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BACCALAUREAT CENTRAFRICAIN : CHAQUE ANNEE, LES RESULTATS SONT CATASTROPHIQUES, APOCALYPTIQUES  

août 8, 2016

Les résultats du Bac en Centrafrique, d’une année à l’autre, varient entre 10 à 40 %. Pour l’année 2016, le nombre de candidats au Bac avoisine les 15 000 en classe de terminale. Personne n’ose décortiquer les résultats catastrophiques des élèves. Un enseignant forme des enfants, depuis la maternelle jusqu’en classe de terminale, avec la ferme conviction d’obtenir un résultat qui tourne autour de 80 à 100 %. Malheureusement, à l’observation, sur 15 000 candidats  au Bac, les résultats tournent autour de 15 à 40 %. C’est un résultat catastrophique. Pour certains enseignants, c’est la rigueur, le sérieux, une manière de masquer leur échec cuisant, lamentable, leur médiocrité absolue. Les élèves reflètent le résultat de l’enseignement. Ce sont les enseignants qui sont mis en cause. Ils ne valent rien. Le système éducatif est malade à cause des enseignants, dont beaucoup sont périmés faute de culture suffisante, de bagage intellectuel déficitaire. Au lieu de former, ils déforment les enfants, en les éduquant au rabais.

Une année blanche coûte des milliards à l’Etat Centrafricain. Un enfant qui reprend sa classe, est une perte énorme pour l’Etat et pour les  parents. Cela fait mal au cœur de la famille. Combien coûte une année scolaire pour un enfant ? Et si dans la famille, il y a cinq (5) enfants, de la maternelle à l’université ? Les parents des élèves en réalité, n’ont aucune conscience de ce budget scolaire, quelque soit la famille, riche ou pauvre. La baisse de niveau est consécutive à la valeur intrinsèque des enseignants. L’élève n’est qu’un consommateur docile des produits avariés que distillent les enseignants. Les enseignants centrafricains sont plus toxiques que les radiations de l’uranium. Dans quel pays au monde, les petits-enfants du fondamental 1 peuvent payer les enseignants ?  Dans un pays où les doctorats, les maîtrises, les masters 1 et 2, les licences ne se comptent plus, il y a un surnombre d’enseignants qu’on appelle « maîtres-parents ». Des semi-lettrés, autrement dit, des ignares en puissance, deviennent du jour au lendemain des enseignants pour éduquer les enfants. Le ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique est-il véritablement sérieux en entretenant un  tel crime ?

Combien d’enseignants se préoccupent du sort du système éducatif ? Nous entendons de plus en plus des expressions à la mode comme « les notes sexuellement transmissibles », dans la bouche des élèves eux-mêmes, les marchandages des notes pour les garçons. Des professeurs à l’université sont pris en charge par les étudiants : argent de poche, de la nourriture à la maison, la bière, autant de composantes qui entrent en ligne de compte de la soutenance. Les étudiants achètent totalement les professeurs avec leurs familles. Master 1 et 2, maîtrise en poche, faut-il encore les entendre s’exprimer en français. Des étudiants nantis de diplômes cabossent le français, lui tordent le cou, forgent leur académie. Est-ce la faute aux élèves et étudiants ? Admettons qu’il y ait des difficultés financières et que les enseignants ne peuvent « joindre les deux bouts », comme on dit, faut-il tomber aussi bas ? Du Fondamental 1 et 2, au Supérieur, ce sont des arrangements, soit sexuels pour les filles et soit financiers pour les garçons. Quand les présidents des centres d’examens du Bac, les rares qui sont des patriotes sérieux et soucieux de l’avenir de leur pays, verrouillent la correction, c’est une hécatombe en terme d’échec. A qui la faute ?

L’Université de Bangui n’est plus ce qu’elle était à l’époque de Nzapa Kommanda, de Alphonse Blagué, paix à leurs âmes. Ils forment les étudiants à leur propre image. Les étudiants sont bien instruits, cultivés, responsables, un véritable prêt-à-porter pour l’administration centrafricaine. Aucun professeur à l’Université de Bangui n’a hérité de leur éthique, de leur savoir et de leur savoir-faire. Les professeurs et les étudiants sont pareils, identiques comme deux gouttes d’eau limpides. C’est là qu’on parle de baisse de niveau que les professeurs transmettent aux écoliers, aux élèves et aux étudiants. Ce sont les enseignants qui ne valent rien. Les enseignants ne sont plus sous la menace des inspections des classes. N’importe qui s’improvise enseignant. Nous avons été témoins d’un cas où c’est un élève qui corrige sa maîtresse qui balance le genre des mots au gré du vent. Les enseignants centrafricains sèment la baisse de niveau à tout vent.

Ceux qui corrigent le concours d’intégration dans la Fonction Publique, ont bien rigolé à l’époque. En terme d’écriture, mais diantre ! La calligraphie à l’époque a cédé sa place aux sauts de grenouilles et des milles pattes. Aucun enseignant ne se préoccupe de l’écriture. Prenez un enfant du CP et voyez son écriture, elle traduit très tôt l’incompétence des enseignants, leur irresponsabilité, le désengagement, alors que les cahiers à double lignes pour aider les enfants à bien former les lettres sont disponibles.

L’argent est devenu un prétexte pour laisser libre cours à la baisse de niveau en courbe éternellement décroissante vers moins l’enfer. Les vrais pédagogues qui projettent le système éducatif dans l’avenir sont tous morts. C’est le règne de FAMA déboussolé par ces départs inattendus. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, ce sont les enseignants qu’il faut recycler, vérifier les doctorats et autres diplômes à la source. La situation du système éducatif centrafricain est comateuse, hyper préoccupante, car les choses ne peuvent plus continuer de cette manière. Il y a extrêmement urgence en la demeure. Moukadas Noure a du pain sur la planche pour redorer le blason du système éducatif centrafricain.

Julien BELA.

 

 

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