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POLICE ET GENDARMERIE : LES MOTEURS DE LA DESTRUCTION DE LA RCA, SERGE BOKASSA N’A ENCORE RIEN VU.

août 5, 2016

 

Plus cupide que la police et la gendarmerie, on meurt. Tout tourne autour de l’argent et non de la protection du pays. Les taxis et bus en souffrent, c’est un cauchemar tous les jours, un calvaire, un cancer. Quant à nos frères musulmans, c’est une catastrophe : discrimination, apartheid, ségrégation, racket, rançonnement sont le lot au quotidien. A chaque barrière de contrôle légal ou illégal, les musulmans sont traînés à l’écart. Quant aux convoyeurs de bœufs, seul Satan sait ce qu’ils vivent face aux policiers et aux gendarmes. Le ministre Jean-Serge Bokassa a une lourde responsabilité, celle d’humaniser la police et la gendarmerie, de les civiliser, de les moraliser, de les conscientiser, car elles ne mesurent pas la portée de leurs actes, de leurs comportements dans la société centrafricaine. Ce sont des maillons d’insécurité. Au lieu d’une culture d’apaisement en ce temps de crise, la police et la gendarmerie jettent de l’huile sur le feu.

Une histoire de marchandage qui n’honore pas ces deux corps dont l’importance n’est pas à démontrer en matière de maintien de l’ordre et de la sécurité publique. Les jeunes sont arrêtés, mis dans le véhicule de patrouille et en cours de route, les tractations vont bon train. Ceux qui ont de l’argent donnent quelque chose, le véhicule s’arrête, ils sont libres comme le vent. Ceux qui n’ont rien moisissent en geôle, jusqu’à ce que les parents alertés, viennent verser une certaine somme. La police et la gendarmerie n’incarnent plus la force publique, la loi. Le ministre Bokassa n’a vu qu’une infime partie de l’iceberg. Il faut une encyclopédie de mille (1.000) milliards de pages pour relater tout ce que nous voyons au jour le jour. C’est triste, révoltant. La grave crise que nous traversons n’a pas modifié d’un iota le comportement des policiers et gendarmes. Dans les brigades de gendarmerie et les commissariats de police, c’est le comble d’indélicatesse. Jean-Serge Bokassa peut mettre sur pied des hommes intègres, consciencieux pour mener des enquêtes, il risque de tomber en syncope devant les révélations.

Le ventre, les poches sont plus importants que le pays et la sécurité des institutions de la République. Il suffit d’avoir les poches pleines, un mercenaire peut aller et venir où bon lui semble. Il n’a aucun sujet de s’inquiéter. Les patrouilles sont une aubaine. Ils vont au-delà des missions qui leur sont confiées, outrepassent les limites, en font à leur tête. Combien de fois, les taxis et les bus ont-ils observé des arrêts de travail ? La police et la gendarmerie n’éduquent plus les usagers comme au bon vieux temps de vrais policiers et gendarmes. Il faut revoir en hausse le niveau de recrutement pour réduire cette propension à l’argent facile. Pire encore, la brutalité est véritablement en hausse de manière exponentielle. Les coups de pieds, de poings, les matraques, bref, l’être humain est traité comme un sac de foin. Les mille et un (1.001) séminaires sur les droits humains n’ont eu aucun impact sur ces deux  (2)  corps. Les geôles sont déshumanisantes et pourtant, tous, policiers, gendarmes, magistrats, avocats, ministres, y passent. Qui va humaniser les geôles, les prisons ? Les réflexes sont demeurés coloniaux.

Revenons à nos moutons : les convoyeurs de bœufs sont des professionnels à la disposition des marchands de bœufs. Soit de Bozoum, de Bambari, de Kaga-Badoro, les convoyeurs de bœufs n’ont qu’un minimum vital leur permettant de conduire les bœufs jusqu’à Bangui. Ensuite, ils prennent un véhicule pour rentrer dans leur famille et attendre une autre opportunité. Certains ont leurs papiers administratifs, d’autres n’en ont pas. Il arrive souvent que leurs papiers soient confisqués par la police ou la gendarmerie qui les cachent et les traitent comme des sans papiers. Histoire de leur soutirer de l’argent. Quelquefois, ils sont fouillés de force et tout ce qui a de la valeur, est pris de force. Les convoyeurs de bœufs se retrouvent du jour au lendemain sans un seul sou, livrés à eux-mêmes, à la merci de la mendicité. A la longue, c’est un sentiment de révolte qui bouillonne dans leur fort intérieur. D’où le phénomène « coupeurs de route » où ils sont sans pitié, sans état d’âme. Ils tuent systématiquement, bastonnent à mort les usagers de la route qui tombent dans leur filet.

La dernière crise a offert une occasion en or, permettant aux peulhs de monter en puissance. La discrimination, les injustices, les rançonnements accumulés ont explosé au grand jour. A cela s’ajoutent les vols de bétail qui vont ruiner bon nombre de peulhs. Ils ont tout perdu en un temps record. Les ex-Séléka d’un côté, les Anti-Balaka de l’autre, les bandes armées non identifiées, c’est la jungle pastorale. Faut-il s’étonner de la cruauté, de la férocité des peulhs dans toutes leurs attaques ? Le cœur de cet apocalypse, c’est la police et la gendarmerie. Le Chef de l’Etat, Faustin-Archange Touadera, le président de l’Assemblée Nationale, le Premier ministre et son gouvernement, ont du pain sur la planche.

La RCA est un Etat laïc. La politique ne se mêle pas de la religion et réciproquement. Comment comprendre que tous nos frères de confession musulmane sont stigmatisés dans les villes où ils vivent, dans les véhicules de transport en commun, dans leurs véhicules particuliers ou de transport de marchandises, comme convoyeurs de bœufs sur toute l’étendue de la République ? La police et la gendarmerie violent allègrement un principe cardinal très cher au père fondateur de la RCA : « ZO KWE ZO », autrement dit « un être humain est un être humain en Centrafrique ». Nous osons croire qu’il n’y aura plus de discrimination sur toute l’étendue du territoire national, car « ZO KWE ZO », un point, un trait.

Julien BELA

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