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POURQUOI S’EN PRENDRE AUX UNS ET AUX AUTRES ALORS QUE NOUS SOMMES TOUS DES CENTRAFRICAINS

août 11, 2016

 

Pour notre part, nous pensons que le Centrafricain est celui qui est né de père centrafricain. Même si sa mère est tchadienne, soudanaise, congolaise, il est toujours Centrafricain puisqu’il est né sur le sol centrafricain. On peut devenir centrafricain aussi par naturalisation. Par exemple, l’individu est né de père et de mère gabonais. Il quitte son pays et vient s’installer en RCA. Après quelques années passées en Centrafrique, il peut demander la nationalité et devient par la suite centrafricain. Là il ne pourra plus dire qu’il est gabonais, mais plutôt centrafricain d’origine gabonaise. C’est de cette manière que nous voyons aujourd’hui des français, des espagnols, des allemands… qui sont des noirs.

Donc tous ceux qui se sont naturalisés centrafricains, qu’ils ont la peau noire, blanche, jaune ou rouge, sont d’office centrafricains et doivent être traités comme tous les autres centrafricains. Mais malheureusement, ce n’est pas ce que nous vivons aujourd’hui. Quand un individu est issu d’une mère tchadienne, sénégalaise, par exemple, et de père centrafricain, il est automatiquement considéré de nos jours comme un étranger. Pire encore, quand on est musulman, c’est-à-dire celui qui pratique l’islam, en ce moment-là, certains individus, et c’est ce qui se passe en RCA, disent que cet homme ou cette femme est tchadien, sénégalais, turque, soudanais… et que savons-nous encore ? Même si les gens connaissent bien son père ou sa mère, à leurs yeux, il n’est plus centrafricain parce qu’il porte de grands boubous.

Nous avons toujours dit à ces gens là que l’islam est une religion, comme l’église catholique, protestante et tant d’autres. Devenir musulman aujourd’hui, ne veut pas dire qu’on est ceci ou cela. C’est une fausse idée que les gens se font. Il y a bien sûr en Centrafrique des musulmans qui sont issus de certains pays et vivant en RCA. Il y a aussi des musulmans centrafricains qui sont des vrais pratiquants de l’islam. Nous citons entre autres l’imam Kobine Layama, l’imam Kabara Wananga et tant d’autres que nous ne pouvons tous les énumérer. Ils sont aujourd’hui pleins au KM 5, entrain d’écouler leurs produits au moment où nous mettons cet article sous presse. Ne sont-ils pas des centrafricains ? Pour quel intérêt devrions-nous s’en prendre à eux et vice-versa ?

Nous osons croire qu’il est inutile de nous en prendre les uns aux autres, sachant bien que nous sommes tous des centrafricains. Ça nous fait mal au cœur quand nous avions appris qu’un compatriote musulman avait été agressé dans le 5ème arrondissement de la ville de Bangui, alors qu’il était venu avec ses frères assister leur ami non musulman qui était éprouvé. Certains compatriotes s’en sont pris à lui. Il a fallu l’intervention musclée de bons citoyens centrafricains, pour que la vie de ce dernier soit épargnée. Si ces compatriotes musulmans étaient des étrangers, pouvaient-ils venir à la place mortuaire d’un centrafricain ? Un adage dit, « on reconnaît les vrais amis dans le malheur ». N’est-il pas là de vrais amis centrafricains ? Alors, pourquoi nous nous entretuons, nous nous entredéchirons alors que ceux qui nous ont opposés aujourd’hui vivent dans des hôtels luxueux, sous d’autres cieux, et savourent leur bière très délicieuse ?

Si nous étions vraiment tous des Centrafricains, ce que nous devons faire, c’est de nous mobiliser, nous unir et nous lever comme un seul homme pour barrer la route aux malfrats, aux criminels, aux bandits de grand chemin, aux hors-la-loi, aux va-t-en guerre qui écument le peuple centrafricain à petit feu. Nous devons en principe mûrir cette idée, cette pensée, au lieu de nous jeter les uns sur les autres comme un lion qui sotte sur sa proie et la dévore. Si un musulman arrive dans une famille, il faut l’accueillir. Il en sera aussi de même pour un chrétien qui met pied chez un musulman. L’hospitalité d’antan doit revenir. Si notre mémoire est bonne, notre père se rendait de temps en temps chez un musulman pour échanger des idées avec lui.

Maintenant, faisant ainsi au lieu de s’en prendre les uns aux autres.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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