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ENERCA : LA VILLE DE BANGUI SOMBRE DANS LE NOIR ET LA SERIE NOIRE SE POURSUIT, AU POINT QU’ON S’ATTEND A LA FERMETURE PURE ET SIMPLE  

juillet 27, 2016

 Un pan très important de la ville de Bangui est plongé dans l’obscurité absolue. Curieusement, la série noire se poursuit au Centre ville, au cœur de la capitale centrafricaine. Tout semble aller très mal, voire de mal en pis. Certains secteurs de la ville de Bangui, Fatima à titre d’exemple, sont des abonnés de l’obscurité, le royaume de Satan. Les habitants de ces secteurs ont oublié ce qu’on appelle électricité et vivent comme dans le bon vieux temps d’un pandémonium. C’est le lot au quotidien des Banguissois. Bangui s’est transformée en ville d’agressivité sonore. Le ronflement des groupes électrogènes brise le calme des travailleurs au Centre ville.

Autant nous reconnaissons les compétences des techniciens, autant nous déplorons une gestion hasardeuse, sans vision, ni prévision, encore moins une projection. Chaque jour qui passe, l’Enerca s’enfonce de plus en plus dans le noir. Les interrogations des consommateurs fusent de partout. Qu’allons-nous à cette allure là ? N’est-ce pas l’apocalypse à l’Enerca ? Les pannes, Dieu seul sait combien il y en a par jour. Seulement, les réparations ne semblent préoccuper outre mesure. Elles trainent aussi que possible. Sous d’autres cieux, les pannes se réparent dans les minutes qui suivent, car le consommateur est roi. Quand la consommation est en veilleuse aussi longtemps que possible, ce sont des millions qui échappent à la caisse. C’est un cercle vicieux dans lequel l’Enerca s’embourbe. Les difficultés financières s’enchaînent, les dettes s’amoncellent, c’est la spirale des incertitudes. Qui fait quoi, nul ne le sait. Depuis des années, aucun Directeur général n’a réussi à mettre l’Enerca hors du cyclone. Les Directeurs généraux sont pires les uns que les autres. Les nominations n’ont pas une base saine, soit teintées de tribalisme, de régionalisme, de clientélisme. Les Directeurs généraux ne sont pas nommés avec les feuilles de route. C’est une gestion hasardeuse puisqu’ils ont la caution politique, la protection nécessaire, c’est l’éternel train-train de tous les jours. Aucun plan de gestion à court, moyen et long terme. Des bois commandés à un prix fort qui pourrissent et tombent sur les cranes des gens, soit cèdent sous les poids des techniciens qui les grimpent et c’est le pire qui arrive. Des compteurs inappropriés sont stockés dans la musée des mauvaises commandes, sans qu’il y ait des poursuites judiciaires pour réparation. Les transformateurs explosent les uns après les autres sous l’effet des surcharges, des branchements illicites et autres. Depuis plus de quarante (40) ans, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

La masse salariale est asphyxiante pour une petite boite comme l’Enerca. Plus de huit cent (800) personnes, pour quel rendement ? Si un Directeur Général n’est pas capable de percevoir le goulot d’étranglement de son entreprise, a-t-il réellement sa place à ce poste ? Avec autant d’ouvriers, l’Enerca traîne des casseroles techniques. Le déficit d’efficacité est si criant, si visible comme avec des lunettes en carton ou en ébène. Un effectif pléthorique pour moins d’un milligramme d’efficacité, il n’y a qu’en RCA que des situations pareilles n’émeuvent personne, encore moins les hauts responsables de tutelle. Les recrutements sur des bases ethnico-politiques ont plombé l’Enerca qui tourne en rond entre les transformateurs qui explosent, les pannes dues aux branchements illicites dans toute la ville et un personnel en surnombre, payé à ne rien faire.

Les techniciens qui tiennent l’Enerca au bout des ongles pour éviter le naufrage collectif, sont bien connus. Leur compétence ne fait l’ombre d’aucun doute. La grande majorité est constituée de bouche supplémentaire inutile, mais malheureusement, hautement budgétivore. L’Enerca n’est que la pomme de main de la presse depuis plusieurs décennies. Plus la presse en parle, plus les choses se dégradent, s’empirent et font craindre le pire. Bien gérer une entreprise est un péché mortel en RCA. Les hommes changent à la tête du département de tutelle, à la tête de l’Enerca, mais rien ne change positivement. C’est l’éternelle collection de mauvaises nouvelles : un transformateur a éclaté là-bas, un fil a brûlé ici, à longueur de jour, semaine, mois et année. Qui osera un de ces quatre (4) matins percer l’abcès ? Peut être un extra-terrestre venu de Neptune, de Mars ou des entrailles profondes de la terre. L’Enerca pour sortir du gouffre, n’a pas besoin d’un gestionnaire ou d’un économiste, mais d’un ingénieur qui donne la priorité au bon fonctionnement de la machine et des lignes. Le talon d’Achille de l’Enerca, c’est la technique. Malheureusement, les nominations ne tournent qu’autour des courtisans, des parents, des amis et connaissances. Les nominations ne visent jamais le fonctionnement correct des machines et tout le circuit depuis Boali (1, 2, 3) jusqu’à Bangui.

Un technicien à la tête de l’Enerca est comme le médecin. La santé des machines est primordiale. Quand elles fonctionnent, l’argent ne peut que suivre puisque les consommateurs sont régulièrement servis. Que valent les compteurs automatiques, si la production électrique est abracadabrante, épisodique ou saisonnière ? Les études prospectives de l’Enerca sont hasardeuses, au gré des caprices des uns et des autres. Les compteurs prépayés constituent une avancée lorsque la production électrique est pérenne. Plus de cinquante (50) ans de mésaventures énergétiques, n’est-ce pas un peu trop ? Il suffit de consulter Centrafric Matin, les ministres auront un bon Directeur général qui peut faire de l’Enerca la première entreprise du pays, assainir le personnel et mettre l’accent sur la santé technique de cette société d’Etat. Et « l’électricité pour tous » sera une réalité palpable et non une vue de l’esprit comme aujourd’hui.

Julien BELA

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