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E ZÎNGO BÎANI : TABLE RONDE SUR LA SITUATION SECURITAIRE EN RCA, SOUS L’IMPULSION DU COORDONNATEUR DU GTSC, GERVAIS LAKOSSO

septembre 21, 2016

 

Le coordonnateur du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), Gervais Lakosso, a organisé une table-ronde sur la situation sécuritaire en Centrafrique, ce lundi 19 septembre 2016, dans l’enceinte du Conseil National de la Jeunesse Centrafricaine (CNJ-CA), située au Complexe Sportif Barthélémy Boganda (Stade 20.000 Places), de 09h30 à 13H30. Cette table-ronde a regroupé certains leaders des partis politiques, les syndicats, la jeunesse, les femmes de l’OFCA et autres, presque toutes les forces vives de la nation. Le gouvernement et la composante de la sécurité de la Minusca n’y ont pas pris part, pour quelle raison, on ne sait, alors qu’ils étaient conviés à cette table-ronde. Mais la Minusca a été représentée par sa division politique.

Tous les participants ont passé en peigne fin, en revue, la situation sécuritaire du pays qui demeure incertaine, instable. Ils n’ont pas manqué de dénoncer l’incapacité de la Minusca à protéger les populations civiles et ont exhorté le gouvernement à prendre  ses responsabilités.

Voici l’intégralité de l’allocution du coordinateur de GTSC, Gervais Lakosso, à l’ouverture de cette table-ronde.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

Mots Introductifs de la société civile

 

Ces trois questionnements ci hauts, formulés en Sàngô sont ceux de tout le peuple centrafricain et qui n’ont jamais eu de réponses appropriées pour que la crise continue. Et tant que ces réponses ne seront pas délivrées au peuple, cette crise ne finira jamais. Que le programme DDRR soit effectué avec brio, que les multiples programmes de cohésion sociale dont les activités principales sont les renforcements des capacités se tiennent, que le Chef d’Etat tienne mille dialogues avec les groupes armés. Je le rappelle, cette crise ne finira jamais, si ces trois questions ne trouvent pas de réponses honnêtes, justes et équitables.

Nous ne vous avons pas invités ici pour vous juger, vous attaquer ou vous demander de quitter la Centrafrique comme certains le craignent. Mais pour vous demander avec tout le respect dû à vos rangs et prérogatives, avec toute la reconnaissance aux sacrifices que vous consentez pour notre peuple et aussi avec la détresse d’un peuple qui a trop souffert et qui est décidé de sortir de cette situation pour que vous nous aidiez  à trouver enfin des réponses appropriées à ces trois questions.

Vous en avez la responsabilité. Nous en avons les bénéfices et le droit de savoir comment vous faites les choses. Oui, nous avons le droit de savoir ce que vous faites avec les mandats que les peuples vous ont donnés. Le peuple a versé du sang pour que les élections se tiennent dans certains quartiers et villages du pays. Nous n’avons pas l’intention de laisser le loisir aux dirigeants de faire du pays ce que bon leur semble même quand ils commettent des erreurs. Cela s’applique aussi à la MINUSCA dont les mandats se multiplient en Centrafrique sans influencer réellement la crise.

Qu’il nous soit permis de rappeler et cela en réponse aux nombreuses critiques de la communauté internationale qui disent que plusieurs missions des Nations Unies et des Organisations Régionales sont venues au secours de la Centrafrique sans mettre fin à la crise. Nous pensons que c’est parce que toutes ses missions sont toujours venues avec des idées conçues de la crise centrafricaine et impriment des démarches de résolution qui n’ont jamais pris en compte la vision et la volonté de la majorité des Centrafricains. Se contentant de traiter avec les Gouvernants à qui ils disent généralement ce qu’il faut faire, comment cela doit se faire et déclarent que tout va bien, prennent leurs bagages, rentrent et quelques années plus tard, reviennent pour recommencer les mêmes pratiques. Toute entité ou personne qui essaie de développer ou proposer des idées contraires est systématiquement considérée par les dirigeants et les missions internationales, comme fauteur de troubles, ingrate, et j’en passe.

Voila pourquoi les missions antérieurs de la communauté internationale et celles en cours, quoiqu’elles ont parfois permis d’éviter le pire, n’ont jamais réussi à ramener la paix en Centrafrique et ne contribueront jamais à ramener la paix si elles restent dans cette logique.

Dans deux jours, tous les peuples de la terre célébreront la journée internationale de la paix. Nous nous demandons si les Centrafricains sont en droit de célébrer cette journée ?

Sur quoi, nous fonderons-nous pour célébrer cette journée ? Célébrer cette journée en Centrafrique pour nous, sera de l’hypocrisie et de l’insulte à l’endroit d’un peuple qui perd ses enfants tous les jours et dont une majeure partie vit dans l’esclavage et la domination des forces du mal au vu et au su de toute la terre.

Comment célébrer la paix, alors que les dirigeants nouvellement élus, n’écoutent déjà plus le peuple, ne donnent du sens qu’aux propositions de la communauté internationale et ne considèrent que les groupes armés ?

Comment célébrer la paix, quand nous devons attendre 15 ans pour avoir une armée nationale ? Comment célébrer la paix quand les forces de l’ordre n’exercent leurs forces souvent que sur les populations civiles et oublient de le faire sur ceux qui offensent le peuple, prétextant qu’ils n’ont pas les moyens pour le faire ?

Pourtant, nous croyons tous à la paix, nous voulons tous la paix. Mais pas cette paix hypocrite que vous allez célébrer le 21 septembre pour nous mentir une fois de plus que vous avez déjà sauvé le peuple centrafricain.

Nous n’avons pas besoin de vos leçons de paix car le peuple centrafricain est un peuple de paix. Nous savons faire la paix. Intéressez-vous réellement à nous, laissez-nous traiter nos différends comme nous entendons, même si cela comporte des erreurs.

C’est seulement ainsi que la PAIX VERITABLE ET DURABLE REVIENDRA EN CENTRAFRIQUE.

A bon entendeur, ACTION car il y a déjà eu trop de belles paroles qui circulent partout en Centrafrique sans lui apporter le salut et la paix.

Nous espérons que nous pouvons maintenant commencer à écouter de bonnes actions et voir de belles paroles s’en dégager.

Car si une crise perdure, c’est que l’injustice et l’hypocrisie demeurent dans  les démarches de résolution.

Que la Vraie paix vienne en Bêafrîka.

Je vous remercie.

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