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ASSASSINAT DU CHAUFFEUR DE MSF : 03 MINISTRES DOIVENT DEMISSIONNER AU NOM SACRE DE LA RUPTURE

juin 3, 2016

03 ministresLe chauffeur de MSF Hollande a été assassiné le 18 mai 2016. Aucune réaction, aucune déclaration pour condamner fermement cet acte odieux. Ce silence du gouvernement est aujourd’hui lourd de conséquence. Le Directeur Général de MSF a quitté la Hollande pour venir exprimer son exaspération devant une telle désinvolture, une telle indifférence, une démission gouvernementale devant ses responsabilités régaliennes. Le Directeur Général de MSF Hollande a rencontré le Chef de l’Etat pour relever cet aspect. Ce 1er  juin 2016, il a rencontré en audience le Premier Ministre Sarandji pour souligner ce manquement grave des autorités centrafricaines. Sur ces entrefaites, le Premier ministre s’est vu obliger de faire une déclaration pour condamner cet assassinat crapuleux du chauffeur de MSF Hollande. Il vaut mieux tard que jamais.

LES MINISTRES NE SONT RESPONSABLES DE RIEN.

MSF est la plus importante ONG Internationale Humanitaire dans le domaine de la santé. Sans elle, on ne saurait dans quel état serait la population centrafricaine, ces combattants blessés, mutilés, brûlés, les victimes de viols, les femmes enceintes, les enfants victimes du paludisme et des affrontements, des balles perdues, des explosifs et la liste est longue. Les départements ministériels les plus concernés sont : le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire ; le ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de population de la lutte contre le SIDA ; le ministère des Affaires Sociales et de la Réconciliation Nationale assurant la tutelle des ONG Humanitaires internationales. Aucun de ces trois (3) ministères n’a daigné condamner cet assassinat. C’est un silence de cimetière, une indifférence insultante pour MSF, dont le Directeur Général est obligé de venir demander des comptes au gouvernement. Aucun ministre ne prend ses responsabilités. Même la poubelle arrive au Chef de l’Etat et au Premier Ministre. Des affaires de cuisine, de cabarets de marche aux puces, remontent jusqu’au Premier Ministre et au Chef de l’Etat. La culture d’homme d’Etat est quasi inexistante. La fuite des responsabilités est cruciale au sein des différents gouvernements.

LA RUPTURE

Touadéra et Sarandji doivent nous dire à quand la véritable rupture qu’ils ont prônée. Ces trois (3) ministres se sont comportés exactement comme les médiocres et bras cassés qui ont conduit la transition. Qu’on tue, qu’on décime la population, qu’on incendie des maisons et des villages, qu’on abatte froidement X et Y, cela ne fait ni chaud, ni froid, c’est l’indifférence de marbre. Kamoun observait le quartier Kina en flamme depuis la fenêtre du cinquième étage de la Primature, sans bouger d’un pouce. Cette attitude était uniforme depuis Catherine Samba-Panza, le Conseil National de Transition, le premier ministre Kamoun et tout le gouvernement. La paroisse Notre Dame de Fatima, l’évêché Saint Joseph de Bambari ont vécu un massacre, un carnage, un bain de sang indescriptible et inqualifiable. Aucune réaction de condamnation n’a suivi ces horreurs. Pour ces trois ministres, c’est un minable chauffeur, un pauvre type qui ne mérite pas tant de peines. Le paradoxe est ahurissant car le Directeur Général de MSF a quitté le Pays-Bas (Hollande) pour Bangui à cause de l’assassinat d’un chauffeur, un personnel utile, un être humain qui compte pour MSF au même titre que n’importe quel personnel de  MSF, domestique, médecin, brancardier et autres.

LA DEMISSION

Les ministres de la Sécurité, de la Santé Publique et des Affaires Sociales doivent démissionner du gouvernement au nom sacré de la  rupture. Ce n’est pas le statu quo, ni la continuité, mais une rupture avec le passé. Les Chefs de Services, les Directeurs Généraux, enfin les ministres, personne ne veut prendre ses responsabilités devant l’histoire. Les affaires de poulets crevés arrivent au Chef de l’Etat, donc tout remonte au sommet, alors que les Chefs de Service, les Directeurs Généraux, les Ministres peuvent traiter plusieurs affaires. Un chien écrasé, l’affaire arrive au président de la République. Des disputes de quartier, c’est le chef de l’Etat qui tranche, tout autant que le vol d’un biscuit, d’une allumette, d’un œuf, ça alors ! Que devient la portion de pouvoir du chef de service, du directeur, du directeur général, du ministre ? Depuis le 18 mai 2016, il fallait attendre le 1er  juin, après la rencontre de MSF avec le premier ministre Sarandji, pour que ce dernier réagisse en lieu et place de ces trois (3) ministres. Il y a incompétence, irresponsabilité, voire la démission devant ses responsabilités. Et pourtant, la population est très positive, accrochée à MSF. Tout va aux Chefs, là-haut, et aucun ministre n’est concerné, ni responsable. C’est une bavure retentissante.

LES HUMANITAIRES

Ce qui est valable pour MSF Hollande, est valable pour toutes les ONG Humanitaires Internationales. La démarcation entre les piètres prestations des ministres de la transition et ceux de la rupture n’est pas encore visible. Touadéra et Sarandji ont du pain sur la planche, car obligés d’être au four et moulin à la fois. Il faut d’urgence un séminaire gouvernemental pour recadrer les ministres dans leur fonction, les pouvoirs qui leur sont conférés, les attributs. Faut-il aussi disséquer  le concept de rupture, la culture d’homme d’Etat et la responsabilité ? Même les pays développés organisent un séminaire gouvernemental à l’intention des ministres. Cela permet d’actualiser, de redynamiser, de moderniser l’Action gouvernementale. La différence entre une transition et un gouvernement revêtu de la légitimité populaire et l’obligation de rendre compte, de réagir à temps réel aux évènements.

Personne en Centrafrique ne saurait minimiser, voire sous-estimer le rôle combien vital, joué par les Humanitaires depuis le début de la crise à ce jour. Les Médecins sans Frontières (MSF), toutes nationalités confondues, l’ont été encore davantage. Ils se sont substitués totalement au ministère de la Santé Publique. Sous le soleil, sous la pluie, de nuit comme de jour, sous les feux des affrontements, qu’il fasse chaud ou froid, ils sont là, parce qu’il y a un chauffeur pour  les faire déplacer d’un centre à un autre. Les blessés, les viols, toutes les dispositions sont prises pour les soigner. Un dépôt pharmaceutique de MSF à Bangui, sous les yeux de Catherine Samba-Panza, a été totalement vandalisé. Le docteur Ngodi du Complexe Pédiatrique, n’avait que les yeux pour faire face à ces patients, privés de médicaments. Un acte hautement inhumain, mais les autorités du pays à l’époque sont demeurées indifférentes. Pour le chauffeur de MSF assassiné, c’en était de trop et gravissime pour qu’un gouvernement croise les bras et laisse faire, laisse passer. Que pensera la coordination des Humanitaires en Centrafrique ? Les gouvernants peuvent-ils être ingrats jusqu’à ce point ? Que le gouvernement reflète la stature d’homme d’Etat en toute circonstance. La solidarité n’est pas à sens unique, c’est une réciprocité. Les Humanitaires ne doivent pas se sentir jetés en pâture aux malfrats de tous bords. L’autorité de l’Etat doit s’exercer et s’affirmer pour le bien de tous, Humanitaires et l’ensemble du peuple centrafricain. Démissionnez seulement.

Julien BELA  

 

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