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LA JUSTICE POPULAIRE CONTRE LES PERSONNES ACCUSEES DE PRATIQUER LA SORCELLERIE GAGNE DE PLUS EN PLUS DU TERRAIN EN RCA

septembre 9, 2016

 

Il ne se passe pas un (1) seul jour en RCA pour que des compatriotes accusés de pratiquer la sorcellerie soient victimes de la justice populaire. Et ce, en présence des autorités politico administratives du pays, y compris même des magistrats. Et pour cause, l’incrimination de la sorcellerie dans le Code Pénal Centrafricain (CPC) aggrave les défis actuels en ce qui concerne ce phénomène social existant, car elle (incrimination) fournit une sorte de légitimation dans l’esprit d’un ensemble d’individus qui persécutent d’autres personnes accusées de sorcellerie. En outre, elle encourage la stigmatisation sociale et les victimes sont exposées à des violations et atteintes graves aux droits humains, tandis que les auteurs ne craignent pas les poursuites judiciaires et agissent en toute impunité.

Les principales victimes de ces actes ignobles et barbares, accusées de pratiquer la sorcellerie, sont des personnes de troisième âge (surtout des vieilles femmes), des filles et des garçons. Elles (victimes) ont été soumises à des tortures ou des traitements inhumains et dégradants ayant entraîné des décès et des blessures graves. Les victimes, dans la majorité des cas, sont des personnes âgées, des veuves, des personnes handicapées ou des personnes qui ne disposent pas d’un fort soutien dans les communautés locales.

Il y a lieu de préciser, avec la plus grave crise militaro-politique qu’a connue le pays, dans la majorité des cas, ces abus aux droits humains, ont été commis par les combattants des groupes armés (Séléka et Anti-Balaka). Ces combattants ont systématiquement extorqué d’importantes sommes d’argent aux victimes en échange de leur libération.

Chose grave, dans l’écrasante majorité des cas, il n’y a pas eu de reddition de compte pour les criminels, ni de justice pour les victimes. Dans certaines régions où il y a une faible présence des autorités de l’Etat, aucune enquête n’était ouverte par les autorités judiciaires, de peur d’être soumises à des attaques et autres exactions des combattants des groupes armés. Par contre, les victimes hésitent à porter plainte par crainte de représailles des groupes armés, de stigmatisation et d’être chassées par leurs communautés. Face à ce cas précis de justice populaire galopante et généralisée en RCA, que faire concrètement pour y remédier ?

L’Etat doit prendre en main ses responsabilités régaliennes. Car il a l’obligation de protéger les « personnes vulnérables » contre les accusations de sorcellerie et les abus à leurs droits fondamentaux de la part des groupes armés et autres tierces personnes. Autrement dit, l’incapacité des autorités à agir et à protéger ces personnes est en violation de leur devoir d’enquêter et de poursuivre les auteurs de crimes et de contribuer à la lutte contre l’impunité sous toutes ses formes. Pourquoi pas aussi faire des plaidoyers auprès des partenaires au développement du pays, dans le but d’organiser de vastes campagnes de sensibilisation et de conscientisation de toutes les couches sociales de la RCA, sur les dangers et les conséquences néfastes de ce cas de justice populaire exercée sur les personnes accusées de la pratique de sorcellerie ? Méditons-en ensemble, pour éviter que le pire n’arrive.

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

 

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