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RSS, DDRR ET EX-COMBATTANTS SELEKA : UN LABYRINTHE, UNE EQUATION A PLUSIEURS VARIABLES ET A PLUSIEURS INCONNUS

août 22, 2016

La Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) et le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement  (DDRR) sont en marche. Pour preuve,  la formation des principaux acteurs, les tenants et les aboutissants du processus se précisent. Une démarche qui garantit le succès du processus, dans l’intérêt supérieur de la paix, du peuple centrafricain et des groupes armés. A la source, un expert chevronné en la matière, commis par les Nations Unies, pour plus de professionnalisme, de crédibilité et de réussite sans faille. Le DDRR et la RSS, version Touadéra, n’a rien de commun avec le passé. Un comité stratégique chapeaute l’ensemble du processus. Il est composé des partenaires au développement, du G-8 et du chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra. Un comité technique qui rassemble les meilleurs administrateurs des départements ministériels pour donner la forma adéquate aux documents, dans la forme et fond, tant au niveau de la direction du Comité Stratégique, que du Comité Consultatif et de Suivi, renferme tous les leaders des groupes amés et leurs doungourous. Tout le monde sera sur un pied d’égalité. Le Comité Consultatif et de Suivi est l’acteur principal et central du processus DDRR. Les hommes de troupes ou les combattants n’écoutent et n’obéissent qu’à leurs leaders charismatiques. Ces leaders des groupes armés seront au four et au moulin pour sensibiliser, éduquer, informer et cantonner les ex-combattants. Ces mêmes leaders des groupes armés, dans le cadre du désarmement, seront chargés de récupérer les armes et de les remettre à qui de droit, soit à la Minusca.

Or, selon les experts de la RSS et du processus DDRR, des jeunes seront sélectionnés parmi les ex-combattants Séléka pour intégrer l’Armée Nationale, où ils subiront la formation adéquate, une exigence pour faire partie d’une armée républicaine. Les neufs (9) groupes armés qui se sont engagés ouvertement pour le processus DDRR attendent. Cependant, le FPRC, le MPC, la CPJP et le RPRC trainent les pas, jouent au super héros, se prêtent au rodéo. Veulent-ils maintenir les jeunes de leurs groupes armés dans la misère, la souffrance et la pauvreté absolue ? Selon les experts, le processus DDRR et la RSS n’ont pas de marche-arrière. Ceux qui s’entêtent mangeront leurs armes, ou se fondront dans la nature comme des parasites. Personne n’aura d’oreilles pour les écouter, ni leur dire bonjour, ni leur donner à manger. Il faut leur tourner le dos purement et simplement. Aucun individu parmi eux, n’aura l’occasion de braquer ou de faire quoi que ce soit. Il sera traqué jusque dans son dernier retranchement par les FACA, la Gendarmerie, la Police et la Minusca. Il n’aura aucune chance de s’échapper. C’est pour cela que le président de la République, chef de l’Etat, fidèle au principe du dialogue, patiente dans l’espoir que les brebis galeuses reviendront à de bons sentiments, pour prendre le wagon ensemble. Ceux qui ont déjà pris leurs engagements doivent être indulgents envers leurs frères d’armes encore récalcitrants. Dans une telle aventure avec les groupes armés, il faut prendre son mal en patience, savoir ramener et canaliser les malfrats. Il y aura toujours des turbulents, des acteurs de Holly Wood, et les justiciers de Hong Kong. Il faut faire avec pour avancer. Ils finiront par se rallier à la bonne cause.

Les jeunes ex-combattants Séléka doivent-ils suivre des aventuriers sans lendemain, ou saisir l’opportunité qui s’offre à eux ? Faut-il avoir un métier pour la vie, fonder une famille heureuse, être au service de son pays, contribuer à son développement, ou servir de chair à canon pour des intérêts égoïstes, cachés et obscurs ? Avec Djotodia au pouvoir, tous les combattants Séléka n’ont pas profité des délices du pouvoir. Un groupuscule de chefs roulent dans les voitures climatisées, gagnent des salaires, mais ne se soucient nullement des hommes sur qui ils se sont appuyés. Ce sont les ex-combattants qui sont les premiers à occuper la ville de Bangui. Les chefs sont venus longtemps après pour s’autoproclamer, chef de l’Etat et ensuite composer un gouvernement. Les salaires des ministres, c’est pour leur entourage immédiat. Ayant perdu le pouvoir au même titre que Bozizé qu’ils ont chassé, il faut donner la chance à tout le monde de rebâtir sa nouvelle vie. Il y a eu beaucoup de morts, d’handicapés suite aux balles perdues, de destruction, beaucoup de haine accumulée, cela ne peut plus continuer.

La population civile, principale victime de ce conflit armé, a tout perdu. Certaines sont en exil, d’autres sont sur des sites de fortune des déplacés. C’est un pays en lambeaux que Touadéra doit réunifier en raccommodant les morceaux, en rassemblant ce qui reste de la population, dispersée aux quatre coins du monde. L’économie n’existe que de nom. Il faut remettre le pays sur ses fondements et tout reconstruire à partir de zéro. En principe, les processus DDRR et RSS seraient lancés depuis longtemps afin de permettre au gouvernement de se concentrer sur la table ronde de Bruxelles. Car il faut à la RCA un véritable plan Marshall pour réduire le chômage endémique des jeunes, construire les routes, vulgariser l’énergie, remettre les écoles et les hôpitaux en état de fonctionnement, relancer l’agriculture et l’élevage, reformer l’administration centrafricaine, bref, moderniser un pays encore rustique. Les défis sont monumentaux, divers et variés. Hélas, le socle de la crise, c’est l’ignorance qui est aussi pire que la mort.

Julien BELA.

 

 

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