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PLUS DE 20 MORTS A KAGA-BANDORO, PLUS DE 10 A KOUANGO, DES MAISONS INCENDIEES : LA SELEKA A DEBORDE LE VASE.

septembre 23, 2016

 

Le regain de violence a repris de plus bel en République centrafricaine. Le mois de septembre est très meurtrier. Les combattants de la Séléka montent aujourd’hui en puissance et ne sont nullement inquiétés par personne. Les tueries, les massacres, les incendies des maisons et villages, planifiés, organisés et mis en exécution, par ces derniers ne sont plus à démontrer. Ce n’est plus un secret de polichinelle. Les combattants Séléka les plus réticents et récalcitrants au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), ne veulent pas que la paix revienne en Centrafrique. Les exactions barbares commises sur les populations au village Ndomété, dans la ville de Kaga-Bandoro et aux villages Nkoui, Sokambi, et Gbagaya dans la ville de Kouango, témoignent à suffisance que les Séléka ont un objectif bien précis.

D’après les informations qui nous sont parvenues de Kaga-Bandoro, ce ne sont pas les Anti-Balaka qui ont attaqué les positions de la Séléka. C’est au moment où les Anti-Balaka se rassemblaient à Ndomété, on ne sait pour quel but, que les combattants Séléka informés de la situation s’en sont pris violement aux Anti-Balaka. Ces derniers se sont repliés à 15 Km du village Ndomété, sur la route de M’brés. C’est à ce moment précis que les milices Séléka ont commencé à tuer les paisibles citoyens de Ndomété, tout en incendiant leurs maisons. Ceux qui ont pu échapper à la foudre de la Séléka, sont des personnes qui ont fui dans la brousse. C’était un véritable carnage. Mais le fait que les Anti-Balaka se regroupaient dans ce village, ne devait pas être perçu par la Séléka comme une déclaration de guerre. Les combattants Séléka se rassemblent aujourd’hui et depuis quelques temps à Bria et à Kaga-Bandoro pour soi-disant tenir une Assemblée Générale (AG), ont-ils été attaqués par les Anti-Balaka, parce qu’ils se concentrent dans ces villes ? Nous ne le pensons pas.

Mais ce qui paraît encore ambigu, flou, c’est que le contingent pakistanais basé dans le village Ndomété n’a rien fait pour empêcher ces affrontements très meurtriers entre la Séléka et les Anti-Balaka. Et pourtant, si nos mémoires sont bonnes, la Minusca est une force de maintien de la paix et d’interposition. Les Casques Bleus de la Minusca auraient dû s’interposer entre ces deux (2) belligérants pour  éviter le pire, le bain de sang que nous avons observé à Ndomété, la semaine dernière. Mais rien du tout. Les Séléka ont contourné leur position, par quelle magie, pour s’attaquer aux civiles. Le bilan est très lourd : plus d’une vingtaine de morts, les blessés légers et graves ne se comptent plus. C’est peut-être le déploiement de plus de 60 gendarmes et policiers à Kaga-Bandoro, aux côtés des Casques Bleus de la Minusca qui fera baisser la tension et rassurer les habitants. Il est difficile pour le moment d’affirmer ou d’infirmer  cette thèse. Attendons de voir les actions menées par ces derniers sur le terrain, dans les prochains jours, pour en dire plus. Mais en attendant que les dispositifs sécuritaires et humanitaires soient mis en place, les habitants de Kaga-Bandoro et ses environs, doivent prendre leur mal en patience.

Comme cela ne suffisait pas, les combattants Séléka, version Ali Daras qui se sont implantés dans la ville de Kouango depuis 2013, sont passés eux aussi à l’offensive. Suite au décès d’un des leurs à 17 kilomètres de Kouango, précisément, au village Nkoui, ces criminels se sont déportés dans ce lieu et ont tué au moins douze (12) personnes. Au village Gbagaya, certains habitants se sont noyés dans la rivière Oubangui en tentant de fuir la rage de la Séléka pour se réfugier au Congo-Démocratique. Là, le bilan n’est pas encore précis. Mais ce qui étonne et qui fâche, le gouvernement n’a pas encore réagi sur ces exactions barbares de la Séléka. Tout se passe comme si ces compatriotes ne sont pas des Centrafricains. Même les élus du peuple dans cette sous-préfecture n’ont toussé sur ce qui est arrivé à leurs administrés. Incroyable, mais pourtant vrai. C’est le silence de cimetière qui plane sur ce massacre perpétré par les combattants d’Ali Daras. La population de Kouango est-elle sacrifiée sur l’autel du diable ou abandonnée à son triste sort ? Dieu seul le sait. Est-ce que ce sont les habitants du village Nkoui qui ont donné la mort à ce sujet musulman pour être massacrés par ces damnés de la terre ?

D’ailleurs, nous savons tous aujourd’hui  que le choléra sévit dans la ville de Ndjoukou, non loin de Kouango. Il se pourrait que ce compatriote musulman soit décédé suite à cette maladie. Les hommes d’Ali Daras auraient dû faire des enquêtes pour déterminer la cause du décès de leur coreligionnaire avant d’envisager quelque chose que ce soit. Mais ce n’est pas le cas. Si un sujet musulman meurt d’une suite de maladie ou de quelque chose, c’est toujours un non musulman qui lui a donné la mort. Et les représailles sont et demeurent très meurtriers. Des maisons sont aussi incendiées. Les dégâts sont incommensurables.

Vraiment, les combattants Séléka ont débordé le vase et franchi le seuil de l’intolérable. Leur ambition est claire, précise et nette : mettre à genou les non musulmans, les asservir, pourquoi pas les traiter comme leurs esclaves. Mais c’est ce qui se fait aujourd’hui au vu et au su de tout le monde. Chose bizarre encore, ceux qui sont  censés protéger les populations civiles, c’est-à-dire les Casques Bleus de la Minusca, contre toutes exactions des groupes armés, sont devenus aujourd’hui leurs amis, leurs complices, et nous en passons. La complicité dans la crise centrafricaine n’est plus un secret. C’est là où les Casques Bleus de la Minusca sont basés que les exactions se poursuivent allégrement. Trop, c’est trop ! La main invisible dans la crise centrafricaine doit cesser. Les non musulmans sont des Centrafricains au même titre que les musulmans. On ne peut protéger les uns, parce qu’ils sont minoritaires, et sacrifier les autres, parce qu’ils sont nombreux. Les manœuvres dilatoires de la Minusca et des combattants Séléka doivent cesser pour toujours. Les Centrafricains veulent la paix, rien que la paix, un point, un trait.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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