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VILLE DE KAGA-BANDORO ENSANGLANTEE PAR DES AFFRONTEMENTS SOUS LA BARBE DU CONTINGENT PAKISTANAIS : 24 MORTS ET DES BLESSES

septembre 19, 2016

 

La ville de Kaga-Bondoro, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi, vient encore une fois de plus de sombrer dans un regain de violences inouïes, inhumaines et barbares. Dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 septembre 2016, des affrontements très meurtriers ont opposé les combattants Séléka et ceux des Anti-Balaka. Le bilan est lourd : on parle de plusieurs morts et des dizaines de blessés. Certains blessés graves ont été évacués dans les hôpitaux à Bangui. Des scènes de pillage à grande échelle ont été observées. Les combattants s’en sont pris aux humanitaires qui travaillent dans  cette ville. L’unique radio communautaire implantée dans cette ville a été pillée. A 10 kilomètres de Kaga-Bandoro, précisément dans le village Ndomété, des maisons ont été incendiées par les combattants Séléka. L’église catholique du village a été entièrement saccagée par ces derniers. Certains habitants, témoins oculaires des évènements, parlent de plusieurs cadavres. D’après eux, les combattants Séléka vont de porte en porte, en tuant ou égorgeant des personnes qui s’y trouvent. Ceux qui ont la chance d’être encore vivants, sont des individus qui ont fui dans la brousse pour se mettre à l’abri de la folie, de la furie dévastatrice et meurtrière des combattants Séléka, ainsi que les habitants qui ont pris d’assaut le site des déplacés sous la garde du contingent pakistanais de la Minusca.

Mais les témoignages qui fusent par-ci, par-là, attestent que la passivité, l’immobilisme, l’attentisme, voire la complicité de ce contingent ne sont plus à démontrer. Les Casques Bleus pakistanais auraient dû éviter ou épargner certaines vies humaines. Mais hélas, ils n’agissent pas. Ils sont immobiles comme des gratte-ciel, des immeubles. Toutes exactions commises par les hommes de Nourredine Adam et de Alkhatime sur les populations civiles, ne les émeuvent nullement. Ils sont toujours figés dans leur tour d’ivoire comme des statuettes. Même un lombric bouge, se déplace d’un lieu à un autre. Le caméléon qui titube comme s’il a bu de l’alcool, n’est pas stable. Mais les Casques bleus pakistanais, selon les habitants de Kaga-Bandoro, sont les pires déchets des soldats onusiens de la Minusca. Ils ne se contentent que de manger du piment ou de boire le « bili-bili », une boisson locale. En fin de compte, ils sont ivres comme un singe qui a bu du vin de palme. Et certains individus, surtout les voleurs, profitent de leur ivresse pour leur soutirer des téléphones portables, emporter leurs armes ou casser leur entrepôt pour prendre des climatiseurs et autres objets de valeur. Le plus souvent, c’est grâce à leurs acolytes, les combattants Séléka, qu’ils retrouvent leurs armes, moyennant quelques billets de banque.

Dans cette situation indescriptible qui ne dit pas son nom et par rapport aux comportements des Casques Bleus pakistanais de la Minusca, peut-on encore parler de « Bandoro, ville sans armes » ? D’ailleurs, la ville de Bandoro n’a jamais retrouvé une quiétude depuis que les pakistanais sont basés là-bas. Les détonations d’armes de tout calibre sont toujours entendues dans cette ville au grand dam des populations de Kaga-Bandoro en particulier, et le peuple centrafricain en général. Du jour au lendemain, c’est l’écho des cris de détresse, des gémissements, des lamentations, des tueries, des massacres, des incendies de maisons et villages qui nous parvient. Et ce, sous la barbe des pakistanais qui seraient de connivence avec les combattants Séléka. Et le député de Kaga-Bandoro 2 n’a pas manqué de parler d’incompétente, de la faiblesse du contingent pakistanais basé à Ndomété (10Km de Bandoro) et dans la ville même de Kaga-Bandoro. Il est allé mémé loin pour demander qu’ils soient relevés par un autre contingent.

Face à ce qui est arrivé dans la ville de Bandoro, le week-end dernier, le gouvernement centrafricain et la Minusca, doivent prendre leur responsabilité pour épargner des vies humaines. Qu’on dise clairement aux Centrafricains, qui du gouvernement ou de la Minusca doit protéger les populations civiles. Si ce sont les Casques bleus de la Minusca, qu’ils se mettent résolument au travail après leurs deux années d’activités en RCA qui restent et demeurent infructueuses, sans lendemain meilleur. Si la tâche de protection des populations civiles incombe au gouvernement, nous demandons purement et simplement au Conseil de sécurité de l’ONU, de lever l’embargo sur les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et sur les armes à destination de la RCA. Une fois l’embargo levé, le gouvernement centrafricain peut se réorganiser pour assurer la sécurité de ses concitoyens. Car toutes les formules mathématiques inventées par les Nations-Unies (ville sans armes, désarmement volontaire à travers le pré-DDR …) , n’ont donné aucun résultat probant, tangible. Les Centrafricains continuent de mourir comme les bœufs des peuhls pour ne pas dire ceux des Séléka, à l’abattoir. Deux (2) ans sans rien faire de concret pour arrêter les cycles de violences, c’est déjà assez trop. Si la Minusca n’est pas à la hauteur de sa tâche, la meilleure solution est de jeter l’éponge. Car les Casques Bleus ne peuvent construire des villas dans leur pays sur le dos des Centrafricains. Trop, c’est trop ! Les Casques bleus pakistanais qui brillent pas leur incompétence ou qui excellent dans la complicité avec les Séléka, doivent quitter Kaga-Bandoro, ainsi que la RCA pour toujours. On ne s’amuse pas avec la vie des gens.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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