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LA PRESTATION DE SERMENT DE TOUADERA, LE 30 MARS 2016, SERA-T-ELLE SUIVIE DES FAITS ?

avril 11, 2016

Faustin-Archange Touadera (FAT), lors de son investiture le 30 mars 2016 au Complexe Sportif Barthélemy Boganda (stade 20.000 places), debout, découvert, la main gauche posée sur la Constitution et la main droite levée, le nouveau président de la République a prêté le serment ci-après, en Sango, puis en Français, devant la Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) siégeant en audience solennelle.

« Moi…, je jure devant Dieu et devant la nation d’observer scrupuleusement la constitution, de garantir l’indépendance et la pérennité de la République, de sauvegarder l’intégrité du territoire, de préserver la paix, de consolider l’unité nationale, d’assurer le bien-être du peuple centrafricain de remplir consciencieusement les devoirs  de ma charge sans aucune considération d’ordre ethnique, régional ou confessionnel, de ne jamais exercer les pouvoirs qui ne sont dévolus par la constitution à des fins personnelles, ni de réviser le nombre et la durée de mon mandat et de n’être guidé en tout que par l’intérêt national et la dignité du peuple centrafricain ». Il convient tout de même de souligner que le serment prêté par Touadera se trouve dans la nouvelle Constitution en son article 38. Le président de la République, Chef de l’Etat, F.A.T a tout dit quand il a posé sa main gauche sur la constitution et sa main droite levée vers le ciel. Mais une chose est de prêter le serment, une autre est de le respecter. C’est pour cette raison que le peuple centrafricain s’interroge de la manière suivante : La prestation de serment de Touadera, le 30 mars 2016, sera-elle suivie des faits ?

Le serment, de Dacko à Samba-Panza, en passant par Patassé, Bozizé, pour ne citer que ceux-là, a été prêté devant les magistrats siégeant à la Cour Constitutionnelle. Les Centrafricains avaient suivi de bout en bout ces paroles sorties de la bouche de nos anciens présidents. Mais une fois installé dans leur fauteuil  présidentiel au Palais de la Renaissance, le serment est foulé aux pieds ou scellé dans un placard à la présidence. « Je jure devant Dieu et devant la nation…», n’est plus d’actualité. Tout se passe comme si Dieu Tout-Puissant et la nation devant lesquels le président de la République a prêté le serment se sont fondus dans la nature ou évaporés dans l’air. Mais si ce président commence déjà à tourner le dos à ceux-là, comment peut-il exercer les pouvoirs qui lui sont dévolus par la Constitution ?

Nous devons tous savoir que, quand on tourne le dos à Dieu, on tourne la face au diable, aux démons et rien ne peut marcher. Le diable vous détourne du droit chemin que vous avez prêté serment pour suivre. C’est ainsi que la Constitution n’est jamais respectée scrupuleusement puisque le président a pactisé avec le diable. L’indépendance et la pérennité de la République ne sont plus garanties. L’intégrité du territoire n’est pas sauvegardée, les  rebelles et les malfrats de tout bord règnent  en maître absolu faute de la préservation de la paix. L’unité nationale est ébranlée. Le président de la République ne peut assurer le bien-être du peuple puisque l’autorité de l’Etat est dans la rue. Remplir sa charge sans aucune considération d’ordre ethnique, régional ou confessionnel n’est plus d’actualité : les siens sont prioritaires et au-dessus de la loi. Ils sont intouchables. Le président mène désormais une politique ethnique, régionaliste, clanique, tribale au détriment de tout le peuple. Il n’écoute que ses partisans, ses amis, connaissances et parents. Conséquence directe, la révision du nombre et la durée de mandat. Ce qui entraine le plus souvent la naissance des rebellions qui poussent comme les champignons dans la forêt de la Lobaye ou de l’Amazonie.

Dans cette piètre figure, qui paie le plus lourd tribut ? Ce sont les populations civiles innocentes. C’est ce qui nous est arrivé le 24 mars 2013 avec la prise du pouvoir par la coalition Séléka. Bozizé  qui fut le responsable de tous les  maux qui s’abattent sur les centrafricains, s’était envolé sous d’autres cieux, abandonnant le peuple à son triste sort. C’est pourquoi nous demandons au président FAT de bien vouloir respecter le serment qu’il a prête le 30 mars 2016 devant Dieu et la nation centrafricaine. Il en va de son intérêt et de l’intérêt du peuple centrafricain. S’il respecte son serment, répond aux attentes du peuple centrafricain, nous osons croire qu’il peut faire deux (2) mandats à la Magistrature Suprême de l’Etat à condition que les Centrafricains lui renouvellent leur confiance en 2021. Dans le cas contraire, il est appelé à céder son fauteuil pour garder son intégrité, sa dignité.

Il est de notre devoir de rappeler à nos futurs dirigeants et principalement au président de la République que c’est le non respect de la constitution, la violation des textes règlementaires, la non prise en compte des traités et conventions, des recommandations comme celles du Forum National de Bangui qui sont à l’origine des souffrances du peuple centrafricain. Le président de la République, Chef de l’Etat, Faustin-Archange Touadera a intérêt à respecter scrupuleusement à la lettre  la loi fondamentale de la République qui est la Constitution. Ce faisant, il sera tôt ou tard le héros national comme Gandhi en Inde et tant d’autres dans le monde. Les autres présidents qui se sont succédés à la tête de l’Etat centrafricain ont tous échoué sur ce plan. Il doit ressusciter la RCA en traduisant son serment dans les faits.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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