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BOZIZE CHASSE, SELEKA DEBOUTEE, MAIS LES ACCROS DEMEURENT : QUEL EST LE PECHE DU PEUPLE CENTRAFRICAIN POUR ETRE PRIS EN OTAGE ?

mai 13, 2016

 

Bozizé a eu une sanction exemplaire pour le non respect des Accords. La coalition Séléka l’a propulsé hors du palais de la renaissance, un vrai coup de pied dans la fourmilière. L’ancien  président rumine sa défaite cuisante loin des frontières de son pays. Il a vainement tiré les ficelles. Son sort est définitivement scellé. Malgré une entente contre nature à Nairobi, les carottes sont parfaitement cuites. Bozizé est désormais rangé dans les archives de l’histoire politique de la RCA.

Djotodia et la coalition Séléka débarquent à Bangui à coups d’armements lourds et légers, envahissant l’ensemble du pays, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Les Centrafricains ont accueilli à bras ouverts la coalition Séléka qui s’est installée au pouvoir à Bangui. Au lieu de maintenir un Etat, les Séléka ont transformé le pays en une jungle, sans foi ni loi. La gâchette était si facile que les têtes qui tombent ne se comptent plus. L’entrée en scène des Anti-balaka fait de la  RCA une boucherie humaine. Dans le fleuve, les puits, les rivières, la brousse, la colline Bas-Oubangui, les fosses communes, les incendies de maisons, de villages, les destructions et les pillages systématiques, une vraie politique de la terre brûlée. La communauté internationale ne pouvait plus supporter un tel degré de carnage, de dévalorisation de la personne humaine. En janvier 2014, la CEEAC a décidé d’arrêter la spirale de la violence aveugle. Djotodia est donc congédié manu militari.

Catherine Samba-Panza arrive, incarne tous les espoirs, mais en réalité, elle n’était qu’un cheveu dans la soupe. Les pires massacres, les pires incendies de maisons à grande échelle, ont eu lieu sous son règne. Ni Samba-Panza, ni Mahamat Kamoun, n’ont osé mettre le nez à la fenêtre. Kamoun jetait un coup d’œil sur Kina à feu depuis une petite fenêtre du cinquième étage de son cabinet. Le scandale financier de l’Angola-Gâte achève de discréditer l’Exécutif de la transition. La communauté internationale par un rejet poli de la transition, met le cap sur les élections par tous les moyens. C’est désormais chose faite. Le plancher politique est proprement débarrassé des résidus de la transition, un vrai cauchemar pour le peuple centrafricain et la communauté internationale. Un gros ouf de soulagement s’élève sur l’ensemble du pays.

A qui en veulent Balaka et Séléka ? Les élections ont constitué l’unique porte de sortie de crise. De la présidence de la République, à l’Assemblée Nationale, en passant par la primature, ce sont des personnalités neutres. Elles n’ont sur les bras que l’exécution du processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Touadéra a promis de réunir sous son autorité directe tous les leaders des groupes armés, à travers un comité pour la bonne gestion du processus DDRR. Les revendications de départ de la Séléka sont prises dans les programmes de développement global de la RCA. Aucune région n’est plus avancée que d’autres. Il ne sera plus question de privilégier certaines régions au détriment d’autres. La problématique de l’énergie est quasi nationale, notamment à Bangui. Les infrastructures de base, santé et éducation, se passent de commentaires. Quant aux routes et ouvrages d’art, c’est le comble, sans parler de l’urbanisation. C’est maintenant qu’il faut projeter la RCA sur tous les plans. Pour ce faire, il faut un véritable plan Marshall pour la RCA. Avec la relance des activités économiques, notamment l’agriculture, l’élevage, les services et les nouvelles technologies, facteur d’innovations techniques et technologiques. La vulgarisation de l’internet par fibre optique, ainsi que les options connexes s’y rattachant.

Les défis sont nombreux et multiformes. Il revient donc aux groupes armés de faciliter la tâche du gouvernement. Les populations exilées et déplacées sont une autre paire de manche. Les habitations détruites constituent un handicap majeur. Fort heureusement, certains groupes armés ont pris d’assaut le Pré-DDRR dans la perspective finale du DDRR. Une grande partie des Anti-balaka, le MLCJ optent pour un retour à la vie civile normale. Le Pré-DDRR forme non seulement à différents métiers, mais aussi alphabétise certains combattants : savoir lire, écrire, compter pour mieux gérer sa vie future d’opérateur économique. La communication n’est pas suffisante sur le Pré-DDRR et ensuite le processus DDRR. Une véritable compagne de sensibilisation, d’éducation et de communication est indispensable pour la réussite de ce vaste projet très sensible qui conditionne le retour à la paix et à la sécurité. Le peuple centrafricain étant innocent, il ne peut demeurer l’otage des groupes armés. Il a atrocement souffert dans sa chair, son âme et dans son être. La misère, la sous alimentation, la malnutrition, le dénuement, les diverses maladies, c’est un vrai cauchemar indescriptible que vit ce peuple meurtri, presque mort à moitié et qui dit aux groupes armés, pitié, pitié, pitié. Car il n’est pas responsable des affres politiques qui ont ensanglanté le pays. Il n’aspire qu’à la paix, rien que la paix, toute la paix.

Les commerçants du Km5 ont très vite compris l’importance de la paix. La guerre paralyse et tue le capital, c’est la ruine. Avec la paix, chaque jour il engrange des recettes, il compte les billets de banque, le capital augmente ainsi que le bénéfice. La famille est heureuse, car elle mange à sa faim chaque jour. Et sa santé est prise en charge. Il est temps de sortir, d’abandonner le maquis et se faire une place au soleil. La vie appartient aux débrouillards dit-on. Tout le monde sera formé à un métier et tout le monde va contribuer à la reconstruction du pays. Les PME et PMI vont émerger pour constituer la classe moyenne. La RCA a besoin d’une classe d’hommes d’affaires, des multimilliardaires en dollar, en Yen ou en livre sterling. Les centrafricains doivent aussi rêver, acheter des avions privés, des Jets, et pourquoi pas des TGV Bangui-Birao, Bambouti, Markounda. C’est le moment de jeter les bases d’un Centrafrique nouveau, uni, harmonieux et prospère où il fait bon vivre. « RCA, pays sans armes » voila ce que le peuple centrafricain attend de ses frères qui ont pris les armes. La Plate Forme des Confessions Religieuses précède déjà le gouvernement dans cette vaste entreprise de refondation de la nation centrafricaine. Aidons-la à nous aider à sortir de la spirale de la violence inutile et stérile, qui n’arrange les affaires de personne.

 

Julien BELA   

 

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