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POURQUOI LES COMBATTANTS SELEKA AFFLUENT-ILS VERS LA VILLE DE BRIA ? EST-CE POUR LE DDRR ?

septembre 2, 2016

 

Depuis quelques jours, on signale l’arrivée massive des combattants Séléka à Bria, venus de différents coins du pays. Et les Centrafricains s’interrogent en ces termes : pourquoi les combattants Séléka affluent-ils vers la ville de Bria ? Est-ce pour le DDRR ?

Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes. Mais d’après de sources concordantes, cet afflux des combattants vers la ville de Bria, l’objectif, c’est de tenir une Assemblée Générale (A.G). D’après le maire de la localité, « j’ai été informé de leur intention de tenir une A.G. Ils ont mis en place un comité d’organisation pour la tenue de cette rencontre, mais c’est la population qui a peur ». Cette population de Bria, si nous osons le croire, doit avoir peur. Car, chaque fois que les combattants Séléka se regroupent dans une ville quelconque du pays, c’est toujours la désolation. Ce ne sont pas les populations de Mbrés, Kaga-Bandoro, Bambari, Mala, Dékoa qui nous démentiront. Elles ont payé à maintes reprises le plus lourd tribut de ces regroupements dans les années précédentes. Donc cette peur se justifie.

Mais si cette A.G des combattants Séléka qui se prépare dans la ville de Bria est de s’aligner sur le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), ils seront les bienvenus à Bria. Les Centrafricains du Nord au Sud, d’Est en Ouest s’aligneront également derrière eux. Car la crise centrafricaine a trop duré. Les gens ont perdu leur vie, leurs biens et sont réduits à une pauvreté ordurière. Le sang a trop coulé sous le pont et continue de couler. Les Centrafricains sont fatigués de cette crise, enclenchée par la nébuleuse coalition Séléka qui a tout ravagé sur son passage, une véritable politique de terre brûlée, planifiée de longue date et exécutée par les combattants Séléka et leurs acolytes, les mercenaires tchadiens et soudanais. Le peuple centrafricain n’aspire qu’à la paix, au vivre ensemble, à la réconciliation nationale.

D’ailleurs le gouvernement centrafricain se bat jour et nuit pour la réussite de ce DDRR. La Communauté internationale se mobilise aussi pour apporter une bouffée d’oxygène à ce processus. Pourquoi les damnés de la terre qui se croient tout permis, se permettent le luxe pour prendre d’assaut la ville de Bria, afin de tenir leur soi-disant Assemblée Générale ? Si c’est pour la paix, nous nous adhérons à cette initiative. Mais si c’est pour former encore un front afin de mettre le bâton dans les roues des autorités nouvellement élues, nous disons non, non et non. Car trop, c’est trop. On ne peut construire un pays avec des détonations, des crépitements d’armes, des cadavres qui jonchent le sol à longueur de journée. C’est pourtant avec des vivants, des bras valides qu’un pays peut amorcer son décollage économique. Regroupement des combattants Séléka par-ci, par-là à quoi cela sert-il ?

Aujourd’hui, on ne parle pas des combattants Anti-Balaka mais plutôt des Séléka. La RCA appartient-elle seulement aux combattants Séléka ? Détiennent-ils le titre foncier du pays ? Du matin au soir, c’est toujours le nom Séléka qui revient sur le bout de toutes les lèvres des Centrafricains. Ceux qu’ils ont abattus comme des bœufs à l’abattoir depuis le 10 novembre 2012 jusqu’au jour d’aujourd’hui ne satisfont-ils pas leur désir ? Sont-ils des dieux sur la terre centrafricaine ? Où sont aujourd’hui Sadam Hussein d’Irak, Kadhafi de la Libye, Mobutu Sésé Séko de la RD-Congo (ex Zaïre), Hitler d’Allemagne … ? La liste n’est pas close. Ces personnalités citées ci-haut se croyaient plus forts que tout le monde. Est-ce que les Séléka ont-ils une idée de la fin de leur règne sur terre ? Il en sera de même pour eux s’ils persistent dans leur projet machiavélique. Car « toute chose a un début et une fin », dit-on. La crise a commencé en novembre 2012 dans la ville de Ndélé. Et nous osons espérer que sa fin est proche. Mais les combattants Séléka doivent savoir que la fin des hommes durs est toujours tragique. Ils doivent aussi comprendre aujourd’hui que ce seront ceux qui les manipulent maintenant qui deviendront à la longue leurs propres bourreaux. Car ils veulent toujours effacer leurs traces. Mais pour que leurs traces, leurs empreintes digitales n’existent plus, ils éliminent un à un leurs acolytes d’antan. Nous osons croire que nous avons bel et bien éclairé la lanterne des combattants Séléka. Il leur appartient de faire la balance et de se positionner là où ils peuvent avoir gain de cause. Mais pour notre part, leur adhésion au processus DDRR sera la bienvenue. Car cela leur permettra d’avoir un métier noble, d’être homme d’affaire, technicien agricole ou d’élevage, entrepreneur, grand éleveur etc. Alors, pourquoi perdurent-ils dans la voie de la violence au risque de perdre leur vie ?

Que cette Assemblée Générale qui sera tenue dans la ville de Bria où les combattants Séléka s’entassent aujourd’hui, soit orientée vers la paix, la sécurité, le vivre ensemble, la réconciliation nationale, le DDRR pour permettre à leurs concitoyens de souffler un nouvel air. Car l’usage des armes ne résout pas un différend. C’est par le dialogue prôné par le président de la République, Chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra que nous enterrons cette hache de guerre. « Qui vivra, verra », dit-on.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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