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LES REVENDICATIONS DES GROUPES ARMES CHANGENT DE CHAUSSURES, DE PANTALONS ET DE VESTES COMME LE CAMELEON : LA MAUVAISE FOI PRIME SUR LE BON SENS ET LA RAISON

août 31, 2016

 

Les groupes armés se sont multipliés en un temps record comme le ténia. La coalition Séléka au départ, a posé comme revendication, la « marginalisation des régions » où ils vivent. Une revendication approuvée par le peuple centrafricain qui reconnait le bien fondé. D’où le boulevard des stars empreinté par la Séléka jusqu’à son accession au pouvoir, applaudi par le peuple centrafricain. Malheureusement, les Séléka ont eux-mêmes sabré leur régime, en dix (10) mois seulement de règne. Tueries, massacres, carnages, incendies de maisons et de villages, saccages de toute l’administration. La barbarie aux commandes de l’Etat était devenue une épine dans les pieds de la CEEAC, et c’était la rupture. Djotodia est prié de quitter le pouvoir, car c’est un véritable cauchemar, un enfer. Aucun centrafricain ne s’est opposé au régime Séléka. Mais en signe de reconnaissance envers ce peuple, c’est un fleuve de sang, de détresse et de deuil.

Les Anti-Balaka s’affichent en libérateur d’un peuple opprimé, martyrisé, réduit à néant. Grâce à leurs actions, la CEEAC a mis un terme à la cruauté exponentielle des ex-Séléka. Mais cet élan sera à la longue un calvaire pour le peuple centrafricain. Braquages, tueries, destructions s’affichent au compteur des Anti-Balaka. Les libérateurs deviennent des oppresseurs hors pair. Qu’à cela ne tienne, les Anti-Balaka deviennent un instrument de manipulation politique. Et la cause est entendue pour une mutation spectaculaire. L’ombre de la dynastie Bozizé commence à planer, provoquant des clivages au sein des Anti-Balaka. Certains restent sur l’élan libérateur et s’arrêtent là. D’autres sont téléguidés par Bozizé et compagnie. Bozizé d’un côté, Djotodia de l’autre, l’équation de la crise devient compliquée, beaucoup d’inconnus, beaucoup de variables difficiles à résoudre.

Les variables atteignent leur apogée à Nairobi au Kenya où les vieux crocos sortis de leur tanière, se sont donné rendez-vous. Ce conseil des nuisibles a prétendu régler la crise en Centrafrique, en élaborant un Accord contre nature, rejeté en bloc et sans suite par Catherine Samba-Panza quand bien même le fameux médiateur dans la crise centrafricaine, le président Congolais Denis Sassou Nguesso est de  la partie. Cet Accord incestueux a été balayé du revers de la main par la RCA. C’est un autre échec cuisant de ces apprentis sorciers, bourreaux du peuple centrafricain. Depuis lors, il y a les partisans de Nairobi au sein des Séléka, d’autres parmi les Anti-Balaka. Ceux-là ne jurent que par Djotodia et par Bozizé, leurs dieux sur terre. Toutes les tentatives ayant échoué lamentablement, les partisans de Nairobi, version Séléka, changent de fusils d’épaule, réclament des postes qui n’existent nulle part dans la Constitution. Derrière cette revendication, il n’y a que les FPRC et les justiciers du Km 5. Il leur manque le courage de reconnaître leur échec et de demander pardon au peuple centrafricain. Ce peuple qui a tout donné aux ex-Séléka qui l’ont remercié en monnaie de singe, en bain de sang, en ingratitude, crachant dans sa main.

Les Anti-Balaka, version Mokom, s’accrochent mordicus à Nairobi, téléguidés depuis Kampala par Bozizé. Des réunions obscures se tiennent dans la perspective d’un coup de force pour remettre Bozizé au pouvoir. Malgré l’Accord abracadabrantesque de Nairobi, les Séléka n’accepteront jamais celui qu’ils ont chassé du pourvoir au prix de lourds sacrifices et de souffrances. Il en sera de même pour les Anti-Balaka d’accepter que les Séléka reviennent au pourvoir. Les deux tendances se neutralisent, malgré un Accord de crocodiles à l’arrachée pour les besoins de la cause. Cette guerre froide plaide en faveur de la paix, de la sécurité et du processus DDRR. Aucun argument valable dans la réticence des groupes armés récalcitrants, à moins d’une mauvaise foi, d’une intention de nuire au peuple centrafricain. C’est le peuple centrafricain qui souffre dans son âme et dans sa chair, de cette prolongation suicidaire de la crise.

Séléka ou Anti-Balaka au pouvoir, c’est la case départ, l’apocalypse. Charles Massi, Colonel des FACA de son état, a disparu pour toujours pour avoir créé une rébellion ou rallié un groupe armé. Qu’en sera-t-il des Séléka qui l’ont débusqué comme un lapin ? Encore moins Djotodia ou quelqu’un d’autre de la Séléka. L’heure est donc venue de faire la paix, de se réconcilier, de reconstruire notre pays. L’écart est trop grand entre la RCA et les pays voisins sur tous les plans. Les nouvelles autorités ont été démocratiquement élues. Elles sont ouvertes à tous les courants. Chaque centrafricain est libre de s’exprimer sur tel ou tel sujet dans son pays. C’est le plus important pour interpeler les gouvernants. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les Centrafricains se plaignent de la dégradation très avancée des routes nationales et des pistes rurales presque à l’abandon. Il faut que la paix revienne pour qu’on s’occupe des infrastructures routières. Tous les efforts de nouvelles autorités sont concentrés sur la paix, la sécurité et la Réconciliation Nationale. Peut-on construire des routes dans l’insécurité généralisée ? Toutes les ressources du pays sont orientées vers les groupes armés qui jouent encore les AS de la guerre. Ces groupes armés pensent-ils aux routes, aux hôpitaux, aux écoles, à l’eau potable, à l’énergie, à l’habitat, à l’avenir des enfants et de la jeunesse ?

Et ce sont ces groupes armés qui détruisent les structures sanitaires de MSF et d’autres ONG internationales, abattent froidement les chauffeurs, pillent les médicaments, braquent les véhicules. Mais quand ils sont blessés, ce sont les chauffeurs qui les transportent. Ce sont les véhicules de MSF qu’ils braquent, emportent et vont vendre au Tchad ou au Soudan qui les transportent dans une structure sanitaire de MSF. Ils  sont soignés avec le reste des médicaments pillés. MSF et autres ONG Internationales leur sauvent la vie, les nourrissent en plus durant la convalescence. Des individus pareils peuvent-ils se préoccuper du sort de leurs compatriotes ? Les ex-Séléka, après avoir tout détruit, auraient dû déposer les armes sans condition. Il faut avoir le sens de l’intérêt général pour mesurer la portée de ses actes et dire non, c’est trop, cela suffit, déposons les armes. Les rares leaders récalcitrants de la frange Anti-Balaka et du FPRC sont de mauvaise foi et veulent nuire au peuple centrafricain, le prendre en otage, l’affamer, le réduire à néant.

Julien BELA

 

 

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