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LES JUGES DE LA CPS AGIRONT-ILS COMME CEUX DES AUTRES TRIBUNAUX ?

août 8, 2016

Les magistrats, tout comme les Centrafricains lambda doivent comprendre que l’une des causes de la crise qui frappe le pays à plein fouet, réside dans les jugements rendus publics par  les hommes de droit.  De tout temps, les juges siégeant aux Tribunaux de Grande Instance et autres Cours sont accusés à tort ou raison de ne pas rendre une justice équitable. Or, si la justice est rendue comme il se doit, nous osons croire que les centrafricains ne pourront accuser inlassablement ces juristes. Et le phénomène de la justice populaire qu’on observe aujourd’hui sur toute l’étendue du territoire national est le fruit de cette pratique. Dégouttés par la justice de leur pays, ces individus préfèrent faire leur propre loi, que de traduire en justice un présumé sorcier ou voleur.

C’est dans ce contexte que la rédaction de Centrafric Matin s’interroge en ces termes : « les juges de la Cour Pénale Spéciale (CPS) agiront-ils comme ceux des autres Tribunaux et Cours » ? Il est certes très tôt de se poser une telle question. Mais d’après les témoignages de certains centrafricains qui nous parviennent, il semblerait que les choses n’ont pas encore évoluées dans ce département ministériel, comme souhaitées par les Centrafricains. Les mêmes erreurs et pratiques du passé se poursuivent allègrement, au vu et au su de tous. Tout se passe comme si ce ministère n’appartient pas aux centrafricains et qu’ils n’ont pas droit à une justice rendue d’une manière équitable. Les lamentations du peuple centrafricain fusent de partout. Seront-ils entendus ? Personne ne le sait. Mais il revient aux autorités de l’Etat de s’y pencher. Car les centrafricains attendent la « rupture » prônée par le chef de l’Etat, dans ce ministère. Mais hélas, les choses ne se précisent pas encore.

Nous osons croire que la Cour Pénale Spéciale (CPS) qui doit juger les criminels, les malfrats, les bourreaux du peuple centrafricain, fera l’exception. Car quand on dit spécial, tout doit se faire d’une manière spéciale et non tordue. Les juges qui siègeront dans cette Cour, ont l’obligation de rendre la justice équitable, rien que la justice acceptée par tous. La mise en place effective de cette Cour, convient-il de le rappeler est attendue par toutes les victimes de cette crise larvée qui ne dit pas son nom. Car c’est à partir des jugements rendus par celle-ci que les Centrafricains, sauront si oui ou non, le fameux slogan « impunité-zéro » qui fait partie des recommandations du Forum National de Bangui (FNB), est traduit dans les faits. Beaucoup d’individus seront jugés, en commençant bien sûr par les auteurs, les coauteurs et les commanditaires des crimes qui ont été perpétrés sur les paisibles citoyens centrafricains. Des personnalités importantes défileront aussi devant la barre. Car un haut responsable des Anti-Balaka, de surcroît un militaire centrafricain, avait clairement fait savoir, lors du FNB, que certaines personnalités qui étaient dans la salle, seront ensemble avec eux à la Maison d’Arrêt Centrale de Ngaragba. Ce témoignage n’est pas sorti de la bouche d’un bébé. Il doit édifier les juges de la CPS dont leur tâche ne sera pas aisée.

Pour cela, ils doivent bien traiter les dossiers pour éviter des dérapages dont les conséquences seront catastrophiques pour le pays. L’esprit de corruption doit disparaître à jamais chez nos juristes. Les Centrafricains ont tant souffert. Il faut leur rendre la justice pour que ces mêmes personnes ne reviennent plus un jour pour les maltraiter, les tuer, les massacrer. La justice étant le troisième (3ème) pouvoir, elle doit s’affirmer. Et aussi, quand on dit « état de droit », tout doit se faire selon les lois qui régissent le fonctionnement du pays.

De ce fait, la justice doit être indépendante pour que les juges de la CPS et tous les magistrats qui y siégeront puissent rendre une vraie justice. Les autorités ne doivent pas se mêler aux affaires juridiques comme ce fut dans les temps anciens. Si c’est le neveu, la tante, le frère, l’ami … d’une haute autorité qui doit passer devant la barre, il faut laisser la justice, en un mot la CPS, faire son travail. Si la personne doit être condamnée, qu’elle soit condamnée. Et une fois qu’elle aura purgé totalement sa peine, nous osons croire qu’elle ne commettra plus de crimes, de délits. Mais si les juges pensent qu’elle est le fils, la sœur, le cousin de telle ou telle personnalité et doit être relâchée sachant bien qu’elle doit être condamnée, alors, en ce moment, l’impunité zéro n’aura plus de sens.

Que les magistrats de la CPS agissent comme ceux sous d’autres cieux. Qu’ils soient intègres, honnêtes, impartiaux, indépendants pour rendre une vraie justice. L’ombre des autorités qui plane toujours sur les jurisprudences doit disparaître à jamais.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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