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LES ACTIVITES SPORTIVES ET CULTURELLES RESOUDRONT-ELLES LA CRISE ?

septembre 21, 2016

Depuis que la crise centrafricaine est née dans la ville de Ndélé au mois de décembre 2012, les Centrafricains ont soufflé le chaud et le froid. Des efforts ont été entrepris par certains Centrafricains, des étrangers, des organismes internationaux et des Organisations Non Gouvernementales (ONG) tant nationales qu’internationales, pour tenter de décrisper la situation. C’est ainsi que certains ont organisé des activités sportives, surtout des matchs de football, dits de « paix », de « cohésion sociale », de « l’unité », de la « réconciliation », et nous en passons. D’autres se sont focalisés sur des activités culturelles, notamment des chansons allant dans le sens de la paix, du vivre ensemble, de la cohésion sociale ; des danses traditionnelles regroupant des communautés, des concerts religieux etc.

Alors, toutes ces activités culturelles et sportives ont-elles réellement contribué au retour de la paix, du vivre ensemble et de la cohésion sociale ? C’est toute la question qui se pose aujourd’hui avec plus d’acuité. Mais les gens ont toujours tendance de dire que « le sport unit les peuples ». C’est vrai, ils ne se trompent pas. Quand la RCA était encore la RCA, le sport unissait le peuple. Car, lorsque de grands évènements sportifs, comme la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), la Coupe du Monde se produisaient, les Centrafricains s’unissaient autour des écrans des vidéos pour suivre les différents matchs qui se jouent entre les grandes nations du football. Et cette situation se poursuit de nos jours. Quoique la République centrafricaine n’est pas mûre dans les sports, les Centrafricains s’y adonnent à cœur vaillant. A titre d’exemple, si on entend des cris, des brouhaha dans la ville de Bangui aujourd’hui, c’est que deux (2) nations de football ou deux clubs de haute pointure s’affrontent. Et les actions menées par les joueurs ou les buts marqués sont synonymes de cris à n’en point finir. C’est aussi le cas avec le match RCA – RDC qui s’est joué le 04 septembre dernier. Donc là, on sent que le sport unit.

Mais dans le sens de notre crise, les activités sportives, culturelles et autres peuvent-elles vraiment ramener la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble, la réconciliation nationale ? C’est très difficile. Car, c’est depuis des mois et des mois que ces activités sont organisées. Ce ne sont pas les villes de Bambari, de Kaga-Bandoro, de Paoua, de Bozoum et les quartiers de Boy-Rabé, de Combattant, du Km 5, qui nous démentiront. Où en sommes-nous aujourd’hui avec les résultats concrets ? Si nos mémoires sont bonnes, les fruits de ces différentes activités ne sont pas à la hauteur des attentes du peuple centrafricain. Car aujourd’hui, on organise un match de football à Bambari, opposant les Séléka aux Anti-Balaka pour la paix et la réconciliation. Demain, dans la même ville de Bambari, des affrontements sont signalés ou éclatent entre ces deux (2) rivaux. Et finalement, à quoi a servi ce match de football ? Absolument rien. C’est de l’argent jeté par la fenêtre. Les constats sont là et personne ne pourra dire le contraire.

A l’heure où nous mettons cet article sous presse, la Minusca déverse des tonnes d’argent dans la sensibilisation, pour la cohésion sociale, le vivre ensemble, la réconciliation nationale, et que savons-nous encore ? Ce processus a-t-il abouti à de bons résultats, du moment où les combattants Séléka tuent, massacrent des individus, incendient des villages, des maisons, des édifices publics et privés, des locaux des humanitaires ? Nous ne pensons pas que ces activités ont contribué à la paix, à la cohésion sociale …

Il serait urgent que la Minusca change de fusil d’épaule, c’est-à-dire qu’elle adopte d’autres stratégies pour que les Centrafricains vivent en paix, en symbiose sur la terre de leurs aïeux. Matchs de football ici, concerts religieux et chansons là-bas, tout ceci n’a guère changé le vécu des centrafricains dans cette crise. La misère, la souffrance, les lamentations, les cris de détresse, les errements d’un lieu à un autre, ont abattu les Centrafricains et sont devenus leur pain quotidien. Comme les groupes armés ne faiblissent pas dans leurs actes barbares, mieux vaut passer à la vitesse supérieure que de tergiverser. Il convient de rappeler à l’ONU, principalement à la Minusca que les Centrafricains sont fatigués et veulent une paix sincère et non des matchs qui n’ont pratiquement rien donné à ce jour.

La résolution de la crise centrafricaine ne passe et ne passera jamais par les matchs de football, des activités culturelles. C’est seulement par le désarmement de tous les combattants (Séléka et Anti-Balaka) que la paix, la sécurité, le vivre ensemble, la cohésion sociale, la réconciliation nationale, reviendront en République Centrafricaine.

A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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