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LE NORD ET LE CENTRE DE LA RCA DANS LA GUEULE, SOUS LES BOTTES DES REBELLES. SITUATION SIMILAIRE AU MALI : POURQUOI S’EN PRENDRE AUX REFUGIES CENTRAFRICAINS ?

septembre 26, 2016

 

L’Afrique bouge aujourd’hui. Elle fait face à des groupes armés non conventionnels qui écument, châtient, asservissent, tuent, massacrent des populations civiles. Ils n’ont ni foi, ni âme et conscience pour leurs compatriotes. De la République Centrafricaine au Mali en passant par le Tchad, le Cameroun, le Nigeria, la Lybie, pour ne citer que ces quelques pays africains, les combattants de Boko-Haram (l’éducation occidentale est un péché), de l’Etat Islamique en Afrique (EIA), les Djihadistes et autres groupes armés font la pluie et le beau temps.

Mais nous nous intéressons aujourd’hui à la RCA et au Mali où la situation sécuritaire qui prévaut dans ces deux (2) pays est presque similaire. Depuis le déclenchement des hostilités par Séléka, le 10 décembre 2012, dans la ville de Ndélé, l’insécurité a gagné du terrain. Si dans d’autres régions du pays, on observe un calme relatif, par contre dans les régions du Nord et du Centre, les groupes armés, dissidents de l’ex-coalition Séléka, ne baissent pas les bras. Les exactions de tout genre sur les populations civiles sont devenues monnaie courante. Il ne se passe pas un jour sans qu’on enregistre, des pertes en vies humaines, des blessés, des incendies des maisons et villages, des viols et abus sexuels, des violations des droits de l’homme, des détentions arbitraires, bref, des exactions à n’en point définir.

A Ndélé (Nord de la RCA), les habitants vivent la peur au ventre à cause des actes barbares de Nourredine Adam, d’Abdoulaye Hissein qui a rejoint cette ville après avoir quitté le Km5 dans la nuit du 12 au 13 août 2016, et de leurs hommes. Dans le centre, principalement dans les préfectures de la Nana-Gribizi et de la Ouaka, n’en parlons pas. A Kaga-Bandoro et au village Ndomété, c’était le chaos indescriptible la semaine dernière. Le sang des pauvres citoyens, des innocents, a coulé sous le pont. D’autres ont été égorgés comme des bœufs, des moutons, des chèvres à l’abattoir. Le bilan était très lourd. Point n’est besoin d’y revenir dessus.

Toujours dans le centre de la RCA, et cette fois-ci dans la préfecture de la Ouaka, foyer des tensions récurrentes, la situation sécuritaire et humanitaire s’est encore dégradée. Et ce, à cause des combattants Séléka du tristement célèbre, soi-disant général Ali Daras. Dans notre précédente parution, nous avons parlé de plus d’une dizaine de morts, des blessés et des maisons incendiés. Mais à en croire le député de Kouango, Davy Yama, 3ème vice-président de l’Assemblée Nationale, sur les ondes de la Radio Ndéké-Luka, le bilan est très, très lourd. Il parle aujourd’hui de cinquante (50) morts, des personnes portées disparues. Plus de cinq cents (500) maisons ont été incendiés sur une distance de 30 kilomètres aux alentours de Kouango. Des milliers de personnes ont pris d’assaut la brousse pour se mettre à l’abri de la furie, de la foudre destructrice et meurtrière des combattants Séléka. D’autres se sont réfugiés de l’autre côté de la rive, précisément au Congo-Démocratique. La situation humanitaire de ces personnes est très critique et doit interpeller la conscience des humanitaires et des gouvernants.

En outre, l’autorité de l’Etat dans les régions du Nord et du Centre est presque inexistante. Certains agents des forces de  sécurité intérieures qui y sont déployées ne font pratiquement rien pour protéger les populations civiles, du fait qu’ils ne disposent pas de matériels adéquats et ne sont pas nombreux. Les maires, les sous-préfets, les préfets n’ont pas de pouvoir sur ces combattants qui agissent comme bon leur semble. Si nous nous mettons à décrire tous les évènements qui se déroulent dans cette partie du pays, il est fort probable que nous allons écrire un roman. Mais, sachez encore une fois de plus que ce qui prévaut dans le Nord et le Centre du pays est douloureux et dramatique.

Il en est de même au Mali, pays de Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé IBK. Dans le centre du pays (région de Mopti), précisément dans la ville de Boni, certains soldats maliens auraient battu en retraite devant les Djihadistes qui ont occupé cette région depuis quelques temps. Ils y règnent en maître absolu et imposent leur volonté à qui de droit. De même, dans le Nord du pays, en l’occurrence la région de Khidal, les combattants de l’EIA ont eux aussi occupé cette partie du pays. L’autorité de l’Etat n’y existe que de nom. A entendre le ministre malien de la Communication sur les ondes de la Radio France Internationale, il semblerait que l’Exécutif a du mal à instaurer son autorité dans cette région. En outre, les résultats des pourparlers entamés avec les rebelles sont demeurés lettre morte après quinze (15) mois.

Tout comme le Nord et le Centre de la RCA qui sont sous les bottes de la Séléka, les régions de Mopti (Centre) et de Khidal (Nord), sont aussi dans la gueule des Djihadistes et des combattants de l’EIA. Donc, la situation sécuritaire dans ces pays est presque similaire et identique. Alors, pourquoi les soldats malien qui ont pris leur jambe au coup face à l’arrivée des combattants de l’EIA, se permettent le luxe de tabasser les réfugiés centrafricains au Mali ? Nous osons croire que des réfugiés maliens se trouvent aussi sous d’autres cieux, principalement dans les pays voisins, et pourquoi pas en Centrafrique. Ont-ils été traités ainsi ? Nous ne le pensons pas. Les Africains doivent comprendre aujourd’hui que ce qui arrive aux autres, peut aussi les arriver d’un moment à l’autre. Ce ne sont pas les gabonais et les congolais qui nous démentiront. « A chacun son tour chez le coiffeur », dit un adage populaire. Tous ceux qui maltraitent les réfugiés centrafricains, subiront tôt ou tard les conséquences de leurs actes. Au lieu de s’unir, les africains se divisent. En Europe, les réfugiés africains sont refoulés. En Afrique, nous agissons de la même manière. C’est ça la solidarité et l’hospitalité africaines ?

De grâce, aimons-nous les uns, les autres car nos conditions de vie sont semblables et peuvent basculer d’un moment à l’autre avec les groupes armés ou les terroristes qui poussent en Afrique comme les champignons dans la forêt de la Lobaye ou de l’Amazonie.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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