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ALLOCUTION DE L’HONORABLE Karim MECKASSOUA PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA QUATRIEME SESSION EXTRAORDINAIRE 2016

septembre 15, 2016

 

Vous accueillir aujourd’hui en ce lieu, témoin silencieux de notre histoire, à l’occasion de l’ouverture de cette session extraordinaire, est pour moi un insigne honneur.

Je voudrais à cette occasion vous adresser mes chaleureuses salutations et vous souhaiter une cordiale bienvenue.

Votre présence, jour après jour à nos côtés témoigne, au-delà de la traditionnelle cérémonie protocolaire, de votre soutien indéfectible et de votre solidarité sans faille à notre ferme volonté de bâtir un État de droit, démocratique et respectueux des valeurs universelles des Droits de l’homme. C’est sur ce socle que notre pays peut aller de l’avant et se développer.

Honorables Députés ; Chers Collègues

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Le Budget d’un État est par essence conjoncturel. Il doit, par conséquent, s’adapter à l’environnement notamment aux fluctuations économiques dont il est par ailleurs étroitement dépendant en ce qui concerne les ressources.

Le Collectif budgétaire ou Lois des finances rectificatives, faut-il le rappeler, est le moyen par excellence qui permet de modifier au cours de l’année les dispositions de la loi des finances initiale. Les collectifs budgétaires, soumis au Parlement en cours d’année, permettent :

– De traduire une nouvelle orientation de la politique économique et budgétaire ;

– Mais aussi de s’adapter à la conjoncture économique, lorsqu’elle modifie les conditions d’exécution de la Loi de Finances Initiale (impact de la crise financière internationale sur l’économie nationale par exemple).

En ce qui concerne la République centrafricaine, le contexte national a bien changé depuis la période de Transition jusqu’à l’élection d’un nouveau Président de la République, Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, la nomination d’un nouveau Gouvernement et l’installation d’un nouveau Parlement.

Il y a la déclaration de Politique générale de Monsieur le Premier Ministre Simplice Mathieu SARANDJI que nous avons adoptée à une écrasante majorité et qui a ouvert de nouvelles pistes et prévu des dépenses supplémentaires.

Il y a également le Programme triennal d’assistance financière conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI) avec en prime la Facilité Elargie de Crédit (FEC).

Dans le Collectif budgétaire que le Gouvernement nous soumet aujourd’hui, les ressources sont estimées à 162,09 milliards de F CFA et les dépenses à 213,80 milliards de F CFA. Ce qui représente un solde déficitaire de 51,60 milliards de F CFA, soit 4,95% du PIB.

Acteurs volontaires de la transformation de la République centrafricaine en un État fort, dynamique et prospère, nous nous engageons au quotidien à créer les conditions de redressement d’un pays désorienté, déboussolé et groggy par tant et tant de vicissitudes.

Tout a été dit sur les crises à répétitions en République centrafricaine. Beaucoup d’avis souvent contradictoires ont été émis. Des thèses plus ou moins défendables ont été soutenues par des observateurs appréciant la réalité avec des lunettes qui ne sont pas toujours les nôtres. Une chose est sûre : personne ne connaît mieux la République Centrafricaine que les Centrafricains eux-mêmes. Personne ne ressent mieux les besoins du peuple centrafricain que les Centrafricains eux-mêmes. Personne n’apportera la Paix, la Sécurité, l’Unité et la Réconciliation nationales en République centrafricaine que les Centrafricains eux-mêmes. Personne ne développera la République centrafricaine que les Centrafricains eux-mêmes. La solidarité de nos amis et de nos frères africains, bref de la communauté internationale aussi bénéfique soit-elle, ne remplacera jamais notre engagement en tant que Nation souveraine.

Cela a été dit maintes fois. Et je le redis encore aujourd’hui. Les conséquences de la récente crise qui a manqué de nous emporter, en ébranlant notre pays dans son fondement et notre peuple dans son identité continuent hélas d’impacter le présent et de sérieusement compromettre l’avenir. La liquidation de l’économie nationale, la destruction des outils de production, le délabrement des infrastructures, la mainmise des forces occultes et de leurs acolytes sur des pans entiers du territoire national avec ses richesses sont autant de pesanteurs dont la persistance nous conduira à la ruine si nous ne nous ressaisissons pas. Lorsqu’un pays comme la République centrafricaine bâtit son économie sur des recettes fiscalo-douanières, de tels facteurs négatifs doivent être maîtrisés au plus vite. Il est donc impératif que des efforts soient fournis pour maîtriser les exonérations fiscales et douanières qui sont des niches de recettes. Sur le plan des dépenses, le Gouvernement doit poursuivre le contrôle des effectifs de la fonction publique afin de maîtriser la masse salariale.

L’Assemblée Nationale pour sa part, ne fera l’économie d’aucun effort pour soutenir l’action indispensable du Gouvernement allant dans le sens de création des richesses nationales.

Le collectif budgétaire qui nous est soumis devra permettre de corriger le budget de la Nation pour l’année 2016 de manière à le faire correspondre à la réalité du moment.

Des engagements ont été pris, des dépenses ont été programmées. Si les recettes attendues ne correspondent pas aux attentes, il est de notre devoir de procéder à des corrections nécessaires.

Je demanderai au Ministre des Finances et du Budget et à ses collaborateurs de se rendre plus disponible pour faciliter l’examen de ce projet de loi de finances rectificative qui intervient à une période où nous devrions plutôt nous préparer pour examiner le projet de loi de finances 2017.

J’appelle donc l’attention du Gouvernement sur la nécessité d’élaborer et soumettre au Parlement lors de la session d’octobre 2016, le projet de loi de finances et du budget de l’Etat  pour l’exercice suivant.

Il n’est donc pas superflu de rappeler, qu’il faut que le Gouvernement prenne dès à présent,  toutes les dispositions pour respecter ce calendrier et finaliser la préparation du projet de loi de finances et du budget au titre de l’exercice 2017 afin qu’il soit examiné et adopté avant le 31 Décembre2016, s’il veut éviter de recourir aux douzièmes provisoires pour collecter l’impôt et effectuer les dépenses de l’Etat en début d’année prochaine.

Je voudrais par ailleurs,  rappeler au Gouvernement  que notre pays est à la croisée des chemins,  son économie est en difficulté, ses finances sont sous perfusion  du fait de la crise qu’elle a connu. Par conséquent nous devons consentir plus d’efforts pour mobiliser davantage de ressources domestiques et continuer de bénéficier des financements des bailleurs.

A cet effet, l’attention des représentations nationale a été attirée sur certaine nombre sur les insuffisances dans la préparation des projets à présenter à Bruxelles le 17 Novembre 2016. Il est donc capital que nous présentions des projets réalistes et crédibles basés sur un programme d’investissement cohérent qui prend en compte les engagements déjà pris à l’égard de la communauté financière internationale. Le rendez-vous de Bruxelles est une échéance décisive pour la République Centrafricaine.,

– Honorables Députés ;

– Distingués invités ;

– Mesdames et Messieurs ;

Du 6 au 10 septembre dernier, j’ai répondu à l’aimable invitation de mon homologue Président de l’Assemblée nationale de la République d’Angola pour effectuer, à la tête d’une délégation de parlementaires centrafricains, une visite d’amitié et de travail dans ce pays frère. Au cours de notre séjour, le Président de l’Angola, Son Excellence Edouardo dos Santos, m’a fait l’insigne honneur de me recevoir au cours d’une audience pendant laquelle j’ai transmis le message d’amitié de Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, Président la République centrafricaine, ainsi que le message de reconnaissance et de gratitude à l’endroit du peuple angolais pour la grande solidarité qu’il a manifestée en notre faveur pendant la crise que nous avons connue.

Dans les moments difficiles que vient de traverser la République centrafricaine, l’Angola s’est toujours montré à la fois solidaire et généreux. Au prix de grands sacrifices, matériels et financiers, il n’a pas hésité un seul instant à voler à notre secours. Cette aide multiforme  appréciée était arrivée au bon moment pour satisfaire les immenses besoins d’un pays en crise qui ne peut hélas pas encore résoudre ses propres problèmes par lui-même.

Conscients que c’est dans les moments difficiles qu’on connaît les vrais amis, nous devons saisir toutes les occasions pour souligner que l’Angola est à la fois un pays frère et ami. Oui, le peuple souverain angolais, par l’intermédiaire de ses dirigeants librement choisis, a toujours fait preuve de tant d’affection et de mansuétude à l’égard de notre peuple que nous ne saurions l’oublier.

Que ce soit dans le cadre de la coopération bilatérale, de la CEEAC, du Groupe International de contact pour la RCA, de la Commission des Grands Lacs, de l’Union Africaine, du Conseil de sécurité des Nations-Unies, du Processus de Kimberley, l’Angola a toujours été à nos côtés. L’appel lancé par le Président Eduardo Dos Santos pour un soutien sans faille à la RCA dans son discours d’ouverture du dernier sommet des  pays membres de la Commission des Grands Lacs qui a eu lieu en juin à Luanda, a été un message fort auquel les élus et le peuple centrafricains ont été très sensibles.

Avec nos collègues angolais nous avons convenu de créer des groupes parlementaires d’amitié Angola / République centrafricaine au sein de nos institutions respectives, d’échanger les expériences et de multiplier des visites d’amitié.

Honorables Députés et Chers Collègues ;

Dans le Collectif budgétaire que le Gouvernement nous soumet aujourd’hui, je le répète, les ressources sont estimées à 162,09 milliards de F CFA et les dépenses à 213,80 milliards de F CFA. Ce qui représente, je le répète encore, un solde déficitaire de 51,60 milliards de F CFA, soit 4,95% du PIB.

Je sais pouvoir compter sur votre sens élevé des responsabilités et vous invite à faire preuve de perspicacité et d’assiduité dans le travail afin de donner au Gouvernement une loi de finances rectificative 2016 réaliste et qui tient compte des priorités du moment.

Sur ce, je souhaite plein succès à nos travaux et déclare ouverte la quatrième session extraordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2016.

Je vous remercie pour votre bienveillante attention.

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