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CENTRAFRIQUE : UN ETAT LAIC OU UNE CIVILISATION ISLAMIQUE, IL FAUT COMMUNIQUER SUR LE SUJET.

juillet 8, 2016

 

La journée du mercredi 06 juillet 2016, date de la fin du ramadan, était déclarée, jour férié et non payé sur toute l’étendue du territoire national. C’était à travers un arrêté pris par le ministre de la Fonction Publique, de la Modernisation de l’Administration du Travail, de l’Emploi et de la Protection Sociale, Abdoulaye Moussa. Cette décision est intervenue après celle prise par le gouvernement de transition de Mahamat Kamoun, l’année dernière. Et les Centrafricains se posent la question aujourd’hui de savoir, la République centrafricaine est-elle un Etat laïc ou à la civilisation islamique ?

Mais tout ce que nous savons à l’heure actuelle, il est dit dans la nouvelle constitution du 30 mars 2016 que la RCA est un Etat laïc. La journée du mercredi 06 juillet, déclarée fériée fait suite à la demande des organisations musulmanes exigeant du gouvernement un décret consacrant la fête du ramadan jour férié. A ce sujet, en voici les propos de Aboubakar Modjodo, président de l’Association SOS, victimes musulmanes de Centrafrique, « Nous demandons que le gouvernement instaure cette fête. Il ne reste qu’à prendre un décret pour concrétiser les deux (2) fêtes (Ramadan et Tabaski). Si on nous concrétise ces deux (2) fêtes, nous supposons qu’il y a déjà la paix ». Donc, selon le président de cette Association, le fait d’instaurer ces deux (2) fêtes légales, est synonyme de paix. Mais attendons de voir si la paix reviendra définitivement en Centrafrique après la fin du ramadan car leur exigence est prise en compte par le gouvernement.

Mais ce que nos compatriotes oublient le plus souvent, c’est que le président de la République ne peut se lever un de ces quatre (4) matins pour prendre un décret instituant une fête, telle que le ramadan ou tabaski, comme fêtes légales. Il faut déposer un projet de loi à l’Assemblée Nationale. Les députés siégeant en session ordinaire ou extraordinaire en débattent. Après avoir passé en peigne fin ce projet de loi, ils procèdent au vote. Si la majorité se dégage pour le projet de loi, celui-ci est donc voté. Ce n’est qu’après l’adoption par l’Assemblée Nationale que le président de la République, chef de l’Etat, prend un décret pour traduire ce projet de loi en lois de la République. Sur ce, un membre du Comité de Suivi du Forum National de Bangui (CSFNB) a bien indiqué, nous citons, « les fêtes légales sont du domaine de la loi et non le ressort d’un décret ». Nous osons croire qu’il a raison. Le président de la République ne peut prendre un décret à son niveau sans que les élus de la nation se penchent sur ces deux fêtes musulmanes car cela touche l’intérêt national et non d’une communauté.

Il est certes vrai que lors du Forum National de Bangui (FNB), une recommandation a été faite à ce sujet. Mais il n’appartient pas au chef de l’Etat de prendre un décret à son niveau instituant les deux (2) fêtes légales. C’est du domaine du législatif. Une fois que les députés auraient fait leur travail, c’est là que l’Exécutif intervient. Et ceci doit être compris par tous les Centrafricains. Plusieurs recommandations ont été écrites noir sur blanc. D’autres relèvent du domaine des députés pour les rendre viables. Certaines sont de la compétence de l’Exécutif. Pourquoi, certains compatriotes veulent aller très vite en besogne ? Et si aujourd’hui, les adeptes de la Foi Bahaï, de Kibango et autres exigent du gouvernement d’instaurer parmi les fêtes légales en Centrafrique leurs fêtes religieuses, allons-nous sortir dans ce pétrin ? Nous ne le pensons pas.

Savez-vous que, pour un jour férié, combien de milliards sont partis en fumée ? Combien l’Etat en perd ? Et combien les entreprises, les sociétés d’Etat et paraétatiques en perdent aussi ? Au lieu de travailler dur pour hisser la RCA au même diapason que les autres, nous nous bornons dans des considérations religieuses qui ne profitent à personne et qui ne font pas avancer le pays. Qui dit Etat laïc, dit principe de la séparation de la société civile et de la société religieuse. Donc, l’Etat ne peut s’ingérer dans telle ou telle religion et vice versa. L’Etat n’intervient que, si telle ou telle religion ne se conforme pas aux lois en vigueur. Il a le pouvoir d’interdire à tous les adeptes d’une dénomination religieuse de se rassembler pour un culte au cas où il constate que quelque chose ne va pas.

Donc aucune religion en Centrafrique n’est dite « religion d’Etat ». Toutes les religions sont sur les mêmes pieds d’égalité car la RCA est un Etat laïc, un point un trait.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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