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TANTOT VILLE SANS ARME, TANTOT MISE EN GARDE : LA MINUSCA ET LA FRANCE NE ROULENT-ILS PAS LES CENTRAFRICAINS DANS LA BOUE ?

mai 27, 2016

La RCA est devenue depuis quelques années l’objet de rire de certaines puissances du monde. La crise militaro-politique qui frappe le pays de plein fouet semble être le fonds de commerce pour les uns et un règlement de compte pour les  autres.

En effet, la ville de Bambari dans la préfecture de la Ouaka et celle de Kaga-Bandoro, dans la Nana-Gébizi furent déclarées par la MINUSCA « villes sans armes ». C’est pour autant dire que les armes ne doivent pas y circuler. Les combattants des groupes armés ne doivent porter des armes par divers eux, aucune détonation d’armes lourdes ou légères ne peut être entendue. En définitive c’était un calme total que l’on devrait observer à Bambari et à Kaga-Bandoro dans le périmètre défini par les Casques Bleus de la MINUSCA. Mais les jours passent et se ressemblent dans ces deux villes. Les détonations d’armes de tout calibre se font entendre quotidiennement. Les combattants de l’UPC d’Ali Daras et ceux du FPRC de Nourredine Adam font fi de ce slogan, « ville sans armes ». Chaque jour qui passe, amène son lot de malheurs. Dans un passé récent, le correspondant de la Radio Ndéké Luka dans la ville de Kaga-Bandoro a échappé de justesse à son assassinat par les hommes du FPRC. A Bambari, les combattants de l’UPC ont jeté des grenades dans une buvette. Plusieurs personnes ont été blessées et on avait signalé un cas de décès. Mais curieusement, la MINUSCA revient encore sur ce slogan « ville sans armes », alors qu’elle se côtoie, boit et mange avec ces hommes de l’UPC. Pendant ce temps, des têtes tombent et continuent de tomber à Bambari. Les exactions se poursuivent allègrement au vu et au su de ces forces onusiennes. Les crépitements d’armes se font entendre presque tous les jours, à en croire les habitants de Bambari. A quoi a servi cette « ville sans armes » ? Et pourquoi la MINUSCA y est revenue là-dessus alors que les hommes de l’UPC ne l’ont même pas observée ? Faut-il continuer inlassablement à vibrer les tympans des Centrafricains avec des discours qui n’ont rien apporté du nouveau dans le vécu quotidien ?

Il en est de même de la mise en garde contre les groupes armés lancée par l’ambassadeur de France à Bangui, Charles Malinas. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les groupes armés ne baissent pas les bras. Ils ont un seul objectif, « tuer et empêcher » le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Alors que, si nos mémoires sont bonnes, cette mise en garde est prononcée par Malinas pour mettre un terme aux agissements de ces hors-la-loi, ces bandits de grand chemin qui écument sans cesse le peuple centrafricain à petit feu. Où en sommes-nous avec l’effet positif de cette mise en garde pendant que les militaires français de l’Opération Sangaris n’ont pas encore quitté le territoire centrafricain ? Un adage dit, « la charité bien ordonnée commence par soi-même ». De ce fait, nous avons pensé que ce sont  les soldats de la Sangaris qui devraient théoriquement commencer à mettre en application cette mise en garde. Mais tel ne semble pas être le cas. Les groupes armés, en dépit de cette mise en garde font toujours à leur tête, sous la barbe de la Sangaris. Et nous nous interrogeons de la manière suivante : « cette mise en garde sera-t-elle effective  quand les militaires français quitteront la Centrafrique » ?

Les Centrafricains ont trop souffert dans leur chair pendant cette crise qui a ébranlé la RCA, au point de la faire disparaître de la carte du monde. Ils disent aujourd’hui qu’ils en ont marre des propos tenus ça et là et qui n’ont pas d’effet positif sur eux. Au lieu que la MINUSCA et la France nous roulent indéfiniment dans la farine, la boue, il serait nécessaire qu’elles appliquent à la lettre les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU. « Ville sans armes » et la mise en garde, vont tous dans le sens de la paix et de la sécurité. Et c’est ce que le peuple centrafricain recherche depuis un certain temps car il aspire à la paix et à la sécurité.

Mais les jours, les mois, les années passent sans que la paix et la sécurité reviennent sur le territoire national malgré les propos tenus par les uns et les autres. Les visites des hauts responsables de l’ONU et de la France se sont multipliées en Centrafrique sans aucun résultat probant. N’eut été la visite du Souverain Pontife, le Pape François à Bangui, du 29 au 30 novembre dernier, les Centrafricains allaient mourir comme des mouches. Le calme précaire qu’on observe aujourd’hui, presque sur toute l’étendue du territoire national, ne pouvait se réaliser. Heureusement que Dieu, Tout-Puissant a envoyé son messager, le Pape François  à Bangui, avec des messages de paix, de réconciliation, de pardon, de tolérance, ce qui a porté du fruit aujourd’hui.

Faut-il continuer à rêver que ce sont la MINUSCA et la France qui nous apporteront la paix, la sécurité à travers, ville sans armes » et la mise en garde contre les groupes armés ? A vous d’en juger.

 

  Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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