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« NOUS NE PERMETTRONS JAMAIS A UN GROUPE ARME … DE DESTABILISER LES INSTITUTIONS », DIXIT ONANGA-ANYANGA. QU’EN ETAIT-IL DE LA LIGNE ROUGE A DAMARA ?

juin 3, 2016

La RCA est un objet de risée pour les puissances de ce monde. Tout le monde se moque éperdument d’elle. C’est le cas récent du patron de la MINUSCA, le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga, lors de sa conférence de presse du mercredi 1er juin 2016. « Nous ne permettrons jamais à un groupe armé de prendre les armes pour marcher sur Bangui afin de déstabiliser les institutions mises en place », a martelé ce haut responsable onusien à Bangui. Se moque-t-il du peuple centrafricain ? Se souvient-il de la « ligne rouge », entretemps à Damara ?

Il convient de souligner au patron de la MINUSCA que les Casques Bleus ont pour mission de protéger les populations civiles d’abord et ensuite les institutions de la République. Après vingt-trois (23) mois de prise de fonction, qu’est ce qui a réellement changé dans le vécu des Centrafricains ? Les têtes tombent et continuent de tomber. Les populations civiles qui doivent être protégées meurent comme des mouches sous la barbe des soldats onusiens. Ce ne sont pas les villes de Bambari, Mobaye Kaga-Bandoro, Mbrés, Bouca, Paoua, Markounda, Boda, Zangba… qui nous démentiront. Les Casques Bleus tremblent, dédallent devant ces groupes armés comme un lapin qui est poursuivi par un chien. Du temps du général Babacar Gaye, c’était la même chose. Onanga-Anyanga est venu, c’est toujours la même chose. Les attaques des musulmans drogués du Km5, le 26 septembre, dans le 5ème arrondissement de la ville de Bangui et celles du 29 octobre 2015 dans le 3ème et 6ème arrondissements sont des preuves palpables. Qu’a fait réellement la MINUSCA pour arrêter les tueries, les massacres, les incendies des maisons d’autrui, des édifices publics, des lieux des cultes ?

En 2013, la Séléka, dans leur marche sur Bangui, a été stoppée à Damara par la force de la Micopax qui deviendra par la suite, la MISCA. Une « ligne rouge » fut tracée. A-t-elle duré combien de temps ? Que s’était-il réellement passé pour que la Séléka franchisse cette fameuse « ligne rouge » pour renverser le régime du président Général François Bozizé-Yangouvonda, le 24 mars 2013 ? Les forces étrangères telles que les Casques Bleus de la MINUSCA n’avaient-elles pas pris positions sur cette « ligne rouge » ?

Elle avait finalement tombé comme le « Mur de Berlin », si nos mémoires sont bonnes. Nous vivons aujourd’hui les conséquences de ces manipulations, ces moqueries, ces farces de mauvais goût. En outre, dans le même ordre d’idée de Parfait Onanga-Anyanga, l’ambassadeur de France à Bangui, Charles Malinas a lancé une mise en garde contre les groupes armés qui tenteront de commettre des exactions sur les populations civiles et de remettre en cause l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Où en sommes-nous aujourd’hui avec cette mise en garde quand les populations continuent d’être massacrées et le redéploiement de l’autorité de l’Etat mis en mal par les groupes armés ? Tantôt c’est la « mise en garde », tantôt « nous ne permettrons jamais… » et « ville sans arme », mais rien n’a bougé d’un iota. Les combattants des groupes armés sont toujours là avec leurs armes, et agissent comme bon leur semble. Toutes les mesures prises par ces hautes personnalités demeurent toujours lettres mortes. Les rebelles font fi de cela et ne sont nullement inquiétés, ni par Onanga-Anyanga avec ses Casques Bleus, ni par Charles Malinas à travers les militaires français de l’Opération Sangaris. Devant cette situation chaotique que vit le peuple centrafricain où il n’y a ni queue, ni tête, peut-on croire à de tels propos ?

Nous osons croire que les Centrafricains ne sont plus dupes comme les gens en pensent. Ils sont déjà mûrs. Ce ne sont pas des discours, des propos fallacieux qui les intéressent. Ils  veulent que les dires des uns et des autres soient suivis des faits. Si les combattants des groupes armés détiennent encore des armes par devers eux, ils sont capables de tout. Comment la Séléka a-t-elle franchi la « linge rouge » ? Si certains groupes armés dissidents de la Séléka tissent des alliances et se regroupent petit à petit maintenant, il ne fait aucun doute qu’ils ont une petite idée derrière la tête, celle de marcher sur Bangui et de déstabiliser les institutions mises en place, ce que les Centrafricains ne souhaitent pas. Car ils ont trop souffert.

Parfait Onanga-Anyanga, pour joindre l’acte à la parole, doit agir vite afin qu’il ne soit trop tard, comme ce fut pour la « ligne rouge » à Damara.  Les Centrafricains se sont mobilisés massivement sous la pluie, la chaleur, les grenades, les bombes, les détonations d’armes. Il est hors de question que leurs efforts ne soient remis en cause par un quelconque groupe armé. Que les propos de Parfait Onanga-Anyanga ne soient pas des moqueries, des fables, des farces mais des actes concrets.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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