transitionnels de Michel Djotodia et Catherine Samba-Panza. L’ANE a déployé des efforts en dépit des difficultés financières et sécuritaires pour organiser les élections couplées du 30 décembre 2015. Aujourd’hui, on demande à cette institution de repousser encore la date des élections sachant bien que la transition prendra fin officiellement le 31 mars 2016. Dans ce cas de piètre figure, que doit faire l’ANE ? Si elle reporte les élections, la transition sera encore prorogée de quelques mois. Et ce serait ces mêmes individus qui diront non à la prolongation de la transition.

C’est pour autant dire qu’on ne peut vouloir quelque chose et encore demander son contraire. Ces personnes savent bien que la transition doit s’achever avec les nouveaux dirigeants issus des urnes. Un régime transitionnel ne peut durer un siècle. Le Burkina-Faso a désormais ses gouvernants, élus démocratiquement, alors que leur transition n’a débuté qu’après la nôtre. Nous saluons aujourd’hui l’attitude de la cheffe d’état de transition et son gouvernement qui ont laissé l’ANE et la CCT faire leur travail en toute indépendance.

Les candidats aux législatives qui ne peuvent pas battre campagne doivent laisser la place aux autres. Comment ceux qui veulent gouverner les fils et les filles du feu président fondateur Barthélemy Boganda, n’ont pas les moyens de leur politique ? C’est dommage.

 

Denis Lougoussou-Ngouvenda

 

 

 

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