Skip to content

Transition chancelante mais elections reussies : Catherine Samba-Panza peut souffler maintenant

février 16, 2016

La longue transition de Catherine Samba-Panza tire désormais à sa fin. Débutée le 23 janvier 2014, elle s’achèvera probablement le 31 mars 2016, si elle n’est pas encore prorogée pour la énième fois. Cette fois-ci, nous osons croire que celle-ci prendra effectivement fin à la date prévue car le 2ème tour de la présidentielle et le 1er tour des législatives se sont bien déroulés sur l’ensemble du territoire national. Les Centrafricains peuvent désormais pousser un ouf de soulagement en attendant les résultats définitifs du 2ème tour de la présidentielle par la Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) qui interviendront probablement début mars 2016. Car la « transition chancelante » de Samba-Panza, pour reprendre les propos du président tchadien Idriss Deby Itno, a failli à un moment donné faire disparaître la RCA de la carte du monde. L’autorité de l’Etat était dans la rue. Et cette situation perdure encore dans certaines régions du pays, sous les bottes des combattants des groupes armés.

Il ne se passait pas un jour sans que l’on parle des tueries, des incendies des maisons, des villages, des édifices publics et privés, des biens d’autrui et des humanitaires qui maintiennent encore la population centrafricaine sous l’oxygène. Les Centrafricains mourraient comme des mouches ou des bœufs à l’abattoir. Les braquages, les kidnappings, les vols à main armée, les viols et abus sexuels commis par les forces internationales sur les mineurs, les filles et femmes centrafricaines étaient devenus monnaie courante. Pour échapper à ces exactions barbares, les paisibles citoyens civils ont pris d’assaut les sites de fortune. D’autres sont partis à l’étranger dans les pays limitrophes. Certains se sont réfugiés dans les brousses.

Et pourtant la feuille de route de l’Exécutif ne comportait que deux (2) points : la sécurisation du pays et l’organisation des élections crédibles, apaisées, démocratiques, transparentes dont les résultats seront acceptés par tous. Mais malheureusement, la sécurisation du pays reste et demeure intacte. Les évènements des 26 septembre et 29 octobre ont enfoncé encore davantage la RCA au fond du gouffre. Les souffrances des Centrafricains ont redoublé d’intensité. Heureusement que Dieu Tout-Puissant a pensé à son peuple meurtri en envoyant son messager, le pape François. N’eût été sa visite à Bangui du 29 au 30 novembre 2015, le peuple centrafricain serait disparu de la planète terre. Ses messages délivrés par-ci, par-là, ont raffermi, adouci le cœur du peuple centrafricain tout entier, en commençant par les groupes armés, leurs acolytes pour arriver enfin aux Centrafricains lambdas.

Nous pouvons valablement affirmer aujourd’hui que c’est grâce à cette visite papale que le calme précaire règne en RCA aujourd’hui, ce qui a permis à l’Exécutif de transition et principalement à l’Autorité Nationale des Elections (ANE) d’organiser les élections du 30 octobre 2015 et du 14 février 2016. Si Catherine Samba-Panza et le gouvernement que dirige Mahamat Kamoun ont lamentablement échoué sur le plan sécuritaire, ils ont pourtant gagné avec les élections. Si aujourd’hui les observateurs de la CEEAC et d’autres se félicitent du bon déroulement des élections couplées qui ont eu lieu dans un climat apaisé, sans aucun incident majeur, c’est pour autant dire que le gouvernement de Kamoun, sous l’impulsion de la cheffe d’état de transition, CSP a fait un travail remarquable. CSP peut se réjouir. Elle a prouvé aux yeux du monde qu’en dépit de l’insécurité, elle a organisé des élections crédibles, ce que le peuple centrafricain attendait depuis fort longtemps. Le bon déroulement de ces élections entrera dans les anales de CSP car elle a marqué un point. La Communauté internationale ne s’attendait pas à une telle réussite des élections. Le gouvernement centrafricain et son peuple ont aplani les divergences des uns et des autres. C’est pour autant dire que les Centrafricains sont capables de tout. Ils ne regardent aujourd’hui que vers leur destin.

Les élections de dernière chance ou de sortie de crise se sont bien déroulées comme souhaitées par le peuple. La page sombre de l’histoire de la RCA se tourne peu à peu mais sûrement avec l’élection présidentielle du 14 février 2016 qui a opposé deux (2) anciens Premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra au second tour. Le gagnant aura une lourde tâche : ramener la paix et la sécurité dans le pays, ce que CSP et son gouvernement n’ont pu faire depuis plus de deux (2) ans.

Catherine Samba-Panza, nous osons espérer, ne sortira pas par la petite porte car elle a mis en exécution et réussi le 2ème point inscrit à la feuille de route de l’Exécutif, à savoir l’organisation des élections couplées. Mais ce n’est pas tout. Elle doit se jeter à l’eau pour le 2ème tour des législatives qui ne tardera pas à venir après la publication des résultats définitifs des élections du 14 février 2016 par la CCT. Catherine Samba-Panza peut souffler maintenant avec les élections réussies.

 

Denis Lougoussou-Ngouvenda

 

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :