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Catherine Samba-Panza sortira t-elle de la transition tête haute ou basse après les elections ?

février 22, 2016

 

La crise centrafricaine qui perdure encore a été déclenchée par la coalition Séléka, le 10 décembre 2012 dans la ville de Ndélé, située au Nord de la RCA. À moins de quelques semaines, cette rébellion a conquis plusieurs villes, sans trouver de résistance, puisque l’armée était politisée, divisée. Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) étaient sous-équipées. Seule la Garde Présidentielle (GP) et les militaires appartenant au clan Bozizé étaient bien nantis. Mais malheureusement mal formés, ils ont pris leurs jambes au coup, fuyant de toute part à l’avancée fulgurante des combattants de la Séléka qui n’étaient pourtant pas bien armés. Finalement le 24 mars 2013, le président François Bozizé a pris la tangente à bord d’un hélicoptère. Michel Djotodia, chef charismatique de la coalition Séléka s’est autoproclamé président de la République. Le désordre généralisé s’est installé. Le pouvoir était dans la rue. Les combattants Séléka agissaient comme bon leur semble car n’obéissant qu’à leur chef hiérarchique direct. Les ordres venant de la présidence de la République, ou du gouvernement de transition, étaient foulés aux pieds. Les exactions commises par la coalition Séléka dans tout le pays étaient indignes, bestiales, inhumaines. Les tueries, les massacres, les incendies des maisons et villages étaient érigés en mode de gouvernance sous Michel. Djotodia.

Dépassés par les évènements, les Anti-Balaka sont entrés dans la danse le 05 décembre 2013, pour soi-disant libérer le peuple centrafricain sous le joug de la Séléka. Mais tel ne fut pas le cas. Ils ont été à un moment donné plus pires que les combattants Séléka. L’attaque des positions de la Séléka le 05 et le 20 décembre 2013 a fait trop couler du sang sous le pont.

C’est ainsi que les chefs d’Etat de la CEEAC, réunis en sommet extraordinaire à Ndjamena, ont contraint Djotodia  et son Premier ministre Nicolas Tiangaye à démissionner. Ce qui fut fait le 10 janvier 2014. Le 23 janvier 2014, Catherine Samba-Panza prend les rênes du pouvoir après avoir été élu précédemment par les Conseillers Nationaux de Transition. Elle hérite d’une situation chaotique laissée par son prédécesseur Djotodia. Les exactions se sont poursuivies allègrement. Les deux communautés (chrétienne et musulmane) se regardaient en chien de faïence. Des affrontements meurtriers entre Séléka et Anti-Balaka, Séléka et forces internationales vice-versa, se produisaient régulièrement au point de faire disparaître la RCA sur la carte du monde.

Heureusement, Dieu Tout Puissant a envoyé son messager de la paix, le pape François. Il a délivré des messages de paix aux musulmans, aux chrétiens catholiques et protestants, aux groupes armés et à tous les centrafricains. Ses nombreux messages ont été entendus. Après sa visite du 29 au 30 novembre 2015, le calme précaire est revenu sur toute l’étendue du territoire national. Les Centrafricains se sont prononcés dans les urnes en toute quiétude même s’il y avait quelques dérapages par-ci, par-là. Face à ce que nous observons aujourd’hui, CPS sortira-t-elle de la transition tête haute ou basse ? C’est aux Centrafricains de juger les actes posés par la présidente de transition. Mais pour notre part, même si la transition a été qualifiée de chancelante par le président tchadien Idriss Deby Itno et critiqué par certains centrafricains, nous osons croire que CSP a joué aussi un rôle positif. Nous pouvons la critiquer pour son attentisme. Mais il faut reconnaître qu’elle a hérité d’une situation chaotique. Même son prédécesseur Michel Djotodia qui était pourtant, un homme, et de surcroît chef de la Séléka n’a rien fait pour mettre de l’ordre dans ses rangs. Comment voulez-vous que CSP, dépourvue de son armée, peut-elle faire ? En outre, les gendarmes et les policiers étaient sous-équipés. Dans cette situation, peut-on faire face à la Séléka qui détenait une impressionnante armada de guerre ?

CSP a fait ce dont elle est capable. Si Djotodia a lamentablement échoué devant ses hommes, Catherine Samba-Panza a marqué au moins un point. Le calme qu’on observe aujourd’hui est à son actif. Le redéploiement des FACA qui se fait progressivement est son œuvre. Grâce a sa détermination et malgré l’opposition du ministre français de la défense ; Jean Yves Ledrian à la venue du pape François en RCA, visite qualifiée de haut risque, le Souverain Pontife a foulé le sol centrafricain. Et nous en récoltons les résultats positifs aujourd’hui. En dépit de l’insécurité généralisée, les élections se sont bien tenues sous son régime.

On ne résout jamais un différend par les armes mais plutôt par la concertation, le dialogue, le pourparler. L’exemple palpant est la tenue du Forum National de Bangui du 04 au 11 mai 2015 où plus de six cent (600) personnes y ont pris part. Il appartient désormais au peuple centrafricain de mettre les recommandations en pratique. Ce n’est plus l’affaire de CSP car elle va quitter le pouvoir dans un mois, juste après les élections. En deux (2) ans de transition, un chef d’Etat de transition ne peut tout faire. CSP a tracé les jalons. Mettons-nous au travail. Respectons nos engagements. Unissons-nous pour bâtir notre pays, la RCA. Ne nous tournons plus vers le passé. Comme toute œuvre humaine n’est jamais parfaite, ne regardons plus ce que X ou Y a mal fait. C’est l’avenir de notre pays qui compte après les élections et non autre chose.

A notre humble avis, Catherine Samba-Panza sortira tête haute de cette transition en cours car elle avait hérité d’une situation chaotique, indescriptible. Grâce à sa diplomatie, les musulmans et les non musulmans se côtoient aujourd’hui à Bambari, au Km5, à Kaga-Bandoro, à Bria, à Ndélé, à Boda et pourquoi pas sur toute l’étendue du territoire national dans les jours à venir. Et aussi, le calme revient doucement et sûrement car chrétiens et musulmans se sont retrouvés dans les bureaux de vote et ont tous voté sans inquiétude. Tournons tous la page du passé et ouvrons dès maintenant la page de notre avenir.

 

Denis Lougoussou-Ngouvenda

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