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La LRA d’un côte, la Seleka de l’autre : la population de Nzako est entre l’enclume et le marteau

février 25, 2016

 Est-il possible aujourd’hui que certains compatriotes Centrafricains continuent de subir des exactions commises par certains combattants de la Séléka ? C’est possible. Et cela se passe dans la ville de Nzako, non loin de la préfecture de la Haute-Kotto.

Pour votre gouverne, cette ville est riche en diamant et or. La principale activité des habitants est la recherche de ces pierres précieuses. Ils ne vivent que de ça. Après l’incursion de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de l’Ougandais Joseph Kony dans la région du Mbomou, après celle du Haut-Mbomou, les habitants de Nzako vivent la peur au ventre. Après les attaques éclaires à répétition des hommes de Kony, des femmes et des filles sont kidnappées, des maisons et des plantations ont été incendiées. Ne pouvant supporter les atrocités de ces rebelles, certaines populations civiles ont dû quitter leurs villages respectifs pour se réfugier dans les zones sûres. D’autres ont regagné leur champ et sont toujours à la merci des hommes de Kony. Les chantiers diamantifères et aurifères sont déserts aujourd’hui.

Comme le malheur ne vient jamais seul, dit-on, les combattants de la Séléka se sont déployés dans la ville, prétextant venir protéger les populations contre les attaques de la LRA. Mais en réalité, il n’en est rien. Les combattants de la Séléka viennent encore enfoncer le clou à ces habitants. Ils sont encore plus atroces que les hommes de la LRA. Ils brillent dans les rackets, les braquages et autres actes inhumains, barbares, indignes, bestiaux. Dans ce cas de piètre figure, peut-on parler de protection ? Nous ne le pensons pas. Dépassés par les évènements, les quelques habitants qui y sont restés ont commencé à déserter la ville. D’autres ont rejoint leurs compatriotes au fin fond des champs. Ceux qui ne savent ou aller, commencent déjà à demander le départ des combattants de la Séléka de la ville.

D’un côté, les hommes de Kony pourchassent sans cesse les habitants de Nzako. De l’autre, les combattants de la Séléka qui se disent libérateurs les asservissent. Face à ce phénomène, les habitants de Nzako ne sont-ils pas entre l’enclume et le marteau ? Il ne fait aucun doute. Ils ont été pris en étau ou en tenaille par la LRA et la Séléka. Et s’ils ont demandé le retrait de leurs nouveau bureaux (les combattants de la Séléka), ils ont raison. L’on ne peut prétendre être libérateur et en même temps se métamorphoser en bourreau. C’est inadmissible et intolérable.

Il n’est pas normal qu’après les élections, certains combattants de la Séléka puissent se comporter ainsi. C’est pour autant dire qu’ils n’ont pas renoncé à leurs exactions. Ce n’est pas logique. Si nous avons choisi de tourner la page sombre de l’histoire de notre pays par les élections, il faut rester là. Continuer toujours à commettre des actes barbares sur nos compatriotes, cette époque est révolue. Nous profitons de cette occasion pour signifier à certains compatriotes Séléka qu’il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix. S’ils ont choisi de protéger leurs frères et sœurs, qu’ils le fassent normalement. Mais ajouter des souffrances aux souffrances ne cadre pas avec la protection mais plutôt avec l’envahissement comme c’est le cas de la LRA.

Nous saluons l’initiative des combattants du MLCJ, basés à Birao qui ne maltraitent pas leurs compatriotes, mais les protègent contre les rebelles soudanais et tchadiens. Les combattants de la Séléka, probablement ceux du FPRC de Nourredine Adam qui se sont déployés dans la ville de Nzako, doivent emboîter le pas aux combattants du MLJC. Ce faisant, ils gagneront la sympathie et la confiance de leurs compatriotes. Et ensemble ils bouteront hors du territoire national Kony et ses hommes. Mais s’ils prétendent protéger les populations de Nzako, mais agissent autrement, nous pouvons dire qu’ils sont aussi les combattants de la LRA. Donc, ils agissent pour le compte de la LRA. Ils ont certainement leurs ramifications dans la LRA. On ne peut vouloir le beurre et l’argent du beurre. Les habitants de Nzako doivent être vigilants. Les forces internationales (Minusca et Sangaris) et la force tripartite ont l’obligation d’aider ces pauvres citoyens de Nzako, abandonnés à leur triste sort à faire déguerpir la Séléka. Sinon ce sera une nouvelle crise qui naîtra où des affrontements armés aux conséquences incalculables.

 

Denis Lougoussou-Ngouvenda

 

 

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