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EDUCATION, DROITS ET RESPONSABILITES !

juin 3, 2016

Adopter une démarche qui repose sur les Droits de l’Homme peut faire en sorte que toutes les filles soient instruites. Cela signifie que la Communauté internationale doit résoudre le problème de la discrimination sexuelle. « Tout le monde m’a dit de ne pas envoyer mes enfants à l’école, et surtout pas les filles », affirme Albert Pobandji avant d’ajouter qu’ils « m’ont conseillé de n’inscrire que les garçons les plus jeunes. Les plus âgés doivent m’aider aux champs, car je suis vieux ». Les répercussions de la non-scolarisation sont plus graves pour les filles que les garçons et elles touchent la génération suivante de garçons comme de filles. Instruites ou non, les filles sont plus exposées que les garçons au VIH/Sida, à l’exploitation sexuelle et à la traite d’enfants.

Pour les enfants dépourvus des connaissances et des compétences pratiques essentielles que l’école peut fournir, ces risques sont décuplés. Il s’ensuit que l’école représente pour les filles et leur famille une multiplicité de garanties et que la non scolarisation implique l’exposition à des risques multiples. Pourquoi les filles sont-elles systématiquement empêchées d’aller à l’école, les femmes exclues d’activités politiques et certains pays distancés par d’autres dont leur développement est plus dynamique ? L’éducation est trop souvent considérée non comme un droit appartenant à chaque enfant, mais simplement comme une « bonne chose » pour la plupart des enfants. Par conséquent, un pays jugera souhaitable de scolariser autant d’enfants que ses finances le lui permettent, mais il ne se sentira pas tenu de mobiliser les ressources nécessaires pour que tous les enfants puissent recevoir une éducation de qualité et mener à terme leur scolarité. Souvent, les parents ne se rendent pas compte qu’il incombe au gouvernement de mettre l’instruction à la disposition de tous les enfants et ils jugent, pour une raison ou pour une autre, que si leurs enfants ne vont pas à l’école, c’est de leur faute. Il est rare qu’ils exigent du gouvernement de remplir cette obligation fondamentale envers les plus jeunes de ses citoyens.

L’éducation fait les frais des pressions concurrentes s’exerçant sur les ressources publiques et la volonté politique. En période de compressions budgétaires ou de crises sociales, comme celles que provoquent le VIH/Sida et les bouleversements qui accompagnent les conflits violents ou les catastrophes naturelles, il est facile de sacrifier l’éducation de certains enfants. Et la discrimination fondée sur le sexe, tenace et pourtant souvent imperceptible, omniprésente dans la plupart des sociétés, fait que, lorsque les temps sont difficiles, ce sont les filles que l’on sacrifie en premier : ce sont les dernières inscrites à l’école et les premières à en être retirées. Les principes relatifs aux Droits de l’Homme n’ont pas été incorporés dans les programmes de développement économique, et l’objectif du développement, le bien être de l’homme, non les résultats économiques ont été perdus de vue. Les personnes qui sont les plus marginalisées, les femmes, les filles et les pauvres sont également les plus pénalisées.

Consignée nulle part, cette forme de discrimination laisse les droits des marginalisées bien éloignés des préoccupations des responsables du développement. En outre, la contribution que les femmes instruites peuvent apporter au développement d’un pays quel qu’il soit est encore loin d’être admise de tous. En dépit des preuves scientifiques, les milieux chargés d’élaborer les politiques voient rarement dans l’instruction des filles un moyen de garantir le progrès social. En conséquence, l’investissement dans l’éducation des filles est souvent laissé de côté dans la négociation des décisions budgétaires. Soixante cinq (65) millions des filles ne peuvent pas exercer leurs droits et les Objectifs du Développement Durable risquent de ne pas laisser se prolonger pareille situation. Mais le changement, qui doit s’opérer à de multiples niveaux, ne sera pas obtenu en lançant simplement des campagnes en faveur de la scolarisation des filles.

Pour éliminer les obstacles qui empêchent ces dernières d’accéder à l’éducation, de réussir à l’école et de terminer leurs études, les sociétés dans lesquelles elles vivent devront prendre en charge des facteurs qui sont essentiels pour la qualité de la vie de l’ensemble de la collectivité. L’éducation des filles est si inextricablement liée aux autres dimensions du développement humain qu’elle ne peut devenir une priorité que si l’on introduit le changement sur d’autres fronts : depuis la santé et la condition de la femme jusqu’aux soins aux jeunes enfants, depuis la nutrition, l’approvisionnement en eau et l’assainissement jusqu’au renforcement des moyens d’action des communautés locales, depuis la réduction du travail des enfants et d’autres formes d’exploitation jusqu’au règlement pacifique des conflits.

Signalons que l’éducation est essentielle dans les situations d’urgence, à la suite d’un catastrophe ou lorsqu’un pays est plongé dans une situation de conflit, car elle offre un élément de stabilité dans la vie des filles et des garçons et aide les familles à se rétablir et à aller de l’avant.

 

Prudence YAMETE

 

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