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L’ABSENCE DE JUSTICE NOURRIT DE MANIERE OUTRANCIERE LA GRANDE CRIMINALITE : CAS DES VILLES DE KOUI, KOUANGO ET KAGA-BANDORO

septembre 30, 2016

 

L’autorité de l’Etat ne s’exerce nulle part dans les villes de Koui, Kouango, Bambari, Bria et Kaga-Bandoro. La justice ne jouit pas de la protection souhaitée pour dire le droit. Même qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la justice et l’autorité de l’Etat sont fondues depuis belle lurette comme du beurre au soleil. D’où la gâchette facile dans l’arrière pays et notamment dans les régions citées ci-haut. Des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables continuent de se faire enregistrés au quotidien, faute de justice à l’endroit des auteurs, co-auteurs et complices des graves violations des droits de l’homme en RCA. Faut-il attendre la mise sur pied effective de la Cour Pénale Spéciale (CPS), et laisser libre cours aux malfrats, aux va-t-en-guerre, de continuer à prendre en otage tout un peuple en tuant, violant, pillant, massacrant, incendiant de villages et maisons ? C’est la seule problématique qui se pose avec tant d’acuité.

A l’allure où vont les choses, le calvaire du peuple centrafricain est encore loin de voir le bout du tunnel car, « l’impunité zéro », prônée tambour battant par les autorités centrafricaines et les Nations-Unies, est encore loin du compte. Comment comprendre que des criminels sans âme, ni conscience, pourtant identifiés et connus, peuvent-ils continuer sans crainte à tuer, brûler, terroriser tous les jours des pauvres populations civiles au su et au vu des Nations-Unies, de la France, voire la Communauté Internationale ? Les actes que les rebelles récalcitrants continuent de poser ces derniers temps en RCA, dépassent l’entendement humain. Mais à notre humble connaissance, il y a certainement anguille sous roche. S’il y a une réelle volonté de mettre fin à l’impunité et faire la paix, tous les auteurs des crimes commis en RCA, devraient être arrêtés et mis à la disposition de la justice depuis fort longtemps. Malheureusement, les réalités continuent de nous démontrer un autre son de cloche. Si les quartiers Boy-rabé, Gobongo, Foûh, Combattant retrouvent aujourd’hui la stabilité, c’est parce que les leaders des Anti-Balaka qui poussaient leurs éléments à terroriser les populations civiles se retrouvent en ce moment entre les mains de la justice. Ce qui n’est pas le cas du côté de certains leaders des ex-Séléka, à l’exemple de Nourredine Adam, Alkathime, Ali Daras, qui sont aujourd’hui libres comme du vent dans la nature.

Selon les informations en notre possession, le Rapatriement vise les combattants étrangers qui n’ont pas commis de crimes en RCA. C’est autant dire que les sanguinaires Nourredine Adam, Ali Daras et récemment Sidiki et tant d’autres seront jugés par la justice centrafricaine. Mais en attendant la mise sur pied effective de la Cour Pénale Spéciale dont les fonds de fonctionnement sont disponibles, il faut que ces criminels soient traqués, arrêtés et mis à la disposition de la justice pour réduire les violences à l’endroit de la population civile. « La réduction des violences commises par les groupes armés », voilà l’une des tâches qui incombe à la Minusca dans son nouveau mandat. Mais ce qui nous paraît bizarre, c’est que la Minusca ne traduit jamais ses paroles dans les actes. La Minusca ne  prend jamais des dispositions à l’avance pour empêcher ou arrêter les massacres des groupes armés. Quand l’acte est consommé, c’est à ce moment-là que les milles et un (1001) diables du système des Nations-Unies sortent de leurs coquilles pour soit, faire des condamnations, soit des mises en gardes qui n’ont aucun impact sur les groupes armés. En quoi les « villes sans armes » ont servi du moment où les groupes armés règnent en maître absolu à Kaga-Bandoro, Bambari et autres régions du pays, en agissant comme bon leur semble ?

Le Rwanda s’est rebattu, a retrouvé la stabilité et la paix sur le fondement de la justice. Ce qui ne semble pas être le cas en RCA où les bourreaux du peuple centrafricain, une fois traqués et arrêtés, sont libérés et se retrouvent dans la nature. C’est le cas d’Abdoulaye Hissen, Aroun Gaye, Mahamat Tidiani et bien d’autres, arrêtés puis libérés par la Minusca. Il en est de même de certains leaders des Anti-Balaka libérés lors de la session criminelle qui vient de s’achever. La session criminelle qui s’est  achevée est très inquiétante car les victimes se plaignent du fait que leurs bourreaux se retrouvent aujourd’hui libres. Avec de tels rythmes, quels sont ceux qui seront jugés par la CPS, une fois mise en place ? Méditons-en ensemble.

 

Bénistant MBALLA

 

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