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KABILA VERSUS PEUPLE RD-CONGOLAIS : LE BRAS DE FER NE FAIT QUE COMMENCER

octobre 4, 2016

« Il est des cas où l’on doit en faire entendre plus qu’on en dit », disait Voltaire. Les dirigeants du continent, plus particulièrement ceux d’Afrique centrale, sont en grande partie responsables du spiral de violences qui endeuillent horriblement leurs pays. Et tout se passe comme s’ils s’y complaisent. Le cas du Congo démocratique en est un exemple patent.

Sinon, comment expliquer qu’un pays comme la RD-Congo, qui semblait avoir renoué avec les principes de l’alternance démocratique, et qui n’est donc pas à sa première en matière d’organisation des élections (présidentielle et autres), puisse être aujourd’hui dans une posture aussi dangereuse qui soit ? Rien d’étonnant. Il suffit de se remémorer tout ce qui s’est passé ces deux (2) dernières décennies, dans cette sous-région du continent africain, pour deviner ce qui se trame dans cette République sœur.

Du Gabon de père Bongo, au Congo de Sassou plus récemment, en passant par le Cameroun de Biya, la Guinée équatoriale de Obiang, le Tchad de Déby, les Constitutions ont été ‘’torpillées’’ grâce aux concours des valets, pour ne pas dire marionnettes, afin de permettre aux régimes en place de confisquer le pouvoir. Eh bien ! Kabila ne veut pas faire exception à cette règle machiavélique et surannée de gouvernance.

Si depuis la dernière élection de 2011, son régime ne s’est pas empressé d’assurer le minimum des préalables nécessaires à la tenue des élections en 2016, c’est en connaissance de cause. Le cercle Kabila n’est pas prêt à quitter le pouvoir au terme de son ultime mandat. Pour cela, il fallait à tout prix entreprendre des manœuvres dilatoires aux fins de retarder au maximum ces échéances électorales et d’obtenir un glissement du calendrier, dans l’optique d’une probable modification constitutionnelle devant permettre à l’actuel président de la RDC de briguer un nouveau mandat et de pérenniser son règne. Car si glissement il y a, l’ordre constitutionnel sera mis à mal, c’est-à-dire qu’il ne sera plus question de voir le Président du Sénat assurer l’intérim comme le prévoit la Constitution en vigueur dans ce pays. Et la brèche sera ainsi ouverte pour une probable modification de la Loi  Fondamentale.

Le peuple de la RD-Congo n’est pas dupe et on le voit si bien. Il a très vite compris les intentions cachées et inavouées du régime en place. Les mises en garde incessantes qu’il profère depuis près deux (2) ans, quant au respect du délai constitutionnel, de même que la mise en ordre de bataille des organisations de la société civile congolaise, témoignent clairement d’une vigilance absolue.

Cependant, Kabila et les siens n’en démordent pas. Dans le but d’étouffer dans l’œuf cette velléité du peuple qui tient  à lui faire barrage le moment venu, le régime du rebelle fils Kabila, à l’instar des autres régimes dictatoriaux de l’Afrique centrale, opte pour les mesures les plus extrêmes : restrictions des libertés, arrestations en cascades des leaders réfractaires de la société civile ainsi que des opposants potentiels ou supposés comme tels, répressions des manifestants hostiles. De 32 à plus de 100 morts et une centaine de blessés environ à Kinshasa (selon le gouvernement et les Forces vives de la nation), plus d’un millier d’arrestations sur l’ensemble du territoire, tel est le bilan encore provisoire des plus récentes et sanglantes œuvres des sbires du régime pour réprimer les manifestations au cours de ce mois de septembre 2016. Tout cela juste pour assouvir l’envie de se maintenir  au pouvoir ? Quel état d’âme !

« Non licet omnibus Corinthum (Il n’est pas permis à tout le monde d’aller à Corinthe)», dit un proverbe grec. Et l’apprenti sorcier de la RDC semble bien l’ignorer. Le régime de Kinshasa devrait rectifier le tir, pendant qu’il est encore temps. Dans ce bras de fer qui l’oppose à son peuple, ce qu’il oublie et qui n’est pas le moindre, c’est que dans les pays cités ci-haut qu’il envisage d’imiter, les conditions étaient plus que favorables à la commission des forfaitures. Les  sociétés civiles étaient inactives ou presque, les opposants manquaient d’envergure, et les communautés religieuses n’étaient que de simples spectatrices. Tel n’est pas le cas aujourd’hui en RDC.

L’opposition RD-Congolaise « multicolore », qui compte en son sein des vétérans politiques ingambes aux dents rougies et qui sont doués aux techniques de « guerre d’usure », est plus que déterminée à stopper net toutes les manœuvres passéistes et « Kabanguéistes » tendant à la modification constitutionnelle. Les organisations de la société civile du Congo Démocratique, inspirées des exemples sénégalais et burkinabé, intrépides et inexorables n’ont pas encore dit leur dernier mot. L’église catholique qui, depuis l’époque de « l’arbitre du Zaïre », le feu président Mobutu Sésé Séko, s’intéresse à la gestion de la chose publique mais n’est ni taiseuse, ni un mouton de panurge. Elle vient de le prouver au cours du soi-disant Forum politique congolais (mis en stand by), en se retirant des travaux pour manifester son soutien aux familles endeuillées lors des répressions du 19 au 21 septembre dernier.

Le président Kabila n’a-t-il pas, dans son cercle rapproché, quelqu’un qui a l’art de lire les signes du temps ? Attendons de voir car ce bras de fer ne fait que commencer.

Vincent ZOKROTAKI KOLIKA

 

 

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