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LES HOMMES DE L’UPC D’ALI DARAS CONTROLENT ET PRENNENT EN OTAGE UNE MISSION DE L’ANE : BRUNO MOUMOLOALA EN TEMOIGNE

mai 30, 2016

Bruno M. et Ali DarasDeux (2) véhicules de l’Autorité Nationale des Elections (ANE), en mission à Bangassou, de son retour, ont été contrôlés et les occupants pris en otage dont le formateur national, Bruno Moumoloala, par les hommes de l’UPC d’Ali  Daras à Kongbo, puis à Alindao, à cause des effets militaires d’un gendarme nommé Vivien Maïgna retrouvés dans l’un des véhicules. Ils avaient été finalement libérés le samedi 21 mai 2016 par le général de l’UPC, Ali Daras en présence de la MINUSCA, grâce à la machine qui a été mise en marche par le vice-président de l’ANE, les autorités du pays et les forces onusiennes. Bruno Moumoloala, porteur de la valise qui contenait les effets militaires et qui lui a été remis par Sylvain Zounda, beau-frère de Maïgna et opérateur économique résidant à Bangassou, s’est expliqué sur leur calvaire, le jeudi 26 mai 2016 aux environs de 09 heures, à la rédaction de Centrafric Matin

Voici l’intégralité de son témoignage

 

Denis LOUGOUSSOU.

« Concernant la mission, elle s’est bien déroulée. Mais malheureusement au retour, nous avons eu un petit problème avec les ex-Séléka. En allant, j’avais reçu commission d’un gendarme qui s’appelle Vivien Maïgna au niveau de Damara et qui m’avait chargé d’aller ramener sa valise qui se trouve entre les mains de son beau-frère Sylvain Zounda, un opérateur économique à Bangasou. Il m’a donné le numéro téléphonique de ce monsieur et celui de sa sœur Evelyne Maïgna. Et dès que je suis arrivé a Bangassou, je suis rentré en contact avec son beau-frère qui m’a remis au retour sa valise, ignorant que dans cette valise, il y avait des effets militaires. Arrivé au niveau de Kongbo, les Séléka nous ont exigés de faire la formalité à raison de quinze mille francs (15000F)CFA par véhicule.

Quand on leur avait dit qu’on n’avait pas de l’argent pour la formalité, ils ont exigé de décharger et de contrôler les véhicules. Nous avions accepté que les véhicules soient contrôlés. Et en contrôlant, ils ont trouvé des tenues, des rangers, plus les ceinturons dans la valise dont j’étais vraiment le porteur. Et de là, ça nous a créé des problèmes. Ils ont dit que dans le véhicule, il y a un militaire. Je leur ai dit que les tenues, c’est pour un gendarme. Je suis le porteur de cette valise et le gendarme se trouve à Damara. Il s’appelle Vivien Maïgna. Ils ne voulaient pas me croire. Ils ont dit non et que le gendarme se trouverait dans notre véhicule. Si nous ne leur montrons pas ce gendarme-là, nous allons voir.

Raison pour laquelle, ils nous ont maintenus le mercredi 18 mai de 16 heures jusqu’à minuit à Kongbo. Et on était transféré à Alindao chez le général Mahamat Amnza. A Alindao, le véhicule a été encore perquisitionné de nouveau. Ils ont fouillé à fond et on était mis en garde-à-vue pendant 48 heures, avant d’être transférés à Bambari pour être par la suite libérés par la Minusca. Voilà les fait qui se sont déroulés.

Effectivement, lorsque nous étions arrivés à Alindao, le Vice-président de l’ANE, Bernard Kpongaba était informé. Aussitôt, il a touché les instances. Et la Minusca a été saisie. Et les démarches ont été faites auprès du général de l’UPC, Ali Daras. Et c’était Ali Daras qui a intimé l’ordre de nous transférer sur Bambari. Et après, on était remis à la Minusca.

Mais, on n’était pas traité comme les gens pensaient. Notre vie était vraiment protégée par ces derniers. Mais ce qui nous a un peu gêné, c’est parce qu’on était fouillé, déshabillé à Alindao. Tout ce qui était sur nous comme téléphones, argent, étaient ramassés par le général Amnza. Mais comme le général, c’est un monsieur aussi honnête, il nous a restitué tous ces biens qu’ils nous ont dépouillés, à chaque personne. En ce qui me concerne, mes trois (3) téléphones m’ont été remis en présence de la Minusca à Bambari. Pour les autres, ils ont reçu tout cela à Alindao.

La valise contenait un sac où il y avait les documents administratifs de ce gendarme et les tenues : ça faisait six (6) tenues militaires complets du gendarme et les autres n’étaient pas des complets. Il y avait trois (3) paires de rangers, six (6) ceinturons. C’est ce qui a été déclaré au niveau de Kongbo.

Au niveau d’Alindao, cela n’était pas déclaré ainsi. Ils ont déclaré seulement six (6) complets de tenues militaires, et une seule paire de rangers, plus un « Santiago » qui n’était pas pour ce gendarme-là. Ils l’ont pris dans le sac d’un passager et on dit que c’est une paire d’officier. Et tous ces effets ont été répertoriés et transférés au niveau de Bambari. La Minusca les a récupérés et elle ne m’a remis rien que les documents administratifs du gendarme. Je les ai remis au groupement de la gendarmerie de Bambari. Après, j’ai été interviewé pour savoir, est-ce qu’il y avait eu des armes, des engins explosifs ? Non, rien n’a été retrouvé. Malheureusement à Alindao, ces ex-Séléka travaillent ensemble avec les gendarmes. Je ne sais pas, le service que le gendarme avait demandé, moi, j’étais ignorant qu’à l’intérieur de cette mallette se trouvaient des tenues. S’il me disait qu’il y avait des tenues, je ne prenais pas.

Mais, ce qui est inquiétant, je ne sais pas vraiment si les ex-Séléka vont cohabiter avec les gendarmes et les forces armés nationales. Vraiment, je ne sais pas, parce qu’ils étaient véreux quand ils avaient eu écho qu’il y avait un gendarme et sa femme à l’intérieur de mon véhicule. Ils m’ont coincé, par rapport à cela. Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de gendarme. C’est moi qui suis le porteur de cette valise et le commissionnaire se trouve à Bangassou. Je leur ai donné le numéro de téléphone de celui qui m’a donné la valise. Tout ça, ils ne voulaient pas me croire.

De retour, au niveau de Damara, je me suis croisé avec le gendarme. Il m’a entendu même à Damara. Il s’était beaucoup excusé. Lui, il pensait qu’il avait dit à sa sœur, à son départ d’enlever tout ce qui était tenues militaires dans la valise parce qu’elles avaient daté plus de trois (3) ans. Pour lui, ce n’était plus utilisable. Il fallait enlever tout ça et ne me remettre rien que la valise et les documents administratifs qui s’y trouvaient. Il s’était excusé auprès de moi et m’a dit qu’il m’a déjà tué. Je lui ai dit que cela  arrive et que c’est le service que je voulais lui rendre, tout en sachant que le pays est déjà pacifié, parce qu’il y a des gendarmes dans la zone des Séléka. Il y a des gendarmes à Ippy, Alindao, Bambari. Je n’ai pas compris pourquoi ils voulaient me faire des problèmes pour cette valise qui contenait des effets militaires.

Pour eux, ils ne visaient que l’argent. Quand ils ont vu les tenues, ils pensaient avoir gros que cela. Malheureusement, quand la hiérarchie a été saisie, tout de suite, la machine a été mise en marche. Et la MINUSCA aussi. Ils nous ont transférés à Bambari.

De Bambari, au lieu de rentrer par la grand-route, ils nous ont transités par la piste de l’élevage et on est sorti directement dans la zone rouge, d’Ali Daras. Curieusement, les Séléka qui nous ont accompagnés, étaient vraiment durs avec les autres. Ils leur ont dit que notre sécurité ne doit pas être menacée. Et ils sont allés voir Ali Daras. Ce dernier a avisé la MINUSCA et les Casques Bleus étaient venus nous attendre. Et après la MINUSCA nous a récupérés entre leurs mains et nous ont logés dans leur site. Et c’est comme ça qu’on a bénéficié d’une escorte de la MINUSCA, de Bambari à Grimari. On nous a dit d’attendre l’escorte de Grimari-Sibut. Mais, vu le retard que nous avons accusé, on s’est dit qu’on ne pouvait vraiment l’attendre. Nous avons foncé toute la nuit pour arriver à Bangui, le dimanche 22 Mai ».

 

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