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LES CENTRAFRICAINS EXIGENT TOUT A LA MINUSCA, NOTAMMENT LE CIEL ET LA TERRE, MAIS CROISENT LES BRAS POUR LARMOYER A LONGUEUR DE JOURNEE, ETABLIR UNE COMPTABILITE MACABRE, ET RIEN D’AUTRE

septembre 26, 2016

 

La Minusca n’a pas une baguette magique pour tout changer par enchantement. Les Centrafricains sont champions toute catégorie d’accusations. C’est l’autre qui doit tout faire en lieu et place des Centrafricains. Les Centrafricains n’ont aucun sens de responsabilité, démissionnaires, inconscients et indifférents. Les leaders politiques sont chez eux, dans leurs familles, et ne se sentent nullement concernés par la déconfiture du pays, sauf qu’ils s’érigent en donneurs de leçon sans mettre la main à la pâte. Où sont-ils ? Nulle part, mais ils ont l’art de critique. Pendant que la RCA brûle, ils ne se sentent pas concernés. C’est l’affaire de Touadéra, c’est lui qui est élu. Combien de leaders politiques ont effectué une descente au Camp BEAL pour une visite de courtoisie ? Combien sont allés à Bria, Sibut, Kaga-Bandoro, à Ndélé ? Touadéra est le seul à prendre tant de risques en tant que chef d’Etat à fouler le sol de ces localités. La RCA n’est pas Bangui seulement. Aucune délégation parlementaire n’a pris ce risque au nom de la paix et de la sécurité. La refondation opérationnelle officielle des Forces Armées Centrafricaines vient de démarrer. Un travail s’est fait et se fait, avec détermination et ferveur patriotique.

Depuis les élections, la Minusca était au four et au moulin pour faire aboutir le processus. Contre vents et marées, les Centrafricains avec la Minusca ont relevé le défi du retour à l’ordre constitutionnel. Aujourd’hui, les leaders politiques sont dans leurs familles, mangent, boivent, dansent et dorment sur les deux oreilles. Ils roulent les voitures climatisées, critiquent, manipulent, attisent le feu, accusent à tort ou raison, histoire juste de dire, « Je suis là ». Que font-ils pour leur pays ? Rien. Ils sont aveuglés, aigris, haineux, mais surtout malveillants. Quand rien ne va, il faut mettre la main à la pâte, aider son pays et ses compatriotes à sortir de la crise. Combien de Centrafricains prennent des initiatives pour aider la Communauté internationale à nous aider. Des peureux, des femelles, incapables de prendre le taureau par les cornes. Les leaders politiques sont prolifiques en critique, pur verbiage, mais rien dans la tête. Qui a osé utiliser son charisme pour convaincre les groupes armés, si ce n’est de contribuer à l’échec de Touadéra ?

Les contingents de la Minusca et leur staff sont constitués d’êtres humains avec chair et sang, voire les os comme tout le monde. Pendant que les leaders politiques sont au chaud dans leur lit, la coordination de la société civile est là, observe, sans rien dire. La Minusca, depuis Parfait Onanga Anyanga jusqu’aux hommes de troupes, passent des nuits blanches à gérer les foyers de tension sur l’ensemble du territoire national. Paoua, Bocaranga, Kaga-Bandoro, Mbrès, Bambari, Bangassou, Bakouma, Kouango, Grimari, Sibut, Ndomété et que savons-nous encore ? Les contingents sont exposés aux intempéries, sous la pluie, sous le soleil ardent, dans la nuit noire, à tous les risques possibles : attaques des bandes armées, morsures de serpent, les animaux de la brousse, les maladies, les cas d’assassinat, de blessures graves par balle ou par accidents de véhicules. « Centrafric Matin » a eu le privilège d’assister à la levée de corps d’un soldat tué sur le théâtre des opérations, aucun leader politique, aucun membre de la société civile n’était présent. C’est la Minusca seule qui se débrouille, comme sur une île isolée du reste du monde. Quand un leader politique ou de la société civile parle de la Minusca, c’est comme une ménagère qui déverse des ordures sur la poubelle. Tous les déchets de la RCA sont déversés sur la Minusca. Tantôt, ils s’expriment comme la presse qui est par nature critique. Or, la presse joue pleinement son rôle malgré la dérive de certains organes de presse. En cas de manquement de la Minusca, la presse doit crier très fort sur tous les toits pour se faire entendre de Ban Ki Moon et du Conseil de Sécurité à New-York. Mais les leaders politiques, ceux de la société civile, ne peuvent s’exprimer comme des journalistes.

La priorité de Touadéra depuis l’investiture, c’est la paix, la sécurité, la réconciliation nationale et la cohésion sociale. Touadéra est foncièrement non-violent et privilégie le dialogue avec les groupes armés. Quand deux larrons se disputent, il faut un troisième larron pour les départager. Sur treize (13) groupes armés, dix (10) ont adhéré au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Il reste trois (3) groupes armés récalcitrants qui ne démordent pas, mais sont très impliqués et violents. C’est un bon sujet de réflexion et d’action pour une classe politique et une société civile responsables, douées de bon sens et de la raison. Pourquoi ces trois (3) groupes sont récalcitrants ? Quelles sont leurs exigences ? Pouvons-nous contribuer à les ramener à la table des négociations ? Leurs exigences sont-elles impossibles ? La classe politique et la coordination de la Société civile peuvent constituer une délégation pour aller rencontrer les leaders des groupes armés récalcitrants afin d’essayer d’aplanir les divergences, au lieu de jeter de l’huile sur le feu, déverser l’opprobre sur la Minusca. Faire des suggestions à Touadéra ou à l’Assemblée Nationale, par exemple, « les groupes armés exigent ceci avant d’intégrer le processus DDRR, est-ce que par consensus, nous ne pouvons pas demander à Touadéra d’accéder à cette revendication pour que nous ayons la paix ? »

La Plateforme religieuse n’a pas attendu une autorisation express de Djotodia ou de Catherine Samba Panza pour se mouvoir en messagers de la paix. Leur conscience, leur humanisme, leur sens de responsabilité, de berger du troupeau de Dieu, les ont interpellés. Ils ne pouvaient demeurer des spectateurs passifs de l’horreur grandeur nature. Ils ont pris juste leur bâton de bergers pour parcourir le monde entier, ameuter l’opinion internationale sur le désastre centrafricain. Le Pape François est venu à Bangui. De grands pasteurs, des imminents imams, se sont relayés à Bangui, apportant un message de paix, de réconfort au peuple centrafricain. Suite logique, une ONG a vu le jour pour tenter de colmater les brèches, restaurer le vivre ensemble, réunifier les communautés. Où sont les actions de la classe politique et de la société civile, leur contribution à la résolution de la crise ? Raconter des niaiseries sur fond de haine, de jalousie, de rancœur, démontrant leur médiocrité, avec un esprit aride incapable de réflexions profondes, sereines et salutaires pour le pays. « La patrie est en danger », disait Touadéra, mais personne n’a digéré cette déclaration pathétique. Touadéra et la Minusca sont criblés de tous les déchets du pays, vilipendés, réduits à néant. Si la plateforme religieuse avait croisé les bras comme la classe politique, le Pape François ne foulerait pas le sol centrafricain pour servir de déclique à la paix et à la paix de cœurs. Il faut être profondément imbu de l’amour du prochain pour prendre des risques et se sacrifier pour la multitude. Monseigneur Nzapalainga, l’Imam Kobine Layama, le Révérend Pasteur Guérékoyamé ne sont des candidats à la présidentielle, ni aux législatives, mais ils se sont saignés à blanc. A plus forte raison les candidats à la présidentielle et ceux des législatives qui doivent veiller, préserver et protéger leur électorat. En 2020, demanderont-ils le suffrage des cadavres ? La paix, la sécurité, c’est l’affaire des Centrafricains et non de Touadéra et la Minusca.

Les policiers, gendarmes et soldats de la Minusca sont des pères et des mères de famille. Ils sont privés de tout, vie de famille, loisir, détente, prisonniers des tenues, des pare-balles, courant à gauche et à droite pour la cause d’un peuple lointain. Ils sont insultés, injuriés, traités de tout, sans que les Centrafricains, encore moins la classe politique et la société civile, ne jouent pleinement leur partition, ne manifestent la farouche volonté de conquérir la paix. C’est aux Centrafricains de s’arracher et de s’imposer la paix. Les esprits sont nains, nuls, incapables de transcender les clivages, les rancœurs, la haine et la jalousie. La paix est un bien commun à tous, alors tous, engageons-nous à divers degré pour nous approprier la paix, la véritable paix. L’heure est donc venue de déplomber la matière grise, à l’instar de la Plateforme religieuse.

 

Julien BELA

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