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15 SEPTEMBRE 2014 – 15 SEPTEMBRE 2016 : QUEL BILAN TIRE DES 02 ANS DE L’EXERCICE DE LA MINUSCA EN RCA?

septembre 15, 2016

 

15 septembre 2014 – 15 septembre 2016, il y a exactement deux (2) ans, jour pour jour que la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), est déployée en Centrafrique. La Minusca prenait le relais de la Misca, la mission africaine. Deux (2) ans se sont écoulés aujourd’hui. Mais qu’est-ce qui a été concrètement fait par les Casques Bleus de la Minusca ? Ont-ils répondu aux attentes du peuple centrafricain ? Le bilan de leur mission est-il positif ou négatif aux yeux des Centrafricains ?

La mission onusienne, Minusca, qui était déployée en Centrafrique le 15 septembre 2014, avait pour mission principale, la protection des populations civiles contre les exactions barbares, indignes, inhumaines des combattants des groupes armés. Et aujourd’hui, la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge en ces termes : « La mission principale des Casques Bleus de la Minusca a-t-elle été bien exécutée » ? D’après certains Centrafricains que nous avons rencontrés dans la rue, ils affirment que le bilan des deux (2) ans de la Minusca est mitigé. Beaucoup sont ceux qui disent que, la Minusca a failli à son devoir de protection des populations civiles. L’attaque de la paroisse Notre Dame de Fatima, les évènements du 26 septembre et du 29 octobre 2015 dans le 3ème, 5ème et 6ème arrondissements de la ville de Bangui qui avaient fait plusieurs dizaines de victimes et des blessés, reviennent toujours sur le bout  des lèvres des Centrafricains, principalement les banguissois et banguisoises. Les exemples sont si nombreux, mais nous avons cité quelques-uns, car la liste n’est pas exhaustive. A cela s’ajoutent des actes ignobles commis par les groupes armés sur les populations dans l’arrière-pays où les Casques Bleus de la Minusca ont été accusés à tort ou à raison, d’être complices des combattants Séléka ou d’être à leur solde. Ce ne sont  pas les villes de Bambari, de Batangafo, de Kaga-Bandoro, de Mbrès, et nous en passons, qui nous démentiront.

Beaucoup de Centrafricains sont montés au créneau pour dénoncer les attitudes, la passivité, l’attentisme, l’immobilisme des Casques Bleus de la Minusca face aux groupes armés qui écumaient et qui écument le peuple centrafricain. D’autres sont allés plus loin pour accuser les forces internationales, soit la Minusca, soit la Sangaris, d’avoir distribué des armes aux combattants Séléka et Anti-Balaka, pour s’entretuer. Les déclarations des leaders des partis politiques et de la société civile sont encore présentes dans l’esprit des Centrafricains. Certains sont allés plus loin pour demander aux Centrafricains de faire des marches pacifiques ou des désobéissances civiles dans le but de faire partir les forces internationales de la RCA. Quelques députés de la nation n’ont pas aussi caché leur colère vis-à-vis des Casques Bleus de la Minusca qui assistent sans réagir. Car certaines barbaries des forces non conventionnelles se déroulent, s’opèrent sous leur barbe. De ce fait, ils étaient considérés par les Centrafricains comme des sapeurs-pompiers qui n’interviennent qu’après l’incendie qui a tout ravagé sur son passage.

Au lieu d’en rester là, les Casques Bleus de l’ex-patron de la Minusca, Babacar Gaye et du nouveau, Parfait Onanga-Anyanga, se sont lancés dans une course effrénée au sexe féminin. Les viols et les abus sexuels sur les mineurs et les femmes centrafricaines ne se comptent plus. Des films pornographiques seraient aussi organisés par ces derniers avec les Centrafricaines, occasionnant des divorces entre époux et épouses. Des jeunes filles sont tombées enceintes suite à ces pratiques horribles qui ne cadrent pas aux principes des Droits de l’Homme, prônés par les Nations Unies. Nous osons croire aujourd’hui que les abus sexuels et les viols commis sur les mineurs, les filles et femmes centrafricaines se poursuivent allègrement sans que les auteurs ne soient inquiétés ou punis par la justice de leur pays. Et pourtant, Babacar Gaye a payé le pot cassé de ces bévues des Casques Bleus de la Minusca. Mais avec l’arrivée de Parfait Onanga-Anyanga, les soldats onusiens ne démordent pas, ni ne faiblissent dans leurs pratiques. L’être humain, pourtant sacré aux yeux de Dieu Tout-puissant,  est devenu un objet sans valeur, une pure pacotille des Casques Bleus qu’ils peuvent manipuler à souhait, ou comme bon leur semble. Les femmes et filles centrafricaines ont perdu leur dignité, leur valeur d’antan à cause des Casques Bleus de Parfait Onanga-Anyanga et de Ban Ki-Moon.

Mais en dépit de tout cela, les Casques Bleus de la Minusca n’ont ménagé aucun effort pour la sécurisation des élections. Nous pouvons affirmer sans nous tromper que ces derniers ont fait un travail remarquable pour la réussite des élections. N’eût été leur apport dans l’acheminement des matériels électoraux, dans la sécurisation des scrutins présidentiel et législatifs, en somme, leur engagement et leur détermination dans le processus électoral, du début à la fin, la RCA ne sera dotée de nouvelles autorités issues des urnes.

Aujourd’hui, la Minusca s’investit pleinement dans le processus DDRR, à travers le pré-DDR. Plus de trois mille (3000) combattants issus de la Séléka et des Anti-Balaka ont déposé leurs armes et font de petits travaux, financés par la Minusca. C’est un acte à encourager et à louer. Car, le désarmement forcé s’étant évaporé dans le mandat de la Minusca comme une traînée de poudre, il faut faire avec ce pré-DDR pour espérer un jour retrouver la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. En outre, les Casques Bleus de la Minusca s’investissent aussi pleinement dans la recherche de la cohésion sociale, du vivre ensemble entre  musulmans et non musulmans. Des ateliers, des séminaires sont organisés sur la sensibilisation des uns et des autres. Tout cela, dans le but de favoriser le retour de la paix en Centrafrique. C’est une bonne initiative. Mais il faut que les groupes armés comprennent la nécessité des démarches menées par la Minusca. Car, on ne résout pas un différend par les détonations et les crépitements d’armes de tout calibre. La résolution d’un conflit passe inéluctablement par le dialogue, le pourparler. Et c’est ce que fait la Minusca aujourd’hui.

Au regard du tableau du mandat de la Minusca durant les deux (2) ans écoulés, dressé ci-haut, peut-on dire qu’il est positif ou négatif ? Un observateur de la vie nationale serait tenté d’affirmer que la balance se penche plus vers le négatif que le positif. Puisque depuis deux (2) ans où la Minusca est déployée en Centrafrique, il y a eu plusieurs pertes en vies humaines que des personnes sauvées par les Casques Bleus de la Minusca. Il y a eu certes des massacres, des tueries, des incendies des villages, des maisons et des quartiers qui sont commis devant eux, mais avec leur soi-disant capacité opérationnelle, ils sont parvenus à ramener une paix précaire que nous observons aujourd’hui. D’ici peu de temps, les soldats français de l’Opération Sangaris vont plier bagages. Les soldats onusiens de la Minusca seront seuls sur le théâtre des opérations. Attendons de voir ce qui adviendra dans les jours à venir pour en dire plus sur cette mission onusienne en Centrafrique. Mais globalement, les résultats de leur mandat, ne sont pas à la hauteur des attentes du peuple centrafricain. Ils doivent doubler d’efforts pour gagner la confiance des Centrafricains d’ici à novembre 2017.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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