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LES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES (FACA) : ce n’est pas une armée de légionnaires mais une armée nationale

février 2, 2016

faca..Les Forces Armées Centrafricaines sont une émanation du peuple centrafricain. C’est une armée nationale. Elles défendent les institutions de la République, la liberté d’aller et venir et l’intégrité du territoire national. Ces vingt (20) derniers années, les FACA ne reflètent plus ce qu’elles étaient sous les régimes qui se sont succédés depuis l’indépendance jusqu’à feu président André Kolingba. Depuis 1993, date d’élection de feu président Ange-Félix Patassé, les FAFA sont entrées dans une tempête de sable où il est difficile de dire qui est qui, qui fait quoi. Le tribalisme qui a fait irruption au sein des FACA, a commencé en trombe sous le règne de feu président Kolingba. Un Escadron Blindé Autonome (EBA) avait vu le jour, composé exclusivement à 100% des gens de son ethnie. Le côté positif de l’iceberg est que l’armée était disciplinée, forte et puissante. Les officiers supérieurs, les sous officiers, les hommes de rang, tous étaient bien formés, rompus dans l’art du métier des armes. Démonter  et remonter une arme était leur distraction favorite. Malgré le tribalisme ronflant, les FACA étaient enviées dans la sous région. Elles faisaient chanter les armes. Ce qui a profondément touché et émerveillé le Général Amani Toumani Touré (ATT), à l’époque médiateur dans la crise centrafricaine, opposant le feu président Patassé et une partie de son armée, donnant lieu à des mutineries successives de 1996 à 2003. C’est à cette date que Bozizé accouche la première rébellion qui finira par renverser Ange-Félix Patassé.

Depuis le 15 mars 2013, date de prise de pouvoir de François Bozizé-Yangouvonda, les FACA sont devenues méconnaissables. Elles ont entamé leur descente aux enfers. Elles n’existent que de nom. Les officiers, sous officiers, hommes de rang, figures de proue de cette armée, ont été purgés, déversés dans la retraite anticipée. Les FACA ne vont plus aux champs de tirs pour s’exercer aux maniements des armes. Les formations ne sont que des virgules de 45 jours. Le tribalisme s’est imposé de manière ahurissante. Une Garde Présidentielle à 99% d’une même ethnie, celle de Bozizé, « made in Benzambé », son village natal. Un nouveau vocal voit le jour sous le règne de Bozizé : « les Libérateurs ». Les figures emblématiques des Libérateurs étaient intouchables, ayant le droit de vie et de mort sur n’importe quel citoyen. Certains distribuaient des coups de poing à gauche et à droite aux agents de l’Etat en service. Pour un téléphone portable, ils peuvent expédier un individu en enfer. C’est l’empire de la terreur. Les rares officiers supérieurs restés en place, sont soit suspectés, tous les temps, soit envoyés sur le théâtre des opérations avec les coupeurs de route (Zaraguina) où les rebellions commençaient à germer un peu partout comme des champignons. Bozizé n’avait d’autorité que sur la ville de Bangui. Son fils Francis Bozizé gérait toutes sorties d’armes dans le cadre d’une mission donnée. Les FACA n’étaient que l’ombre d’elles-mêmes, d’où l’entrer et l’implantation de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), de Joseph Kony, sans être aucunement inquiétée outre mesure. Les incursions des rebelles du Darfour étaient constantes dans le Nord du pays. Les éleveurs Mbarara venus du Tchad semaient la terreur, incendiaient des villages, tuaient comme bon leur semble et repartaient. La RCA était encore à genou,  ne pouvant sécuriser son territoire. Tous les mercenaires de tout calibre et de tout poils, trouvent leur base arrière en RCA. C’est le cas du général Baba-Laddé, venu du Tchad.

Dans quelle armée au monde, il n’y a pas de formation ? L’armée n’a pas droit aux exercices militaires aux champs de tirs, aux parcours combattants, aux simulations des affrontements pendant la guerre, avec des balles blanches. Quand nous étions petits, nous assistions à ce genre de simulation de guerre entre deux (2) camps   « ennemis ». Ceux qui commandaient, nous rassuraient, « n’ayez pas peur, ce sont des balles blanches qui ne tuent pas. Passez votre chemin et rentrez à la maison ». Et ceci se passait, au cimetière de Ndrès.

Les FACA ont perdu tous repères avec Bozizé qui ne comptait que sur le Tchad, l’Angola et l’Afrique du Sud pour sa défense. Avec un seul chargeur, Bozizé les  envoie au front. Les soldats sont plus des chairs à canon qu’une armée au sens propre du terme. La Garde Présidentielle a fait son plein ethniquement, avec des analphabètes endurcis, formés en 45 jours, mais hyper armés. Conséquences logiques, ils n’ont plus résisté à la coalition Séléka. Les FACA, sous équipées, ne pouvaient que baisser les armes. Bozizé lui-même a déguerpi en catastrophe comme un lapin débusqué. Les FACA sont en lambeaux parce que Bozizé voulait qu’il en soit ainsi.

Bozizé est hanté par les coups d’Etat. Il voyait les coups d’Etat partout. Et pourtant, sans être de l’ethnie de Bokassa, il est resté très longtemps à l’ombre de celui-ci. Feu Bokassa, comme feu Kolingba allaient au rassemblement, surveillaient tout, les tenues, la propreté, l’habillement, la discipline, le comportement militaire partout où ils passent, même au quartier. La (PM) Police Militaire patrouillait pour récolter les soldats indélicats, indisciplinés, ceux qui désertent sans autorisations. Aujourd’hui, les militaires, gendarmes et policiers en tenue, boivent en désordre dans les bars, les gargotes, « les Ngada » (buvette). L’indiscipline est de mise. Des analphabètes qui ne savent pas distinguer un officier supérieur (général, Colonel, Commandant, capitaine, lieutenant). Seul Bozizé est le supérieur. On ne se met plus au garde-à-vous pour saluer un officier qui passe.

Aujourd’hui, il faut raccommoder une armée en lambeaux. Et pourtant Bozizé a acheté des tonnes et des tonnes d’armes de tous calibres et munitions. Jusqu’à sa fuite, il a refusé de les donner à son armée et les rebelles ont récupéré et ont retourné contre lui, ses propres armes. La Communauté internationale a entièrement raison d’être réticente vis-à-vis des FACA, une institution en déconfiture totale et avancée, indisciplinée, tribale et politisée à outrance   ; un détachement a été oublié à Birao et a vécu des mendicités auprès des troupes du Tchad et du Soudan du Nord ; un autre détachement a été oublié à Obo dans le Haut-Mbomou, vivant aux crochets de l’armée ougandaise, sans les Primes Globales d’Alimentation (PGA), sans salaire, pendant plusieurs années.

Enfin le dossier des étrangers au sein des FACA sous Bozizé, au sein des rebellions, il faut les rapatrier. Mais cela doit se faire dans un cadre juridique approprié. Les ex-Libérateurs, beaucoup sont des étrangers qui doivent regagner leur pays. Les FACA ne sont pas une armée de légionnaires comme en France, ou ailleurs. Il faut le faire avec tact, dans les règles de l’art, dans un cadre juridique bien tracé. Le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) comporte déjà certains aspects de la question. Les FACA doivent retrouver leur lettre de noblesse. Les officiers qui soumettent les hommes de rang à l’esclavage en avalant leur PGA, doivent être purgés de l’armée. Les hommes de rang ont besoin de leur PGA sur le terrain pour avoir la force, le moral haut pour travailler. L’armée de métier, de profession doit être ressuscitée : le génie militaire, le garage-atelier militaire, la menuiserie, la Mamica pour la couture des tenues, l’auto-école militaire et bien d’autres, notamment  l’agriculture et l’élevage pour une armée autonome et de développement. Un corps d’élite de la police, jeune et dynamique pour la sécurité des institutions de la République (Présidence, Assemblée Nationale, Primature). La RCA peut ainsi renaître de ses cendres, devenir un Etat moderne, civilisé et prospère.

 

Julien BELA

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