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 LA PIRE DES CRISES EST LE NANISME POLITIQUE QUI CARACTERISE LA CLASSE POLITIQUE : LA PAIX, DENREE RARE, N’EST PAS UNE QUESTION DE REGIME

octobre 4, 2016

 

Avant les élections, nous avions entendu parler de cent (100) et quelques partis politiques. Où sont-ils ? Les pancartes des partis politiques ont baissé pavillon depuis le second tour de la présidentielle. Les leaders des partis politiques sont entrés en hibernation en attendant 2020. Ce qui se passe dans le pays, ne les concerne nullement : «  Je ne suis pas au pouvoir. C’est l’affaire de Touadéra et les groupes armés ». Certains s’érigent en mains invisibles pour tirer les ficelles. D’autres passent le clair de leur temps à mettre de l’huile sur le feu, oubliant que tous ceux qui excellent dans les joutes oratoires nuisent profondément à ceux qui travaillent, les forces tranquilles qui sont prêtes à tout pour sauver la patrie, sortir le pays de l’œil du cyclone. Certains leaders des groupes armés sont plus clairvoyants, plus lucides, plus patriotes que la classe politique centrafricaine. Des intellectuels avant d’être des leaders des partis politiques, sont véreux, hypocrites, fourbes, politiquement nains, profito-situationnistes, charlatans politiques, marchands d’illusion, industriels de la haine, des rancœurs, de la médisance, experts en coup bas, traites, races de vipère.

Quant à la société civile, elle n’existe que par deux (2) individus, véritables cheveux dans la soupe, spécialistes du sabotage de tout processus. En réalité, il n’y a pas de société civile en RCA, sauf des opportunistes qui cherchent des postes : c’est une recette très courante et en vogue en RCA depuis la nuit des temps, vieille comme la terre. Sous Catherine Samba-Panza, ce rite a tourné au vinaigre puisque la transition touchait à sa fin, mais rien ne semblait se dessiner à l’horizon. Il fallait alors sortir des chantiers et s’engouffrer dans un coup de force qui, malheureusement, a arrosé l’arroseur : « j’ai donné. Ah ! Vraiment j’ai donné. On me demande ceci, je donne, on me demande cela, je donne… ». Mama Cathy a tout mis sur la place publique. Vaut mieux transformer sa structure en parti politique, que de faire un usage tordu et opportuniste de la « Société Civile ». La Société civile est une entité bien organisée et implantée sur l’ensemble du pays. Elle repose sur une grande culture civique et d’une débordante ferveur patriotique. « La patrie ou la mort », scande la vraie société civile au Burkina-Faso, fortement influencée par la culture de l’intégrité, héritage de la Révolution de Thomas Sankara. En RCA, deux (2) galettes flottent dans la sauce et se font passer sans vergogne et sans scrupule pour la société civile. A l’exception des institutions de la République, des partis politiques, tout le reste compose la société civile. Depuis le scandale du « Don Angolais », beaucoup d’ONG ont fondu comme du beurre au soleil, car mises à nues, citées haut et fort dans les organes de presse. Catherine Samba-Panza étant partie, les mêmes charlatans rebondissent. Une seule personne est membre de plusieurs organisations, véritable Cube-Maggi dans toutes les sauces : Kakalé, sauce aux légumes, sauce longue, sauce vinaigrée, sauce mayonnaisée, on ne sait plus quoi. En tout état de cause, peut-on être efficace en étant membre de mille (1000) organisations ? Que cherchent-ils ainsi, des postes ministériels ? Pire encore, ils mettent de l’huile sur le feu en traitant les groupes armés de tous les noms d’oiseaux. C’est pour obtenir quoi ?

La paix en Centrafrique est une question d’entente entre les Centrafricains. Il ne revient pas à la Minusca d’imposer, ni de donner la paix aux Centrafricains sur un plateau d’or. Des Centrafricains ont pris des armes pour revendiquer un certain nombre de choses. Leurs revendications légitimes sont prises en compte par les nouvelles autorités dans la gouvernance globale du pays. Certains sages ont dit que « la crise est comme une maladie, elle arrive vite, mais elle repart très lentement ». Les groupes armés sont constitués en grande majorité par des Centrafricains qui peuvent tôt ou tard, entendre raison. Il ne s’agit de les vexer, de les traiter de tout. Quand Djotodia était au pouvoir, la société civile a avalé sa langue, exceptée la presse. Comme les chats sont au loin, les souris peuvent danser « tango, couper et décaler, faire les jeux olympiques ». C’est triste pour des gens instruits d’en arriver-là, histoire de jouer à la vedette du cirque. Cela devient en fin de compte insipide et très nuisible pour la santé politique du pays. Les combattants Séléka et Anti-Balaka sont en majorité des civils. Au lieu de vociférer, de tambouriner sur la Minusca, mieux vaut prendre les armes pour aller restaurer la paix, c’est aussi une éventualité à la portée de tous ceux qui veulent aller plus vite que leur ombre. Au lieu d’amuser la galerie, il serait très judicieux de laisser travailler ceux qui mesurent l’importance de la paix et de la sécurité. La non violence et le dialogue valent plus que la bombe nucléaire, car non seulement ils préservent des âmes, mais ils restaurent la paix.

La paix est un défi national que tous les Centrafricains doivent relever. L’irresponsabilité des Centrafricains est à son comble. Les fonctionnaires prennent leurs salaires, mangent et boivent, voire dansent, sans se soucier de leurs compatriotes qui souffrent. C’est une indifférence quasi nationale qui ne dit pas son nom. Mais à longueur de journée, le nom de la Minusca est sur toutes les lèvres comme des perroquets. Les populations de Bangassou n’ont-elles pas donné du fil à retordre à la LRA ? Celles de Grimari n’ont-elles pas fait opposition à certains mouvements des groupes armés ? Si ces populations sont éduquées, sensibilisées, elles peuvent prendre leur sécurité en main, et c’est cela la mission d’une vraie société civile comme au Burkina-Faso. C’est bien dommage !

L’Eglise Catholique, en pleine crise sous le régime Kolingba, avait sorti une brochure intitulée « que faisons-nous de notre pays ?». L’Eglise Catholique avait interpelé la classe politique et les syndicats sur la responsabilité de chacun face au destin commun. Monseigneur Ndayen était l’Archevêque de Bangui en ce temps-là. Vingt (20) ans plus tard, la classe politique et la société civile sont plus tarées, plus naines, plus médiocres que jamais. Les Centrafricains préfèrent végéter dans le bourbier, incapables de relever la tête pour voir plus loin. La RCA est dans la posture d’une lampe qui s’éteint faute de carburant ou de source d’énergie. Cette brochure de l’Eglise Catholique demeure d’actualité et conserve une avance sur son temps. La classe politique et la société civile sont périmées, il faut une nouvelle génération avec une tête bien faite, pour prendre le relais des tombeaux blanchis.

Julien BELA

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