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« ALI DARAS ET LE CONTINGENT MAURITANIEN DE LA MINUSCA, DEHORS POUR COMPLICITE », DIXIT LA POPULATION DE BAMBARI 

septembre 5, 2016

 

L’hospitalité de la population de Bambari en particulier, et celle de la préfecture de la Ouaka en général, s’est retournée contre elle-même. Donc, c’est pour dire qu’un service bien rendu à quelqu’un ou à plusieurs individus peut devenir un cauchemar. C’est ce que nous voyons aujourd’hui se réaliser à Bambari.

Et pourtant, au temps chaud de la crise, les populations de Bambari ont accueilli à bras ouverts nos compatriotes musulmans qui affluaient dans cette région du pays. Elles ont reçu certains dans leur foyer. Mais avec l’arrivée des combattants Séléka dont leur transfèrement est rendu possible grâce au soutien de l’Organisation Internationale de la Migration (OIM), la Sangaris et la Minusca, les habitants de cette localité broient du noir. L’accueil, l’hospitalité se sont transformés en un laps de temps à une mésaventure. A la vue des combattants Séléka lourdement armés, les déplacés musulmans venus de Bangui et d’autres villes, ainsi que ceux qui ont vécu à Bambari, sont devenus ennemis de leurs concitoyens non musulmans. Les attaques perpétrées contre les non musulmans à Bambari sont organisées, planifiées et exécutées par les Séléka grâce à la complicité de ces derniers. Les tueries, les massacres, les braquages, les rackets, les incendies des maisons et villages se sont répandus comme une trainée de poudre à Bambari et dans les villes environnantes.

Après la démission de Michel Djotodia, chef charismatique de la coalition Séléka, le 10 janvier 2014, à Ndjamena au Tchad, la Séléka s’est fragmentée. Des branches dissidentes sont nées. C’est ainsi que, Ali Daras crée son propre mouvement politico-militaire, dénommé l’UPC. Ce mouvement, au lieu de protéger toutes les populations civiles, se contente seulement de défendre les peuhls et leurs intérêts. Tous ceux qui ne sont pas des peulhs et ceux qui ne pratiquement pas l’islam, sont automatiquement considérés comme les ennemis de l’UPC d’Ali Daras. A la moindre incartade, les combattants du tristement célèbre général Ali Daras les abattent comme des bœufs à l’abattoir. Cette situation perdure encore aujourd’hui après le retour à l’ordre constitutionnel. Des têtes tombent et continuent de tomber à Bambari. Des voix se sont élevées pour dénoncer les agissements d’Ali Daras et condamner ses actes barbares, commis sur la population de la Ouaka et ses environs. Mais depuis lors, Ali Daras et ses hommes ne faiblissent pas. Des barrières illégales, érigées ça et là par ses hommes ne favorisent guère la circulation des personnes et des biens. Conséquence directe, les rackets sont devenus monnaie courante. Les non musulmans se sont entassés dans des sites des déplacées comme des sardines dans les boites de conserve.

Au lieu d’en rester là, les Casques Bleus de la Minusca et les soldats de la Sangaris sont venus envenimer la situation. Au jour d’aujourd’hui, c’est le contingent mauritanien de la Minusca qui est pointé du doigt accusateur par les habitants de Bambari. Les soldats mauritaniens sont accusés d’être complices, ou d’être à la solde d’Ali Daras et de ses hommes. Le récent évènement de NGakobo, ville sucrière de la RCA où un habitant fut tué par les hommes du soi-disant général Ali Daras, grâce à la complicité de ce contingent, en dit long. Et pourtant, c’est la première fois que la Mauritanie participe à une mission de maintien de la paix des Nations-Unies. Mais leur comportement laisse à désirer en Centrafrique.

Face aux agissements des hommes d’Ali Daras et les comportements rétrogrades, inhumains, indignes, malhonnêtes des Casques Bleus mauritaniens, les habitants de Bambari ont crié leur ras-le-bol le vendredi 02 septembre 2016, lors d’une marche pacifique qui a drainé tant de monde. A la fin de cette marche, ils ont remis un mémorandum aux autorités de Bambari. Pour eux, ils réclament le départ du  contingent mauritanien et d’Ali Daras, la levée de toutes les barrières illégales dressées par-ci, par-là, dans le seul but de racketter les populations civiles et de restreindre leur liberté d’aller et venir.

Seront-ils vraiment entendus cette fois-ci ? Dieu seul le sait. Puisque que de telles marches pacifiques ont eu lieu dans la ville de Bambari. Leurs revendications sont toujours les mêmes mais n’ont jamais été prises en compte depuis le régime transitionnel de Catherine Samba-Panza jusqu’au jour d’aujourd’hui. Sont-ils abandonnés à leur triste sort ? Faut-il un nouveau Moïse pour les libérer sous le joug, l’emprise des hommes d’Ali Daras et les Casques Bleus mauritaniens ? Doivent-ils continuer inlassablement à souffrir, à vivre comme des animaux, des esclaves sous les bottes de leurs seigneurs ? Ne sont-ils pas des Centrafricains ? Pourquoi leurs plaintes, leurs revendications, leurs lamentations, leurs cris de détresse sont toujours restés lettres mortes ?

Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes et doivent interpeller la conscience de nouvelles autorités du pays et les hauts responsables des Nations-unies, en commençant par Ban Ki-Moon, ensuite, Parfait Onanga-Anyanga et enfin les Casques Bleus de la Minusca sur le terrain, surtout le contingent mauritanien déployée à Bambari. Ce contingent doit savoir que la ville de Bambari appartient bel et bien aux deux (2) communautés (musulmane et chrétienne) qui ont toujours vécu en harmonie et qui se regardent aujourd’hui en chien de faïence.

Parfait Onanga-Anyanga doit rappeler le contingent mauritanien à l’ordre. Ce contingent doit être neutre, impartial, au lieu de chercher à rallumer la flamme de la haine, sachant bien que les Centrafricains du Nord au Sud, d’Est en Ouest ont pris la ferme résolution d’aller vers la paix, la réconciliation nationale, le vivre ensemble. S’il ne se conforme pas à la stricte application du mandat de la Minusca, il est urgent, et capital qu’il quitte la ville de Bambari et soit remplacé par un autre continent. Ali Daras a l’obligation de faire aussi sa valise et de rentrer dans son pays, le Niger. Trop, c’est trop ! La crise centrafricaine a trop duré et la population de Bambari a trop souffert.

« Ali Daras, dehors ! Contingent mauritanien de la Minusca, dehors aussi pour votre complicité dans la crise à Bambari ». Les Centrafricains aspirent à la paix, au vivre ensemble, à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale. Que cela doit être comprise par les complices, les manipulateurs de la crise centrafricaine. La RCA est une et indivisible. Il y a des musulmans, des chrétiens, des animistes. Ali Daras et Minusca, ne nous divisez pas à Bambari. Population de Bambari, soyez vigilante et toujours unie !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA    

 

 

 

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