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FRANCOIS HOLLANDE A BANGUI : POURQUOI FAIRE ?

mai 11, 2016

Le président français, François Hollande foulera le sol centrafricain le 13 mai prochain, d’après un communiqué émanant de l’Elysée le vendredi 06 mai 2016. Et beaucoup de Centrafricains s’interrogent en ces termes : pourquoi le président français fera un déplacement à Bangui alors qu’il avait reçu son homologue Faustin-Archange Touadéra le 20 avril 2016 à l’Elysée ?

Nous osons croire que la visite de la première personnalité française revêt un caractère particulier et important. Nous sommes, sans ignorer que la France est accusée à tort ou à raison d’être à l’origine de la crise qui a durement affectée la République Centrafricaine au point de la propulser au fond du gouffre. Et cette allégation portée contre la France a même été soutenue par le député français, André Chassaigne, lorsqu’il disait en mai 2014, lors d’une session parlementaire, nous citons, «  les coups d’Etat et les rebellions à répétition en Centrafrique, la France n’est jamais loin derrière ». Depuis lors, la puissance colonisatrice de la RCA n’est pas en bon terme avec les populations centrafricaines.

En outre, l’opération militaire française, dénommée Sangaris et qui est déployée en RCA depuis le 05 décembre 2013, était à maintes reprises accusée d’être en connivence avec l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko. Ce n’est pas la population de la préfecture de la Ouaka, située au centre de la RCA qui nous démentira. Les populations centrafricaines du Nord au Sud, d’Est en Ouest ont toujours dénoncé les pratiques de la Sangaris sur le terrain. D’autres sont mêmes allées loin en affirmant, « quand la Sangaris passe dans une telle ou telle région, c’est la désolation, la lamentation, le cri de détresse qui se font entendre après ». C’est pour autant dire que la Sangaris qui était accueillie en sauveur sur le sol centrafricain lors de leur parcours depuis Douala jusqu’à Bangui, s’est détournée de la mission qui lui est confiée, celle de la protection des populations civiles. Car d’après les informations qui nous parvenaient entre temps à la rédaction, beaucoup de Centrafricains auraient perdu leur vie sous la barbe de la Sangaris, alors qu’elle était censée protéger ces derniers. De plus, les militaires français étaient aperçus dans les zones diamantifères et aurifères. C’est la raison pour laquelle, quant ils passent aujourd’hui dans les principaux artères de la ville de Bangui, ils sont appelés « voleurs de diamants ». Et ils répliquent méchamment, « 05 ans de souffrance ».

La visite de François Hollande sera axée essentiellement sur la Sangaris car son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait annoncé au mois de mars dernier le départ de l’Opération Sangaris. Mais pour notre part, il est trop tôt de faire une telle annonce, car la Sangaris n’a pas encore pacifié la RCA. La France ne pourra parler du départ de la Sangaris que si les combattants de tous les groupes armés seront désarmés. Avons-nous besoin de dire à la France que telle ou telle chose ne marche pas ? Elle sait pertinemment que les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont bel et bien présentes en RCA mais elles manquent de tout. Si la Sangaris veut se retirer, elle aurait dû attendre que les FACA soient dotées d’armes, de minutions, de véhicules, bref des matériels militaires. Mais heureusement le président Hollande a compris, raison pour laquelle il a dit que la Sangaris restera aux côtés de la Centrafrique.

Un autre motif de la venue du président Français résiderait dans la coopération de la France avec la Centrafrique qui s’est dégradée avant le départ de Bozizé jusqu’au régime de Catherine Samba-Panza. Hollande doit raviser cette coopération et la rendre fluide.

Un dossier qui sera débattu par les présidents français et centrafricain concernerait l’aide budgétaire de huit millions d’Euros (8.000.000 £) promis par Paris pour le paiement des salaires des fonctionnaires selon les informations de Jeune Afrique. De l’autre, l’Agence Française de Développement (AFD), s’est engagée à financer des projets en RCA à hauteur de vingt trois millions d’Euros (23.000.000£). Si ces fonds seront débloqués lors de la visite de François Hollande à Bangui, ce sera un ouf de soulagement pour les nouvelles autorités du pays. Et par ce geste, la France décantera la situation.

Mais il serait judicieux que les deux (2) présidents trouvent des voies, des solutions idoines pour le Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) des groupes armés, car de lui dépendent la survie du peuple centrafricain et la consolidation de la démocratie. La mise en garde de l’ambassadeur de France à Bangui, Charles Malinas contre les combattants des groupes armés, doit être réitérée par le président français car les milices armés se croient tout permis et ne veulent déposer les armes pour permettre à leurs concitoyens de vaquer à leurs occupations habituelles. Trop, c’est trop. Hollande doit mettre un accent particulier sur le DDRR de tous les groupes armés avant d’envisager un quelconque départ de la Sangaris.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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