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TRANSPORT EN COMMUN : VERITABLE MELANGE DES PEDALES DANS  LA LIBRE CIRCULATION DES BIENS ET DES PERSONNES

juillet 26, 2016

Il existe plusieurs motifs ou raisons qui motivent bon nombre de personnes à se déplacer, soit à l’intérieur du pays, soit en dehors de nos frontières, autrement dit à l’étranger. On peut citer les trois (3) principaux moyens de transport les plus usités en Centrafrique : les moyens de transport par voie fluviale (bateau, pirogue, baleinière…) ; par voie aérienne ; et par voie terrestre. Et faute de moyens de déplacement, certains individus se déplacent pour la plupart du temps à pied, communément appelé « taxi n°00 » ou encore le « Kpama » en langue nationale le Sango. Et même pour évacuer les bagages, le moyen souvent utilisé est le pousse-pousse, ce qui constitue en quelque sorte un quatrième moyen de transport. Aussi, les raisons qui motivent les gens à être en perpétuel déplacement sont nombreuses, à savoir : les affaires ou le commerce ; les études ; l’envie de découvrir le monde ou l’aventure ; l’exil politique ; les évacuations sanitaires et nous en passons. Cela est conforme au principe de la libre circulation des personnes et des biens contenu dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et inséré dans la Constitution centrafricaine.

Mais, il est à relever que le transport des êtres humains est à distinguer du transport des bagages, puisqu’il y a des textes règlementaires en la matière. Or, force est cependant de constater qu’en RCA, l’être humain qui est une créature si merveilleuse aux yeux de son créateur Dieu, est assimilé au bagage ou à une simple marchandise. Il suffit tout simplement d’effectuer un voyage dans autres villes de provinces et dans les zones rurales pour se rendre compte de la triste réalité. Souvent, les véhicules destinés au transport des sacs de manioc, de maïs, d’arachide, de mil, de sésame, d’haricot et autres, servent en même temps à transporter des personnes. Les passagers s’accrochent soit aux cordes qui servent à attacher la bâche et les bagages, soit à la carrosserie en ayant une jambe dedans et une autre dehors. Notons que ces passagers constitués en grande majorité des jeunes femmes et jeunes hommes qui cherchent à éviter le chômage, en se lançant dans le commerce, y trouvent leur plaisir sans pour autant mesurer l’ampleur des risques qu’ils prennent. Il en est de même des Centrafricains et Centrafricaines qui vont à Douala au Cameroun pour acheter les produits manufacturés. A cause de la carence des moyens de transports adéquats, ces commerçants qui sont encouragés ailleurs, sont obligés de grimper sur les CBH ayant transporté des sacs de ciment, de farine, d’oignon, d’ail, des fers à béton, des fûts d’huile à moteur ou tous autres objets dangereux pour la santé. Ils sont parfois contraints de prendre des camions-citernes pour rattraper le temps perdu. Mais qu’en est-il en fin de compte ?

Certes, la plupart des conducteurs de ces véhicules manquent de maîtrise au volant pour la simple raison que bon nombre d’entre eux disposent de faux permis de conduire. Ce qui est à l’origine de nombreux cas d’accidents de circulation routière enregistrés momentanément sur les routes nationales n°1, 2 et 3 et sur les pistes rurales qui n’ont fait l’objet d’aucun travail de réhabilitation, depuis plus de deux (2) décennies. De même, l’implantation des motos taxis qui sert d’un moyen courant de transport urbain ou rural, n’a pas pu répondre aux attentes des citadins et des ruraux vivant en terre centrafricaine.

Par conséquent, les récents cas d’accidents de circulation routière en date, est celui qui a eu lieu le samedi 16 juillet 2016 sur l’axe Ippy-Bria, et qui a fait une vingtaine de morts et une dizaine de blessés.

En effet, selon les informations concordantes qui nous sont parvenues du lieu dudit accident, « comme l’axe Bangui-Bria est dans l’insécurité, le gouvernement centrafricain organise des voyages sur certains axes en convoi. C’est ainsi que les gens ont quitté Bangui le mercredi, arrivés à Bambari, le chauffeur a changé de direction pour partir à Ngakobo, là où l’on trouve l’usine SUCAF. Ceux qui partent pour Bria ne voulaient pas l’attendre dans les 72 heures qui suivent, ont souhaité récupérer une partie de leurs frais de transport, et  payer un autre camion plein des sacs de ciment. En dépassant la ville d’Ippy, à 10 kilomètres sur une colline, le véhicule a fait marche en arrière et s’est renversé ». Signalons que cet accident est loin d’être une panne au niveau du moteur, car c’est un camion tout neuf. Il s’agit là d’un cas particulier parmi tant d’autres. De ce fait, cet évènement triste et malheureux fait de la ville de Bria qui était la « scintillante », une ville morte. Il est à noter que les victimes, sont des autochtones de la Haute-Kotto. Cela augmente le nombre des veuves, des veufs, des orphelins, voire des infirmes. Du reste, sous d’autres cieux, il est strictement interdit d’utiliser un véhicule de transport des marchandises, pour transporter des personnes, à l’instar du Cameroun, pays voisin à la RCA, qui est d’autant plus édifiant dans ce domaine.

En terme clair, il est du devoir et de la responsabilité des pouvoirs publics qui viennent à peine de prendre le train en marche, de mettre en place des mesures appropriées pouvant contraindre les transporteurs à respecter les textes régissant le secteur de transport en République Centrafricaine. Ceci dans le seul souci de réduire les multiples cas d’accidents de circulation routière enregistrés ces derniers temps, au jour le jour. Nous proposons aux nouveaux dirigeants de déployer des efforts pendant leur mandat pour bitumer au moins cent (100) kilomètres, afin de servir d’exemple, dans l’intérêt de la génération montante centrafricaine. Le pays de Boganda, cesse de perdre de vaillants et valeureux fils et filles qui sont les véritables moteurs de son développement socio-économique et culturel.

 

Urbain BAÏTI

 

 

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