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L’Editorial de Julien BELA :REGAIN DE VIOLENCE  

juin 20, 2016

 Encore un chauffeur de MSF assassiné sur l’axe Sibut-Grimari par les bandes armées. La RCA est privée de son armée. Sur le terrain, ce sont les forces onusiennes, la Minusca. La protection de la population civile, épicentre du mandat de la Minusca, ne tient plus la route. Il ne se passe plus un seul jour où des têtes tombent sur l’axe Sibut-Grimari, à Bambari, à Kaga-Bandoro, à Batangafo, à Kabo, à Paoua, à Ngaoundaye. Dans le lot des victimes, il y a le personnel des humanitaires qui paie un lourd tribut. La Minusca a presque tout pour intervenir en temps réel, hélicoptères, véhicules, tanks, pour ne citer que ces quelques engins. Malheureusement, les jours passent et se ressemblent, avec leur cortège funèbre au quotidien.

La situation des humanitaires, leur sécurité et leur liberté d’action sont d’autant plus préoccupantes. Sans chauffeur, les MSF sont paralysés et ne peuvent atteindre les populations civiles dans les zones reculées. Faut-il abandonner ces populations à leur triste sort ? Ce sera une catastrophe humanitaire retentissante. Les bandes armées ne sont pas des extraterrestres, des monstres des marins, encore moins des fantômes maléfiques. Ce sont des êtres humains comme tout le monde. Les mots ne suffisent pas pour qualifier de tels comportements barbares, criminels, une pure négation du mode de vie humaine. Ces damnés de la terre, une fois blessés, sont transférés dans les infrastructures sanitaires de ces mêmes MSF pour être soignés. Il est donc difficile de comprendre la logique des bandes armées de s’en prendre aux humanitaires, le dernier rempart à la vie. Mieux encore, il faut un chauffeur pour les transporter dans un centre sanitaire. Même les animaux témoignent de la reconnaissance à leur manière, à ceux qui leur font du bien, leur sauvent la vie, prennent soin d’eux, à plus forte raison un être humain doué de raison et de bon sens.

Plusieurs personnes, tant civiles que combattantes, ont perdu des membres, soit des bras, des pieds, mais ils sont en vie grâce à la détermination et aux sacrifices des humanitaires. Les victimes des viols retrouvent le goût de la vie grâce aux humanitaires. Les fous, les détraqués mentaux n’osent pas s’attaquer à tout ce qui bouge, encore moins aux humanitaires. Que dire de ces bandits de grand chemin qui n’hésitent pas à scier la branche sur laquelle ils sont assis ? Cela dépasse les limites de l’entendement humain. La RCA est le pays de « Zo Kwè Zo », ce qui rime parfaitement avec les missions des humanitaires sur le terrain. Un blessé est un blessé, il faut le soigner, qui soit civil, un combattant.

Ceux qui s’attaquent aux humanitaires ne sont que de purs excréments de l’enfer, des tarés, des ratés. Tôt où tard, ils seront rattrapés par leurs actes et en cueilleront les fruits amers.

  

Julien BELA

 

 

 

 

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