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L’Editorial de Julien BELA : Une guerre silencieuse

juin 17, 2016

 N°2243 du vendredi 17 juin 2016La mort du président fondateur de la République Centrafricaine, n’est pas le fait du hasard. Le professeur Abel Goumba, médecin de son état, paix à son âme, n’a jamais accédé à la Magistrature Suprême du pays, bien que patriote à fleur de peau. Pour réussir cette guerre feutrée et savamment orchestrée depuis l’indépendance par la France, le colonisateur a mis en place une politique de déstabilisation du système éducatif. Boganda, Abel Goumba, intellectuels aguerris des premières heures, ont été systématiquement combattus. Le colonisateur ne voulait d’un colonisé plus intelligent, plus visionnaire et en avance sur son temps. Il fallait l’éliminer par tous les moyens.

Les colons ont soutenu David Dacko pour éloigner Goumba du pouvoir. Ils ont parfaitement réussi. Quelques années plus tard, ce sont les coopérants français qui se sont retirés de la RCA. C’est l’effondrement du système éducatif centrafricain. Conséquences logiques, les coups d’Etat sur coups d’Etat, crises sur crises, dont la dernière que nous vivons, a été apocalyptique. La France a réussi ingénieusement à cultiver et à entretenir une ignorance océanique. Un peuple à 90% analphabète, ignorant, qui regarde sans voir, qui marche sans avancer. Des dirigeants corrompus jusqu’aux os, analphabètes politiques, véritables cohortes de Doungourou, valets hors hiérarchie  du colonisateur. Et la France joue méthodiquement le borgne parmi les aveugles. Les vrais intellectuels qui ont la tête sur les épaules sont marginalisés, écartés du pouvoir, traités d’anti-français, de communistes, de traitres, bref de tout. Les leaders politiques valets ne jurent que par la France et non sur le tombeau de Boganda. La réaction du Parti Socialiste durant les élections de 2015 – 2016, démontre à suffisance le « déculottage » de certains hommes politiques. Un peuple ignorant intellectuellement mort, sans perspective, s’entretue pour un morceau de pain, une portion de terre, une grenouille. La France fait grossir un petit problème pour qu’il devienne insolvable, un sujet de guerre, de déchirement, de division, de génocide. Parce que la France maitrise le niveau du système éducatif du pays et le degré d’instruction de ces cadres, civils et militaires confondus. La France peut embraser le pays à sa guise, parce qu’elle peut miroiter tel ou tel argument à un groupe armé pour le pousser contre tel ou tel camp. Les acteurs centrafricains, n’ayant aucun niveau d’instruction, prennent tout ce qui brille pour de l’or.

Avec l’élection de Faustin-Archange Touadéra par le peuple centrafricain, contre le gré ou le choix de la France, on ne sait pas de quoi sera fait le demain de la RCA. Il faut cinquante (50) ans pour redresser le système éducatif. C’est le gros, le plus vaste et le plus lourd chantier de Touadéra. Eduquer, former, reformer, bêcher, sarcler la matière grise des Centrafricains pour qu’ils sortent de la culture de destruction, de l’ignorance pire que la mort, du statut d’argile malléable à souhait, selon les caprices de la France. Les Centrafricains ne seront plus que de simples habitants d’un terroir, mais des citoyens éclairés, acteurs de leur propre développement.

  

Julien BELA

 

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