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LE SYSTÈME DE SANTE EN CRISE EN RCA AVEC LES CRISES MILITARO-POLITIQUES RECURRENTES

avril 7, 2016

Vers la fin de l’année 2013, un violent conflit armé interne, le dernier chapitre d’une longue série de coups d’Etat et de rébellions, a éclaté en RCA. Une vague de terreur a déferlé sur le pays, poussant près d’un million de personnes à fuir. La moitié de la population avait besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Dans les zones urbaines et rurales, les habitants ont été victimes de violence perpétrées par les différents groupes de combattants livrés à eux-mêmes. Des hommes armés sillonnaient les rues. Des voisins se sont retournés les uns contre les autres dans une explosion de violences intercommunautaires. De nombreux enfants ont été enrôlés de force, les violences sexuelles et sexistes ont augmenté. Il régnait un climat de peur. La situation est devenue plus instable encore quand les commerçants ont quitté le pays, que les marchés se sont effondrés et que les agriculteurs ont manqué la saison des plantations. Dans ce chaos, les organismes humanitaires ont été fortement ralentis dans l’accomplissement de leur tâche, tant par les conditions difficiles de travail que par l’escalade de la violence et l’insécurité.

Cette situation d’urgence complexe a eu un effet dévastateur sur le système de santé déjà fragile du pays. Dans les nombreuses régions, des groupes ont attaqué les dispensaires, pillé les stocks de médicaments vitaux et agressé, voire assassiné des membres du personnel soignant. Par peur de la violence, de nombreux employés ont abandonné leur poste. Le système qui avait été établi pour faire le rapport sur les cas de paludisme et d’autres maladies ainsi que sur les stocks de médicaments se sont effondrés.

La RCA est enclavée et isolée. L’indice de développement humain des Nations Unies de 2015 classe la RCA à la 186ème place sur 187 pays. Les indicateurs de santé, notamment les taux de mortalité maternelle et infantile, figurent parmi les plus mauvais du monde. Le pays est divisé par des conflits d’allégeance, les forces de l’ex-Séléka dominant le Nord et l’Ouest du pays et les Anti-Balaka le Sud et l’Est. Le pays compte une majorité de chrétiens, et a une minorité musulmane. Plus de la moitié (2,7 millions de personnes) de la population a besoin d’une assistance humanitaire d’urgence. Environ 453.000 personnes ont fui vers les pays voisins et 368.859 autres vivent dans des sites de fortune pour les personnes déplacées. De nombreuses personnes sont prises aux pièges dans des enclaves cernées par des forces hostiles et négatives. Le long conflit précédent a été lié aux vastes ressources naturelles d’or, de diamant, de pétrole, d’uranium et de bois du pays. Les opérations humanitaires ont été entravées par des conditions difficiles de travail, ainsi que l’insécurité. Des travailleurs humanitaires ont été attaqués et leurs véhicules, bureaux, établissements de santé et fournitures pillés.

Les maladies comme le paludisme ne reculent pas dans une situation de conflit ; au contraire la précarité qui règne dans la centaine de sites de fortune où vivent 368.859 déplacés a favorisé leur progression. La plus part de ces déplacés « enfants, femmes et hommes) ont tout perdu. Quand vient la saison des pluies et que les enfants vulnérables ne sont pas protégés des piqûres de moustiques, beaucoup meurent du paludisme. Des maladies telles que la tuberculose et le VIH/Sida se propagent facilement dans les conditions insalubres des sites surpeuplés. La vulnérabilité augmente considérablement lorsque l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates est limité, que les réserves de nourriture diminuent et que la pauvreté devient la norme de vie. Depuis 10 ans, peu d’enfants sont vaccinés, bon nombre d’écoles sont fermés pendant de longues périodes et l’accès à une alimentation ou à des soins de santé adéquate reste limité. La situation des déplacés est un facteur qui rend plus complexe encore la fourniture de services liés à la lutte contre le paludisme.

Avant l’intensification du conflit en 2013, on comptait environ 21.000 décès d’enfants par an (enquêtes rapides par téléphone mobile de la FISCRCR et du Fonds Mondial 2015). Ce nombre a sans doute considérablement augmenté du fait de l’effondrement  des services de santé. Nombre de ces décès sont dus au paludisme, qui est la première cause de mortalité en RCA, en particulier chez les enfants de moins de cinq (5) ans.

Le docteur Moyen, directeur du service national de lutte contre le paludisme, a indiqué, « même si de plus en plus de personnes sont sensibilisées aux causes de la maladie et aux moyens de la prévenir, les conditions de vie dans les sites de déplacés ont eu une incidence importante sur l’augmentation des cas ». Telle était la situation en RCA quand la FISCRCR est arrivée, au plus fort de la crise pour travailler avec le ministère de la Santé Publique et le service de lutte contre le paludisme en RCA.

Le Petit YEKOA

 

 

 

 

 

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