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« NOS PRIORITES AUJOURD’HUI SONT AXEES SUR LA SECURITE,  LE RETOUR DES DEPLACES ET REFUGIES, LA SANTE ET L’EDUCATION », A INDIQUE FELIX MOLOUA.   

mai 26, 2016

Au cours de la réunion préparatoire de la conférence des bailleurs de fonds de la RCA, prévue pour le mois de novembre prochain, à Bruxelles en Belgique, qui s’est tenue à l’Hôtel Oubangui, le ministre de l’Economie du  plan et de la Coopération, Félix Moloua a indiqué, nous citons « nos priorités aujourd’hui sont axées sur la sécurité le retour des déplacés et refugiés, la santé et l’éducation ».

Il apparaît clair, précis et net que les priorités définies par le ministre du Plan, sont aussi les priorités du peuple Centrafricain tout entier. Mais il convient tout de même de signaler que les jours passent et se ressemblent au sujet de ces priorités.

LA SECURITE

A l’époque du régime transitionnel de Catherine Samba-Panza, la sécurité était inscrite en noir sur blanc dans la feuille de route de l’Exécutif de transition. Jusqu’à la fin de ce régime, les Centrafricains sont restés sur leur soif. La sécurité était devenue un véritable serpent de mer dans la gueule de l’Exécutif de transition. Les têtes tombaient, les combattants des groupes armés régnaient en maître absolu des lieux qu’ils ont la prédominance, l’hégémonie. Ils détiennent encore des armes par devers eux et n’hésitent pas un seul instant à en faire usage… Les populations civiles sans défense mouraient et meurent comme des mouches.

Aujourd’hui encore, on nous fait dire que la sécurité demeure la priorité des priorités du gouvernement. Mais de quelle sécurité parle-t-on dès lors que les populations de la Bamingui-Bangoran sont prises en otage par les hommes de MPC d’Alkhatime ; celles de la Nana-Gribizi sont constamment massacrées par les rebelles du Tchadien Nourredine Adam; les habitants de l’Ouham, de la Ouaka subissent les affres des peuhls du tristement célèbre Ali Daras de l’UPC. Où est passée la priorité accordée à la sécurité ? Le peuple centrafricain dit qu’il attend de pieds fermes la réalisation de cette sécurité qui tarde à venir.

LE RETOUR DES REFUGIES ET DES DEPLACES.

Il y a plus de trois (3) ans que certains compatriotes ont pris d’assaut les sites des déplacés ou bien se sont refugiés dans les pays voisins pour se mettre à l’abri des exactions des groupes armés.

A chaque seconde, minute, heure qui passe, nos gouvernants ne font que parler de leur retour à longueur de journée sans mettre en place des stratégies efficaces pour favoriser leur retour en douceur dans leur maison, leur village, leur ville ou leur quartier. Beaucoup avaient regagné les quelques rares maisons d’habitation qui restaient. Ils ont du encore une fois de plus regagner les sites des déplacés, communément appelés « Ledger », allusion faite à l’hôtel Ledger Plaza à Bangui.

Donc rien ne sert de parler du retour des déplacés ou des refugiés dans la mesure où la sécurité n’est pas effective sur  toute l’étendue du territoire national. Il convient de rappeler à nos dirigeants que le retour de ces compatriotes-là est conditionné à la sécurité et à la paix. Sans ces deux (2) mots, le retour des déplacés et des refugiés n’est pas pour demain.

L’EDUCATION

Aujourd’hui, l’éducation n’existe que  de nom. Les professeurs des lycées et collèges même ceux de l’unique Université de Bangui, ont transformé ces établissements scolaires en fonds de commerce. Le cas du lycée de Fatima, transféré au sein des écoles Saint-Jean et Pétévo est plus frappant et indigne d’un enseignant. Pour pouvoir participer à un devoir de classe ou à une composition trimestrielle, les élèves sont obligés, vaille que vaille, de verser une somme allant de 300 à 500 FCFA aux professeurs. Celui ou celle qui ne donne pas cette somme d’argent est purement mis à la porte. Sa note est d’office zéro. Dans telle condition, comment les élèves peuvent s’épanouir ?

En outre, presque tous les enseignants ont élu domicile à Bangui et ont peur de regagner leur lieu d’affectation, faute de sécurité. A cela s’ajoutent la destruction et le vandalisme des édifies scolaires et des matériels didactiques. Nous ne pouvons évoquer ces entraves à l’éducation, sans pour autant parler du nombre pléthorique des enfants dans une salle de classe, du manque des enseignants qualifiés. Les élèves de leur côté ne s’adonnent pas à leurs études puisque les notes et les diplômes sont pour la plupart du temps achetés par leurs parents. Ceux qui sont aussi en charge de contrôler, d’évaluer ces enseignants, nous voulons parler des inspecteurs, des conseillers pédagogiques, ne font pas leur travail comme il se doit. Au lieu d’être sur le terrain pour constater de leurs propres yeux la dérive du système éducatif, ils préfèrent s’adosser dans leur fauteuil.

Le nouveau ministre de l’Education Nationale a du pain sur la planche. Pour relever le défi éducatif, il doit s’attaquer aux racines des maux qui gangrènent le système éducatif centrafricain dont nous avons évoqué quelques uns ci-haut.

LA SANTE

Pour la santé, n’en parlons pas. Elle n’est pas différente de l’éducation, ni de la sécurité. Ces quatre (4) priorités du gouvernement de Sarandji sont identiques  les unes aux autres. La santé est tombée plus bas que terre. N’eût été l’apport des humanitaires œuvrant dans le domaine de la santé,  nos compatriotes qui ont tout perdu et qui sont aujourd’hui dans les sites des déplacés  ou dans les camps de fortune à l’étranger allaient tous mourir de différentes maladies. En plus de cela, certains hommes ou femmes en blouse ne s’occupent pas normalement des patients. Ils sont corrompus jusqu’aux os. Quand un individu est hospitalisé et qu’il n’a pas de sous pour graisser les pattes de ce personnel  soignant qui n’observe pas la déontologie et l’éthique de leur travail, il peut trépasser en quelques heures après son arrivée à l’hôpital. Car personne ne s’occupera de lui.

En outre, les hôpitaux sont démunis de tout puisqu’ils ont été aussi vandalisés par les combattants des groupes armés. Certains centres de santé ont pratiquement disparu. D’autres sont pris en charge par les humanitaires. Mais une fois qu’ils seront partis, quel sera le sort des centrafricains, surtout ceux qui sont dans l’arrière pays ?

Nous disons tout simplement à nos dirigeants ceci, « une chose est de parler, d’évoquer les priorités du gouvernement, et une autre est de les mettre en pratique pour alléger ou mettre fin à la souffrance des centrafricains depuis plusieurs années.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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