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LE CAMEROUNAIS SIDIKI ET SES HOMMES OCCUPERAIENT LA VILLE DE KOUI APRES DES AFFRONTEMENTS AVEC LES ANTI-BALAKA

septembre 29, 2016

 

aboubakar-sidiki-camerounLa ville de Koui, située à l’Ouest de la République centrafricaine serait tombée  le mardi 27 septembre 2016 entre les mains du rebelle camerounais Sidiki et ses hommes. Dans notre précédente parution, nous avons évoqué la prise en otage ou en tenailles de la ville de Koui par ces mercenaires camerounais à la solde de la Séléka et par les Anti-Balaka. Ces groupes rebelles rivaux avaient bloqué respectivement l’entrée et la sortie de la ville. Mais après de violents affrontements, Koui serait  passée sous le contrôle de Sidiki.

Les habitants de cette ville, pris de peur que de mal, se sont afflués vers la ville de Bocaranga, à quelques quarante (40) kilomètres de Koui, pour se mettre à l’abri de la foudre de Sidiki et ses hommes. Leur situation humanitaire qui s’est dégradée ces derniers temps, s’est encore aggravée davantage. Nous ne savons pas si aujourd’hui, il y a encore des Centrafricains dans cette ville et ses environs. Certainement que cette partie du pays est devenue le territoire camerounais comme ce fut le cas pour certains villages dans la préfecture de la Nana-Mambéré. Il est probable que dans les jours à venir, les camerounais envahiront cette ville et y construiront aussi des maisons, au vu et au su de tout le monde. La RCA est devenue aujourd’hui la Palestine où Israël ne cesse de grignoter doucement mais sérieusement une bonne partie de son territoire en construisant des maisons d’habitation.

Après l’exploitation du pays par des mercenaires tchadiens, soudanais et autres, c’est désormais sa conquête par les camerounais. Ce que Sidiki et ses hommes cherchent depuis quelques jours s’est finalement concrétisé ce mardi 27 septembre 2016. Pouvons-nous croire aux propos tenus par le porte-parole de cette rébellion camerounaise ? C’est du mensonge et de la tromperie. Sidiki et ses hommes avaient l’intention d’envahir la ville de Koui. S’ils avaient conquis le village Tollé (12 km) puis un autre village à sept (7) kilomètres de Koui, d’après vous,qu’est ce qu’ils cherchaient ? Quel était leur objectif ? C’est ce dont nous avons eu l’écho : l’occupation pure et simple de cette ville. Ce porte-parole prétend dire que c’est à cause de l’assassinat d’un sujet musulman par les Anti-Balaka et l’attaque de leur position lors de l’enterrement de ce dernier qu’ils sont passés à l’offensive. C’est faux, archi-faux. Au contraire, ce sont eux qui ont tué des civiles innocents, à en croire le sous-préfet intérimaire de Koui. S’ils s’étaient retirés d’après les conseils de la médiation menée par ce dernier, un commandant de la Minusca et quelques autorités administratives, nous ne serons pas là, ces affrontements ne pouvaient se produire. Mais hélas ! Nous osons dire que la mort d’un compatriote musulman ne doit pas toujours servir de prétexte aux mercenaires pour mâter les non musulmans. C’est absolument trop. Hier, c’était dans la ville de Kouango. Aujourd’hui, c’est à Koui. Où allons-nous avec tout ça ?

Musulmans ou non musulmans, nous sommes tous des Centrafricains. Et nos différends ne peuvent en aucun cas être résolus au bout des kalachnikovs, des lance-roquettes ou des matraques. Si le Chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra a prôné et prône le dialogue, rien que le dialogue pour résoudre cette crise, c’est un exemple qu’il nous montre, c’est une voie qu’il nous trace. Alors, pourquoi s’en prendre toujours violemment aux autres ? Sidiki est un camerounais. La crise est centrafricano-centrafricaine. Pourquoi il s’y mêle, s’y fourre son nez ? Nous demandons aux étrangers qui poussent comme de champignons dans la crise centrafricaine de nous laisser seuls régler nos différends, notre conflit. Nous clamons haut et fort à qui veulent nous entendre que « la RCA appartient aux Centrafricains » et « le Cameroun aux Camerounais ». Cela n’empêche pas que les Camerounais vivent en RCA et vice-versa. Mais si Sidiki et sa suite veulent conquérir notre territoire, tuer, massacrer les civiles centrafricains, incendier des maisons et villages entiers, nous disons non et non.

Les Anti-Balaka, version Mokom, doivent aussi de leur côté, comprendre que ce n’est pas par la force que nous allons pacifier notre beau et cher pays qui est convoité par les pays limitrophes de la RCA pour ses innombrables richesses. Depuis le déclenchement de cette crise par la coalition Séléka en 2012 et l’avènement des Anti-Balaka au mois de décembre 2013, il n’y a eu ni vainqueur, ni vaincu. Ce sont nos frères et sœurs qui meurent sous les balles, qui souffrent atrocement dans leur chair et leur âme. Il serait judicieux de leur garantir une vie meilleure, décente d’un être humain, digne de ce nom. Les combattants Séléka et leurs alliés, précisément les rebelles de Sidiki, ont l’obligation d’en faire autant.

Jusqu’au moment où nous mettons cet article sous presse, le bilan de ces affrontements n’est pas encore connu. Mais est-il que des pertes en vies humaines et des dégâts considérables ont été enregistrés. Aucune information n’est filtrée aussi sur la position tenue aujourd’hui par les Anti-Balaka. Comme d’habitude, depuis un certain temps, ils seraient en débandade dans la nature, laissant les pauvres citoyens civiles à la merci des mercenaires de tout poils. De grâce, nous exhortons et implorons les combattants de tous les groupes armés à s’adhérer au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), pour que la paix et la sécurité reviennent en Centrafrique. Sidiki et ses hommes doivent se retirer de Koui, tout comme les autres étrangers qui sont au sein de la coalition Séléka. Nous répétons encore que la crise est centrafricano-centrafricaine et non centrafricano-tchadienne ou centrafricano-camerounaise.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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