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AUTORISATION DE LA SELEKA POUR SORTIR DE BAKALA, FORMALITE DES FDS POUR FRANCHIR LES BARRIERES : QUI PROTEGERA REELLEMENT LES CENTRAFRICAINS ?

septembre 9, 2016

 

Les combattants Séléka d’un côté, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) de l’autre, les populations centrafricaines sont sacrifiées sur l’autel du diable. Elles ne savent plus à quel saint se vouer.

Ce qui se passe aujourd’hui dans la ville de Bakala, située dans la préfecture de la Ouaka, et probablement dans certains régions du pays, encore sous les bottes des combattants de la Séléka, dépasse tout entendement humain. Sortir de la ville de Bakala pour se rendre dans un endroit du pays, est un véritable calvaire, un casse-tête chinois. Tout déplacement est autorisé par les combattants Séléka qui règnent dans cette ville. Aucun individu n’a le droit de sortir de ce périmètre urbain sans le consentement de ces derniers. C’est pour autant dire que la liberté d’aller et venir est bafouée, foulée aux pieds par ces hommes en armes. La ville se vide aujourd’hui peu à peu de ses habitants. Surtout ceux qui parviennent à se libérer du joug de leurs bourreaux, ne reviennent plus.

En plus de cette entorse à la libre circulation des personnes et des biens, la situation humanitaire est très dégradante. Les mille et une (1001) ONG humanitaires qui ont pris d’assaut la République Centrafricaine pour voler au secours des populations en détresse, ont délaissé la ville de Bakala. Il n’y a que les volontaires de la Croix-Rouge Centrafricaine qui font de leur mieux pour secourir leurs compatriotes. Où sont partis les autres humanitaires œuvrant dans le domaine sanitaire et autres ? Difficile de le savoir. Ces compatriotes sont-ils abandonnés à leur triste sort ? Il ne fait aucun doute. Les comportements des combattants Séléka doivent interpeller la conscience de tout un chacun. S’ils sont vraiment les fils de ce pays, nous ne savons pas pourquoi ils considèrent leurs concitoyens comme leurs sujets. C’est l’époque de RPF qui est revenue en grande pompe. Car la libre circulation des personnes et des biens a cédé la place à la contrainte qui a découlé sur l’autorisation de sortir de Bakala. Incroyable, mais pourtant vrai. Les combattants Séléka, surtout les récalcitrants sont en RCA pour asservir le peuple centrafricain. Cette façon de faire, nous pensons pour notre part, qu’elle doit cesser afin que le vivre ensemble entre musulmans et non musulmans revienne. Dans quel pays au monde, faut-il obtenir l’autorisation pour se rendre au champ, à la pêche, à la chasse, à la veillée mortuaire, et que savons-nous encore ? Il n’y a qu’en Centrafrique que cela se fait avec les combattants Séléka. Quelle race des groupes armés avons-nous en RCA ? Pendant que les uns cherchent la cohésion sociale, d’autres  préfèrent la division. Ouf, quel pays, la RCA ?

Nous ne pouvons parler inlassablement des forces non conventionnelles, surtout les combattants Séléka, sans pour autant nous appesantir sur nos Forces de Défense et de Sécurité. Leurs attitudes, leurs comportements sur les différentes barrières qu’elles tiennent, laissent à désirer. La formalité exigée par ces FDS sur les barrières est devenue une équation à plusieurs inconnus, à plusieurs variables, difficile à résoudre par le peuple centrafricain. Même les grands mathématiciens de ce monde ne parviendront pas à résoudre une telle équation. Mais nous pensons que nos FDS ont purement et simplement oublié que ce sont les formalités qu’elles réclament à coup de baïonnette, de kalachnikov qui sont l’une des causes de cette crise. Ramenant encore le peuple centrafricain à la case de départ, est vraiment grave pour l’avenir du pays et de son peuple.

D’après RJDH, un journaliste stagiaire à la Radio Nationale, Dieudonné Modompté a reçu une balle dans l’épaule droite. Cette balle a été tirée par un élément des FACA, sur la barrière du PK 26,parce que ce dernier n’avait pas un centime pour leur donner. Est-ce une manière de s’en prendre aux journalistes centrafricains ? Si tel en est le cas, nous osons croire que les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) se sont trompés largement. Car, n’eut été les journalistes, les FACA n’existaient plus. Les éléments des FACA doivent comprendre cela une fois pour toute. Et ce ne sont pas seulement les journalistes qui ploient sous le fardeau des formalités des FDS. Le cas des « Bouba-nguéré » (petits commerçants), des « Ouali-gara » (commerçantes), des pousseurs, des conducteurs de taxi-motos, pour ne citer que ceux-là, est très, très grave. Même les vieilles mamans et les vieux papas qui reviennent du champ ne sont pas épargnés. Ces formalités collectées à tour de bras sur les barrières, les check-points, vont-elles dans la caisse de l’Etat ? Les FDS déployées sur les barrières ne bénéficient-elles pas de leur Prime Général d’Alimentation (PGA) ? Ne sont-elles pas payées à la fin du mois ?

Autant de questions qui laissent perplexes le peuple centrafricain. Les agents de l’ordre et de sécurité, déployés dans certaines zones ne sont pas là pour sécuriser ou protéger, mais plutôt pour rançonner, racketter, dépouiller les populations civiles de leurs biens. Et ce qui est vraiment honteux et qui fait rire un animal, c’est que nos FDS, surtout les gendarmes et les policiers, dédallent comme des lapins à la moindre détonation d’arme. Ils tremblent même comme s’ils ont été piqués par une crise de paludisme. Mais à la vue de l’argent, ils s’abattent sur un individu comme les abeilles. Peut-on prétendre protéger ou sécuriser un peuple tout en le pillant, le ruinant, le dépouillant de ses biens et en fuyant devant les ennemis ? Pire encore, lui tirer dessus, ou le bastonner ? Si les Centrafricains réclament aujourd’hui à cor et à cri le redéploiement de la gendarmerie et de la police et l’opérationnalisation des FACA, c’est qu’ils espèrent obtenir d’elles, la paix et la sécurité.

Mais à l’allure où vont les choses, un centrafricain lambda ou un observateur de la vie nationale, serait tenté de dire que les FDS ne sont pas différentes des forces non conventionnelles. Tout ce que font ces hommes en armes est semblable à ce que font les FDS, alors que tous disent qu’ils protègent les populations civiles. Face à ces bévues des groupes armés et des FDS, qui protègera réellement le peuple centrafricain ? A vous de nous donner la réponse à cette question. La fin du calvaire des Centrafricains n’est pour demain. C’est dommage !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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