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JEAN-PIERRE GUEREPIDOU APPELLE A LA RETENUE SUITE AUX PROPOS DE DOLOGUELE

octobre 4, 2016

Le président du MESAN, Jean Pierre Guerepidou a affirmé que l’erreur dans une interview accordée au RJDH est ceci, « l’erreur c’est de croire qu’après le retour à l’ordre constitutionnel, les cinq ou six mois après, nous pouvons nous permettre de reprendre le combat politique en vue de reconquérir le pouvoir  peut-être dans les cinq années à venir en chassant les boucs émissaires, en développant l’univers des polémiques et des violences verbales », position exprimée dans une interview accordée au RJDH, deux semaines après les accusations d’Anicet Georges Dologuélé de l’URCA.

 

RJDH : M Jean Pierre Guerepidou, bonjour

JPG : Bonjour monsieur

 

RJDH : Vous êtes président du MESAN, un des partis qui a soutenu Faustin Archange Touadera qui a aujourd’hui franchi le cap de cinq mois au pouvoir. Anicet Georges Dologuélé pense que Touadera n’a rien fait pour relever la RCA. Au contraire, il a mis le pays en danger. Que vous inspirent ces accusations ?

JPG : Permettez-moi d’abord de saluer la mémoire des victimes qui sont tombées à Kaga Bandoro, Kouango et un peu dans la base arrière du pays. A propos de la déclaration de Anicet-Georges Dologuélé, je continue de penser que le monde entier nous observe en ce moment et que nous n’avons pas droit à l’erreur. Notre grosse erreur, c’est de croire qu’après le retour à l’ordre constitutionnel,  les cinq ou six mois après, nous pouvons nous permettre de reprendre le combat politique en vue de reconquérir le pouvoir, peut-être dans les cinq années à venir en chassant les boucs émissaires, en développant l’univers des polémiques et des violences verbales.

 

RJDH : Vous ne souhaitiez pas qu’Anicet Georges Dologuélé sorte de son silence pour donner son point de vue sur la gouvernance Touadera.

JPG : Nous sommes en démocratie, mais le contexte actuel, je vous le dis, ne le permet pas encore. Vous pensez un seul instant que, pendant que nous sommes entrain de faire du président Faustin-Archange Touadera le nœud de la complexité de la situation sécuritaire en République Centrafricaine, les groupes armés nous attendent ? Non !

Les groupes armés ont repris les poils de la bête, ils gagnent du terrain, en termes d’esprit, du cœur, du grand banditisme. Par leurs capacités de nuisance, cher monsieur, ils sont entrain de nous faire la démonstration que la Minusca ne saura jamais s’adapter à la complexité de la situation sécuritaire dans le pays et qu’elle n’atteindra jamais les objectifs stratégiques de la stabilisation du pays selon le mandat onusien.

Les groupes armés sont entrain de faire la démonstration à la Communauté nationale et internationale qu’il y a bel et bien deux politiques sécuritaires dans le pays. Deux politiques sécuritaires dont l’une en appelle à un élan du gouvernement du président Faustin Archange Touadera et de toute son équipe pour s’attaquer à des problèmes structuraux, pour conclure des négociations avec les groupes armés et aussi restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Et une autre politique, c’est la plus nauséabonde qui puisse exister en République Centrafricaine. Cette politique qui en appelle à une cogestion du pouvoir d’un Etat limité à Bangui et les groupes armés suffisamment implantés dans les bases arrière du pays.

Je peux encore vous demander ça monsieur : qui peut à l’heure actuelle croire un seul instant que les groupes armés font des exactions, qu’il y a aujourd’hui des crimes, des passages à tabac, des viols, des pillages…?

 

RJDH : Si ces exactions continuent, c’est la preuve que Faustin-Archange Touadera n’a pas réussi à donner le ton sur le plan sécuritaire, ce qui conforte la position d’Anicet Georges Dologuélé.

JPG : Je suis entrain de vous dire ceci monsieur. Est-ce que c’est responsable et raisonnable de penser un seul instant que le président Touadera aurait promis par rapport à ces exactions d’aujourd’hui, aux groupes armés, plus de beurre que de pain, c’est-à-dire qu’il n’a pas tenu ses promesses, c’est pour cela que les groupes armés sont entrain de faire des exactions dans le pays ?

Mais que Diable, va-t-on chercher dans ce raccourci qui nous ramène aujourd’hui à un abaissement improductif. Nous, politiques, c’est notre rôle aujourd’hui de fournir des alibis aux groupes armés ?

Qui ont mis ce pays en coupe réglée, transformé nos préfectures en « républiquettes » autonomes dans lesquelles ils font régner la terreur ? Non monsieur, s’il vous plait, l’heure est grave en République Centrafricaine. Les groupes continuent leurs exactions comme si de rien n’était. Alors, je veux bien qu’on reprenne le combat politique après cinq mois, même si je continue de croire que c’est une grosse erreur de reprendre ce combat, mais ne le faisons pas dans l’outrance et la caricature. Je vous répète ceci monsieur, la Communauté internationale et le monde entier nous regardent. Mais le monde entier peut aussi oublier la cause centrafricaine au profit d’une autre cause comme au Gabon en ce moment  où la tension est palpable, au Congo, en Lybie et surtout en Syrie où ça bouge un peu partout.

 

RJDH : Mais ce n’est pas la faute du président de l’URCA. C’est votre allié qui doit donner le ton, mais tout porte à croire que le ton n’arrive toujours pas.

JPG : je vais vous dire ceci, c’est bien de faire dans la démagogie, j’aurai aimé que ça soit quelqu’un d’autre. Mais qu’est-ce que ce quelqu’un d’autre aurait pu faire ? Le président Faustin Archange Touadera a hérité d’un pays mais pas d’un Etat, un Etat déliquescent. Nous sommes dans un pays où il n’y a pas de forces de défense et de sécurité. C’est la force de la Minusca qui occupe le terrain en ce moment. Il faut parler avec nos partenaires de la force de la Minusca. Et au jour d’aujourd’hui, l’erreur que nous sommes entrain de commettre c’est quoi ?

C’est que les populations qui subissent les exactions des groupes armés sont entrain d’être poussées dans une situation où elles vont se mettre dans une situation de perpétuelle défiance de la Communauté internationale qu’on entend dans les quartiers au point de demander leur départ. Ce serait  de jeter le bébé avec l’eau du bain, ce que nous n’allons pas nous permettre de le faire.

Je crois que la meilleure chose à faire c’est qu’Anicet Georges Dologuélé qui a un carnet d’adresse respectable, il fut premier ministre dans ce pays, c’est un leader politique incontestable et qui fait partie des grosses écuries, que toutes ces machines-là se remettent en marche, qu’ils se parlent entre eux. Est-ce que c’est raisonnable de rester là par la presse intermédiaire pour lancer des petits pics en disant ben, je ne peux rien parce que, parce que non ; ce n’est pas normal !

 

RJDH : Etes-vous satisfait du bilan de Faustin Archange Touadera, on suppose que oui puisque vous êtes son allié.

JPG : Ecoutez, le contexte qui est là, je vais dire ceci. Je vais vous rappeler l’expression du général Degaule, « le pouvoir, c’est la rencontre entre un homme, un pays et les circonstances ». Les circonstances sont telles que bien qu’en étant allié du président Faustin- Archange Touadera, sans parler la langue de bois, je vais vous dire ceci : le président Faustin Archange Touadera, sa  propre sécurité est assurée par qui ? Sa protection est assurée par la Communauté internationale, son premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, pareille. Alors n’allez pas me dire que, bon, voilà malgré l’offensive diplomatique qu’il mène en ce moment sur le terrain, il est en ce moment à New York, vous pensez que c’est juste pour passer la vacance d’été à New York?

 

RJDH : Mais est-ce que vous êtes satisfait des actes que Faustin Archange Touadera a posés depuis le 30 mars ?

JPG : Bien sûr, je mentirai si je dirai que tout va bien, que l’ordre constitutionnel est revenu, que  l’autorité de l’Etat est rendue visible sur l’ensemble du pays, non. Mais il y a des actes qui ont été posés. Ces actes que le président Faustin Archange Touadera pose, il y a une dynamique de criminalité qui s’impose face à lui.

 

RJDH : Vous êtes partiellement satisfait de ce que Touadera a fait.

JPG : Ecoutez, vous cherchez simplement à me demander à dire quoi, que le président Touadera est là et ne passe son temps à dormir et ne fait rien ?

Je suis entrain de vous retracer exactement la réalité sur le terrain à l’heure actuelle. Il a parlé avec les groupes armés. Il y a bien des groupes armés qui ont accepté de s’adhérer au DDRR.

 

RJDH : Mais ce que je ne comprends pas  monsieur le président, il a parlé avec les groupes armés qui ont repris les violences et on n’arrive pas à comprendre ?

JPG : je ne fais pas partie de ces hommes politiques qui fournissent des alibis à tout chemin aux groupes armés. Mais je suis entrain de vous expliquer que dans le DDRR, il y a le dernier R qui pose problème aujourd’hui en République Centrafricaine. M Ali Daras qui se retrouve en ce moment à Bambari avec une feuille de route qu’il dit toujours qu’il a été nommé par un décret par Djotodia parce qu’il est « ComZone », et qui prélève cinquante mille franc par tête de bœuf à chaque fois que les éleveurs passent, qui prélèvent 10% des taxes sur le café, qui paye à peu près de cinq cent mille (500.000) ces généraux de pacotilles à la fin de chaque semaine, vous croyez que ça l’arrangerait que tout le monde dépose les armes et qu’il rentre au pays ?

Non, la situation est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense. Mais est-ce que c’est raisonnable pour un chef de l’Etat de venir devant un journaliste et de lui dire, hier, j’ai rencontré  Abdoulaye Hissene, il m’a demandé cinq millions je lui ai donné, il m’a demandé le bras, je lui ai donné et aujourd’hui il demande ma tête ?

Il y a des négociations qui se font. Je ne suis pas dans le secret de Dieu, mais que ce soit Anicet Georges Dologuélé, que ce soit le président du MLPC, Martin Ziguélé, que ce soit le président de l’Assemblée, Abdou Karim Meckassoua ou le chef de l’Etat lui-même, ils savent ce qui se passe dans ce milieu-là.

On ne peut pas tout dévoiler, on ne peut pas crier tout haut pour dire que, aujourd’hui j’ai reçu un tel, demain je vais recevoir un tel, la Communauté internationale m’a promis ceci ou cela ? Il y a des débats et il y a des échos et vous êtes journalistes d’investigation. Vous pouvez aller vérifier sur le terrain, mais des fois, ce n’est pas si tendre entre le chef de l’Etat et la Communauté internationale. Ce n’est pas aussi tendre entre le chef de l’Etat et les groupes armés.

 

RJDH : vous avez fait allusion à la réticence des étrangers qui n’accepteraient pas de quitter la RCA d’eux-mêmes. Alors pensez-vous que seul le dialogue peut résoudre le problème ? Nguerekata aux têtus, il faut utiliser le langage des têtus.

JPG : Vous savez, ceux qui ne veulent pas désarmer, nous ne les combattons pas avec les mêmes armes. Nous les partis politiques, on se réfugie derrière la démocratie et les lois. Mais seulement face à ceux qui n’entendent que le langage des armes qu’est-ce qu’il faut faire ?

Et je trouve que le Pr Nguerekata a tout à fait raison. Le peu de groupe qui arrive là, vous imaginez un seul instant qu’un Centrafricain se retrouve au Soudan, au Tchad et dire que ce territoire-là, c’est moi qui commande. J’ai mes rebelles et je brasse par semaine dix millions (10.000.000). Et pour quitter, il faut me payer X milliards avant que je m’en aille ?

Face à ces irréductibles, il faut savoir parler  le langage de feu et pour ça, il faut combattre le feu avec le feu, c’est peut être irresponsable de le dire. Parce que ceux-là ne désarmeront jamais, ils n’accepteront jamais le désarmement, peu importe l’argent que vous allez leur remettre, ils vont le prendre, mais ils ne vont pas se désarmer.

Alors par rapport à eux, il faut une armée en face, pour une confrontation leur permettant de partir. Je vais vous dire une chose, la communauté internationale, quand ça chauffe et quand elle accepte l’usage de la force le cas échéant, elle le fait bien. Et on voit bien que les groupes armés sont mis en déroute, lorsqu’on voit le logistique que la Communauté internationale a et si on avait une armée nationale opérationnelle, mais il allait peut-être s’appuyer dessus, mais on allait faire ce nettoyage depuis très longtemps.

 

RJDH : Mais les faits montrent que votre allié Touadera n’a pas le feu ?

JPG : Oui, on est d’accord sur un point, vous au moins, vous regardez ce qui se fait sur le terrain, là à l’heure actuelle, l’armée est entrain de se réformer. Peut-être, on va attendre l’an 2030. Mais vous pensez que les gens qui ont abandonné leur foyer, leur famille, ils ont envie de faire le gendarme en République centrafricaine et mourir pour nous ?

 

RJDH : Mais puisqu’il n’a pas, il ne pourra pas l’utiliser ?

JPG : le président Touadera ne parlera pas comme vous et moi, ce qu’il dira peut-être à ses partenaires sur certains points, ça va rester en voix off, mais  il n’en dira pas, vous pensez qu’il n’est pas patriote, qu’il n’aime pas son pays ?

La réalité est là, il n’est pas capable de constituer sa propre sécurité avec ses propres fils du pays. Maintenant il est avancé avec la Communauté internationale. Mais attention, Il ne faut pas oublier les bienfaits de la Communauté internationale. Elle nous a écouté sur beaucoup de choses et même là à New York, on a suivi comment les choses se sont passées et bientôt avec la table ronde de Bruxelles. Il est très avancé avec nos partenaires de la communauté internationale que, eux-mêmes avouent à Parfait Onanga qu’il n’y a plus de raison pour les groupes armés de continuer à faire les exactions qu’ils sont entrain de le faire.

 

RJDH : vous êtes président du MESAN mais aujourd’hui il y a plusieurs MESAN en RCA, n’est-ce pas une fragilité du courant que vous dirigez ?

JPG : Chaque famille politique a eu en son temps des désaccords à l’intérieur et qu’aujourd’hui, avant que je n’arrive, moi, je suis de ceux qui prônent le renouvellement de la classe politique. C’est pour cela que je suis arrivé au MESAN. Peu importe le problème qu’il y a entre ceux qui étaient nos papas qui ont tenu ce parti à un moment donné et que ce parti s’est retrouvé complètement par terre etc. A un certain moment, il y a eu divergence de point de vue mais je ne perds pas l’espoir qu’un jour on se mettra autour d’une table et parler ensemble. Parce que le MESAN que je dirige aujourd’hui, j’hérite du statut du président Boganda, puisque c’est lui qui l’a créé à Bambari. Mais c’est un patrimoine de tous les Centrafricains, y compris vous aussi.

 

RJDH : Monsieur Guerepidou, je vous remercie

JPG : C’est moi qui vous remercie

 

****RJDH***

 

 

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